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Daniel Stolenfield

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Daniel Stolenfield
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Messages : 599
Date de naissance : 22/03/1991
Date d'inscription : 26/01/2013
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MessageSujet: Daniel Stolenfield Dim 27 Jan - 7:17


Daniel
Stolenfield

• Surnom : Mille visages
• Âge : 19 ans
• Taille/Poids : 1m56 / 48 kilo
• Groupe : Templier
• Grade : Templiere
• Métiers : Espionne + Voleuse
• Spécialisations : Dagues jumelles et lame secrète
• Disponibilités : Variable
• Comment avez-vous connu Assassin's History? : Annuaire des forums je crois...

• Description mentale : Son prénom à lui tout seul en dit long sur sa personnalité. Elle avait à peine quelques années quand elle décida de troquer sa féminité contre des mains habilles pour le vol et le crochetage, se faisant vite passer pour un garçon par mesure de sécurité, puis gardant cette habitude en voyant à quel point il était plus simple d'en être un. Dans le monde impitoyable et cruel qu'est la Rue, on ne survie pas longtemps avec une féminité assumée, tant et si peu qu'on refuse de suivre la voie de la courtisanerie ou/et de la prostitution (l'un allant souvent avec l'autre, ceci dit). Entre sacrifier son honneur ou son amour propre, Dan fit son choix et ce dernier continu de la suivre, aujourd'hui encore. Sa féminité, elle la rejette en bloc. Pour peu, on pourrait presque croire qu'elle en a peur. Il n'y qu'une fois un de ses ''masques'' enfilés qu'elle peut se permettre d'être une femme. Après tout, ce n'est pas ''elle'' qui est féminine, juste son rôle. Daniel aussi est un rôle, mais elle le joue depuis si longtemps qu'il est devenu comme une seconde peau, pour elle.

Un vrai garçon manqué donc, que ce soit dans sa façon d'être, ou de s'exprimer, Daniel ne laisse rien voir de son secret. Elle pose un doute sur sa personne, et vous n'arrivez pas à mettre la main sur ce qui interpelle. Quelque chose vous dérange chez lui. Mais quoi? Remarquez, elle prend plutôt comme un compliment le fait que personne, encore, n'est découvert la vérité, si on exclut Edwina qui menaça de la déshabiller devant tout le monde si elle continuait à lui mentir. Qu'ils la prennent pour un homme, rien ne la poussera à les contredire.
Et après, on s'étonne encore de son talent de comédienne.

La franchise, ne plaît que rarement aux oreilles qui l'écoutent, faisant grincer les dents et s'assombrirent les regards. Dire les choses telles qu'elles sont n'est jamais une bonne chose, du moins, c'est ce qu'on appris à Dan. Une espionne franche? Un comble. Une hérésie. Un pion inutile. Aussi préféra-t-elle bien vite à se parer d'un silence prudent, observant, examinant, mais gardant ses commentaires pour elle. Dan ne fait jamais part de ce qu'elle pense vraiment, et quand bien même on le lui demanderait, elle prend toujours bien soin de choisir ses mots, prononçant le plus souvent des phrases ambiguës, ou des paroles détournées.
Toute cette prudence pourrait vite tourner à la paranoïa, pour peu qu'on y distille un peu de peur...

Il n'y a pas que le silence qui crée une barrière entre Daniel et les autres, il y a aussi cette façon d'être, de paraître, alors qu'elle se place toujours en retrait, se fondant dans les ombres, non loin d'une porte ou d'une fenêtre, vous lançant des regards prudent, calculant le moindre de vos gestes discrètement. Soupesant leurs dangers... Craintive? Quand elle n'a pas de masque sous lequel se cacher, oui... Faites attention, un seul geste trop rapide de votre part pourrait la faire disparaître à l'instant. Courageuse. Pas vraiment. Téméraire? Seulement au besoin.
Bref, une voleuse et espionne confirmée. Une Templiere en devenir.

S'il y a bien un art dans lequel Daniel excelle, outre le vol, c'est l'infiltration. Elle multiplie aussi bien les visages que les costumes, les appréciant tous autant, et n'en oubliant jamais aucun. Il n'y a pas de mot pour expliquer le plaisir qu'elle prend à se cacher derrière ses ''masques'', alors qu'elle disparaît, invisible en pleine lumière. Cette contradiction est parfaitement grisante, à ses yeux. Personne ne la voit, et pourtant tout le monde la regarde. N'est-ce pas fantastique? Tantôt, elle devint un bourgeois gentilhomme, le lendemain une courtisane aguicheuse, avant d'évoluer en soldat valeureux, pour finir en servante discrète et loyale. Ses visages sont multiples et son talent de comédienne n'est plus à prouver. Elle s'infiltre, se joue de vous, avant de disparaître dans la foule, vous lançant juste un dernier regard amusé, presque provocateur. Elle vous lance un défi, celui de la trouver ''elle'', pas Daniel, mais bien elle, derrière toutes ses illusions et artifices: son caractère se change, se modèle au gré de ses envies, tandis que Dan disparaît sous le maquillage et les costumes, s'effaçant toujours un peu plus sous son rôle. Pour mieux vous manger, vous dira le loup.

Le jeu commence. Saurez-vous voir à travers, ou tomberez-vous dedans?


• Description physique: Une stature banale. Commune. C'est là son plus grand atout. Dan n'a rien qui la rend plus jolie qu'une autre, ou plus charismatique qu'un autre. Parfaitement travestie et androgyne, elle peut aussi bien se faire passer pour une femme aux courbes subtiles (presque inexistantes), que pour un homme aux membres graciles. Naturellement, cependant, elle n'aura jamais le réflexe d'être et de paraître telle une femme, ayant travaillée dure pendant de nombreuses années pour être aux yeux de tous un homme.
Au naturel, Daniel semble assez négligée d'ailleurs, chose légèrement contradictoire, quand on voit à quel point elle soigne ses déguisements. Les rares fois où elle n'en porte pas, ses cheveux courts sont généralement en bataille, ses mains sont continuellement dans ses poches, tandis qu'une de ses bretelles tombe négligemment le long de son épaule, et sa chemise, d'où il manque un bouton dépasse même de son pantalon bien trop grand pour elle... Vous juriez avoir devant vous un gamin de rue, plutôt qu'une Templière. Dan n'a rien d'impressionnante, et il est facile, à première vue, de la sous-estimer. Beaucoup on fait cette erreur. Et beaucoup d'autres la feront encore. C'est ainsi, elle a beau avoir eu l'éducation d'un gentilhomme, à choisir, elle préféra toujours s'habiller au plus simple, préférant la praticité d'un vêtement plutôt que sa beauté.

Rien chez Daniel n'attire vraiment l'attention, exceptés ses grands yeux d'un bleu profond qui attirent votre regard, et vous donne envie de vous perdre au fond de ses deux lacs outremers. Oui, typiquement le genre de regard qu'on n'oublie pas, qui vous hante et vous plaît, qu'importe la dureté que vous lisez au fond. Un point faible pour elle, donc. Un bon moyen de la reconnaître pour vous... Aussi les cache-t-elle derrière une lourde frange irrégulière et des sourcils broussailleux, baisant bien souvent par réflexe la tête, évitant ainsi de croiser votre regard avec subtilité, chapeau et autres accessoires l'aidant à cela quand sa frange ne suffit plus...

Des cicatrices? Quelques-unes, dont une assez importante à l'épaule gauche qu'elle doit à un assassin. Quant à son mentor, il n'était ni clément, ni patient, et Daniel paya son manque de réflexe ou ses réactions trop lentes d'abords par des coups rapides et douloureux du plat de sa lame, puis par des estafilades légères, mais tout aussi peu agréable. Raison pour laquelle la jeune voleuse adopta très vite une vraie passion pour l'esquive et la fuite, ayant de toute façon déjà sacrifiée son honneur gamine. Ce n'est pas son rôle, de combattre, et elle ne ressent aucune honte à fuir ou tuer ses ennemis dans le dos. Il n'y a aucun doute qu'en combat singulier, Dan sera forcement en désavantage, ne serait-ce que par son manque de muscles. Aussi évitera-t-elle toujours les affrontements direct, préférant agir comme un assassin, dans l'ombre, en tuant discrètement ses ennemis, plutôt qu'en guerrière brutale et féroce.
Peut-être pourrait-elle même tuer ses ennemis de rire, en essayant de porter une hache à deux mains...

Comme beaucoup d'autres voleurs, Daniel à le pas souple, léger, se mouvant avec une grâce et une agilité dont elle n'a pas à rougir. C'est devenu un réflexe chez elle, et si elle ne joue pas un rôle, sa démarche sera toujours féline et silencieuse, voir même furtive, ce qui vous promettra quelques sursauts en perspective, pour peu que vous ne l'ayez pas entendu arriver. Il est assez rare qu'elle fasse quoi que ce soit pour annoncer sa présence, se contentant d'examiner, fixer, et espionner en silence, attendant tranquillement qu'on la remarque, un léger sourire aux lèvres.
Si vous sursautez en la découvrant, ses yeux se feront rieur, l'espace d'un court instant: C'est elle qui a gagné cette manche, manifestement...



- Tu vas me dire ce qu'on fait là, à la fin...

Légèrement agacée, Daniel regarda par la fenêtre du fiacre pour se changer les idées, alors que les rues de Paris défilaient autour d'elle. Était-ce vraiment la bonne période pour venir se perdre en France? Les relations entre anglais et français n'avaient jamais été brillantes, mais depuis quelques années, il était presque suicidaire de venir ici. D'un léger regard en biais, Daniel lança un œillard noir à sa compagne, qui elle, semblait tout ce qu'il y a de plus à l'aise, un léger sourire aux lèvres, comme à son habitude.

- Edwina...

Finit par murmurer Daniel d'une voix menaçante, ce qui, cependant, n’impressionna nullement son mentor, ne faisant qu'accentuer son sourire alors qu'elle répondait après un léger rire, s’éventant toujours légèrement de son magnifique éventail rouge, allant de pair avec sa robe de satin sur mesure, mettant ses courbes cruelles et autres rondeurs assassines en valeur.

- Patience Daniel, patience, tout viens à point à qui sait attendre.

Dit-elle calmement en prenant elle aussi la peine d’admirer le paysage de son enfance. Edwina était française, de par sa mère, Daniel l'avait appris bien après le mariage de la jeune femme avec son tuteur. Aussi, la jolie blonde avait passé une bonne partie de son enfance en France, juste avant que son père ne décide de faire d'elle sa disciple et ne l’amène vivre en Irlande, sa terre natale.
Le plus tranquillement du monde, Lady Stolenfield attrapa le bord de son décolleté, le tirant légèrement pour pouvoir en sortir une lettre, jusque-là lovée contre sa poitrine, qu'elle tendit à Daniel. Cette dernière prit d’ailleurs une belle teinte rougissante en la prenant. Le papier était chaud, à force d'être resté contre la peau opaline de la Templière. Cela avait quelque chose de dérangeant, et la jeune voleuse fit de son mieux pour cacher son malaise...

- Pour toi.

Fit-elle simplement, sous le regard surpris de Daniel qui observa le cachet des Templiers sur l'enveloppe, passant songeusement la main dessus, comprenant ce qu'il impliquait. L’Ordre lui-même lui adressait une mission. Daniel avait encore du mal à se faire à l'idée qu'il connaissait désormais son existence, ayant vécu si longtemps dans l'ombre de M. Stolenfield, ce qui d'ailleurs aurait probablement continué aujourd'hui encore, si Edwina n'avait pas mis son grain de sel dans la vie de son ''beau-fils'', accélérant les choses à une vitesse impressionnante. La dette de Daniel envers cette femme ne cessait de grandir, sera-t-elle seulement un jour capable de la rembourser?

Ouvrant la lettre. Daniel la lu rapidement, sous le regard curieux d'Edwina, qui, n'en tenant plus, demanda avec une curiosité grandissante de quoi cela pouvait-il bien s'agir, cessant soudainement d'agiter son éventail.

- C'est un ordre d'assassinat sur un certain Joseph Delacroix, un des plus important financier de l'armée Française. Les raisons ne me sont pas données, mais je devine que ça a un rapport avec la situation en Amérique.

- Probablement. Quoi qu'il en soit, je ne pourrais pas t'aider, Daniel. J'ai moi-même beaucoup à faire cette semaine...

Daniel hocha de la tête, s'étant attendu à cela, tandis qu'elle lisait les autres menus détail sur cette affaire. Il fallait que l'assassinat est lieu avant le prochain conseil des finances, dans une semaine. Cela laissait peu de temps pour se préparer, mais avec les conseils de son mentor et ses nombreux contactes au sein de l'Ordre, Daniel n'avait pas à s'inquiéter pour que le meilleur moment soit vite trouvé. D'ailleurs, en lisant toutes les informations sur sa cible, une idée lui vient.

- Tu peux au moins m'aider à me préparer?

- Naturellement, je ne te jette pas dans la cage aux lions. As-tu une idée quant à la manière de procéder?

- Il y a plusieurs possibilités, plusieurs méthodes... Voyons déjà les cartes que nous avons en mains...

- Hum... J'ai peut-être l'homme de la situation...

Avec un sourire complice, Edwina acquiesça, alors que les deux jeunes femmes commencèrent à mettre en place un plan.

Trois jours plus tard, le moment parfait était arrivé. Monsieur Delacroix organisait un bal costumé dans son magnifique château à Rambouillet pour encore une fois montrer son opulence de biens et de richesses. Il avait fallu une journée pour y aller, mais l'occasion était unique, et Daniel n'allait pas la rater juste à cause d'un petit voyage... Ou devrais-je dire Alexandra. Pour tout dire, l'héritière Stolenfield était tout simplement méconnaissable: drapées sous une lourde robe de crinoline blanche dont la forme lui donnait l'apparence d'un cygne, coiffée d'une importante perruque platine rehaussée d'une coiffe faite de plumes, et avec bien assez de maquillage pour rendre son visage d'habitude commun beau, malgré le loup blanc (tout aussi emplumé que le reste de ses vêtements) qui cachaient le haut de son visage, nul n'aurait pu deviner sa véritable identité. Alexandra était belle, même ses grands yeux, charmeurs et amusés, ne laissaient rien refléter des sombres pensées calculatrices et professionnelles de celle qui se cachait derrière. Daniel n'avait pas lieu d'être, pour le moment. Seule Alexandra préexistait.

Descendant de son fiacre, la jeune femme prit le bras de son chaperon improvisé, un ''frère''. Juste après la lecture du message, les deux jeunes femmes s'étaient immédiatement mises à la recherche de quelqu'un pouvant leur en apprendre un peu plus sur les meilleures occasions d'atteindre M.Delacroix. C'est ainsi qu'elles avaient trouvés Henri, un homme d'affaire tout aussi fortuné que Delacroix et, qui plus est, un de ses vieux amis. Une fois la situation expliquée, il avait évidemment acceptée de laisser Daniel prendre la place de sa soeur, la belle Alexandra, dont il avait reçu une invitation personnelle de la part de la cible. De tous, Henri fut le plus surpris par la transformation de Daniel...
Henri était un homme plutôt froid et dur, approchant doucement de la quarantaine, contrairement à sa soeur, joueuse et charmeuse, n'ayant qu'une petite vingtaine. De ce qu'avait compris Daniel, ils avaient perdu leurs parents alors qu'Henri n'avait même pas encore vingt ans, raison pour laquelle il s'était occupé de sa sœur comme de sa propre fille, cette dernière n'étant âgée que de quelques ans, à l'époque du drame. Aujourd'hui, il lui cherchait le meilleur parti possible pour conclure une alliance. Raison officielle de la présence d'Alexandra, ce soir...

- Vous êtes prêtes? Il n'y aura pas de seconde chance....

Le ton était froid, mais son visage restait impassible, alors qu'il conduisait sa "sœur" à l'intérieur du bâtiment, son costume semblant représenter un loup sombre, à l'exacte opposé du majestueux cygne si pur à ses côtés...

- Ne me dites pas ce que j'ai à faire, mon frère, contentez vous de parader, et laisser les autres travailler...

Les paroles étaient dures, pourtant, le ton restait poli et son visage chaleureux, un faux sourire émerveillé ne quittant pas ses lèvres peintes d'un rose délicat. Daniel n'aimait pas qu'on lui rappelle ce qu'elle avait à faire, pour la simple et bonne raison qu'à ses yeux, elle avait depuis longtemps passé le stade de l'enfant ayant sans cesse besoin d'être rappelé à l'ordre. Quand elle avait quelque chose à faire, elle le faisait, point.

Les deux femmes avaient passés trois jours à préparer Daniel, mettant en place un plan bien plus pernicieux que prévu. Au début, elle s'était dit qu'il suffirait de s'infiltrer et tuer sa cible, jusqu'à ce qu'elle apprenne que l'endroit était gardé par une dizaine de soldats armés et entraînés... Quand bien même elle réussirait à rentrer sans se faire prendre, les chances qu'elle réussisse de nouveau à quitter les lieux étaient maigres, surtout quand on voyait ses capacités au combat. Aussi lui avait-il fallut trouver un moyen détourné pour mener à bien sa mission... Et c'est ainsi que l'idée lui était venu de prendre la place d'une autre, sous les conseils avisés d'Edwina.

Le château Delacroix était magnifique, comme on aurait pu s'y attendre, venant d'un homme aussi arrogant. Tout ici respirait le luxe et l'argent. Le tapis aurait pu être brodé d'or que Daniel n'en aurait pas été étonnée. Un tel gaspillage de richesse ne pouvait qu'attirer son antipathie, elle qui avait connu la faim, le froid et la pauvreté (pauvre petite chose) détestait forcement tous ceux qui ignoraient la valeur de l'argent, au point de la dépenser en tout et n'importe quoi...

- Henri, vous voilà très cher!

Bien vite, le frère et la sœur de séparèrent, Henri fut retenu par une femme au sourire ravageur et à la robe canari, dont tout le visage était masqué par un loup emplumés, tandis que Daniel partait à la recherche de sa cible, se mouvant dans la foule avec l'aisance du voleur et non celui de la demoiselle de bonne famille, oubliant trop souvent la grandeur de sa crinoline. Malgré tout, ses talons lui posèrent vîtes quelques problèmes, Alexandra faisant dix centimètres de plus que la Templiere, ces derniers étaient aujourd'hui conséquent : Edwina avait beau l'avoir entraîné à marcher avec, séparé de son cavalier, Daniel avait toujours autant de mal à trouver son équilibre, tant et si bien qu'elle trébucha, évitant une chute catastrophique uniquement grâce à l'aide d'un charmant gentleman qui, hélas, lui tient la conversation un instant. Le bon côté, c'est que grâce à cela, Daniel pu apprendre que Delacroix était déguisé en paon (bah voyons). Orientant ses recherches sur un costume vert, le cygne le trouva alors en train de danser avec une jeune femme dont la robe et les attribues faisaient penser à une souris. Une jolie souris, mais une souris quand même... D'un coup d’œil, Alexandra remarqua qu'Henri l'approchait, son canari l'ayant laissé tranquille un instant.

- Joseph.

- Henri! Fit le paon en enserrant amicalement le loup. Je suis content que tu es pu venir.

- Moi aussi mon ami, moi aussi. Laisse-moi te présenter ma sœur, comme convenu. Alexandra. Alexandra, voici Joseph Delacroix.

- C'est un honneur, Monsieur, mon frère ne cesse de me parler de vous.

Enfin, Joseph posa ses yeux sur Daniel, qui lui offrit alors son sourire le plus charmeur, se lançant dans une révérence polie, alors que le paon lui prenait la main, y posant un baiser appuyé, alors que ses yeux ne quittaient pas ceux de la jeune fille. Il la trouvait à son goût. Daniel avait beau trouver cela parfaitement repoussant, elle ne put voir là qu'une occasion unique de l'approcher...

- En bien, j'espère? Plaisanta-t-il. Enfin je rencontre la délicieuse Alexandra, aussi belle que le vante son frère. M'accorderez-vous une danse?

- Cela serait un véritable plaisir!

S'empressa-t-elle de répondre, le suivant alors qu'ils retournaient sur la piste de danse, sous le regard calculateur d'Henri. Probablement aurait-il voulu voir Alexandra porter le nom de Delacroix, mais son envie ne devait pas passer avant l'Ordre. Aussi Daniel lui lança un regard d'avertissement, avant de nouveau offrir son sourire le plus charmeur à son cavalier, qui l'entraîna sur la piste, demandant alors beaucoup de contrôle à Daniel pour ne pas tomber à chaque nouveau pas de danse, ses chaussures la gênant terriblement, la rendant presque fébrile...

- N'en voulez pas ainsi à votre frère, il s'inquiète seulement de voir sa petite sœur tant adorée aux bras d'un autre homme, fit-il, ayant mal interprète le regarde d'Alexandra, ce qui au final, était plutôt une bonne chose...

- Vous avez sans doute raison, Monsieur, mais je ne suis plus une enfant...

Fit-elle d'un ton qui ne laissait aucune place au doute quant à ce que cela entendait par là, alors qu'ils tournaillaient sur la piste dans leurs magnifiques costumes. Les yeux du paon quittèrent un instant ceux du cygne, pour aller se perdre sur ses formes généreuses. Juste un instant. Ce qui fut bien suffisant pour Daniel. Elle le tenait. Il était aussi intéressé par la chair que le disait la rumeur...

- En effet, vous n'avez plus rien d'une petite fille.

Fit-il, passant sa langue sur ses lèvres pour les humidifier. Avec un sourire amusé, Daniel passa ses bras autour du cou de l'homme, se mettant sur la pointe des pieds pour atteindre son oreille, y laissant quelques mots, dans un murmure lent et langoureux.

- Laissez-moi vous le prouver... N'est-ce pas pour cela que je suis présente ce soir? Alors laissez-moi vous monter que vous ne perdrez rien au change...

C'était risqué, mais Daniel était certaine d'avoir cerné cet homme, sans pour autant avoir l'impression d'être présomptueuse. Elle avait déjà vu ce genre de regard se poser sur une femme. Pas sur elle, évidemment, mais Edwina en était souvent la victime. Joseph désirait Alexandra, c'était une certitude (et Daniel remerciait les heures de maquillage pour la rendre aussi belle). Il aimait les belles choses, et il voyait probablement cette gamine comme une pièce de choix, pour sa collection... Quitte à croquer dedans un peu avant l'heure.

- Comment refuser une telle offre?

Daniel s'empêcha tout juste de soupirer de soulagement, alors qu'un sourire victorieux, qu'elle fit passer pour de l'amusement, apparaissait sur ses lèvres. Guidant sa jeune compagne, le paon quitta la piste de danse, sous le regard toujours aussi neutre d'Henri, qui finalement détourna les yeux après un bref soupir, alors que la femme canari revenait à son bras, son sourire magnifique faisant un drôle d'effet à Daniel. Qu'est-ce qu'on pouvait ressentir, quand on envoyait volontairement son ami à la mort? Daniel ne pouvait s'empêcher de se demander dans quel état d'esprit se trouvait Henri, en ce moment. La détestait-il? En voulait-il à l'Ordre pour le meurtre à venir? L'espionne ne pouvait qu'espérer que l'homme d'affaire connaissait parfaitement ses priorités, au risque que cela se retourne contre lui...

Comme elle s'y était attendu, Delacroix la conduisit dans ses appartements. Daniel prit bien soin de retenir le chemin et le nombre de garde qu'elle croisa. Trois, dont un dans le second couloir menant à la chambre du maitre des lieux. A noter. Tandis que Joseph était occupé à fermer la porte, l'espionne prit encore une fois bien soin d'observer les lieux, alors qu'elle enlevait son loup blanc. A peine cela fut-il fait, que l'homme fondit sur elle, l'attrapant peut-être un peu plus précipitamment qu'il ne l'aurait fallu, l'amenant sur le lit avant de la faire basculer, tandis que Daniel faisait de son mieux pour rester calme et ne pas paniquer, se tenant à son rôle. Des lèvres virent goulûment goûter les siennes, les maltraitant plus qu'autre chose, alors qu'il faisait petit à petit disparaître tout son rouge à lèvre, tandis que ses mains s'appliquaient à défaire les lacets de sa robe de bal.
Daniel ne le quittait pas des yeux, froide et impassible, attendant le bon moment.

Et cela ne tarda pas. Son front sembla bien vite se couvrir d'une épaisse couche de sueur, qu'il essuya d'un geste négligeant de la main, probablement mettait-il cela sous l’excitation que lui procurait sa belle compagne, alors qu'il continuait, sa respiration lourde devenant difficile, ressemblant à celle d'un porc, alors qu'il tirait sur son costume, essayant de prendre de l'air, ses mains devenue moites se perdant sur la robe d'Alexandra. Il étouffait. Pire, il suffoquait. Il ne prit pas longtemps à se rendre compte que quelque chose n'allait pas, surtout quand il rouvrit les yeux pour croiser le regard froid et observateur de Daniel. Elle ne jouait plus, elle attendait juste.

- Que... Que m'as-tu fait... Sa voix n'était plus qu'un murmure étouffé, alors qu'il s'étranglait en tombant au sol, essayant de rejoindre la double porte de la pièce.

- Poison, fit-elle calmement en caressant ses lèvres. Ne vous en faites pas, votre mort sera rapide.

Enlevant sa perruque, la jetant sur le lit, Daniel continua de le regarder mourir. Elle ne le faisait pas vraiment pas plaisir, juste par soucis du travail bien fait, alors qu'il tenait sa gorge d'une main, rampant sur le magnifique tapis bleu roi de l'autre. Bon, peut-être ressentait-elle une très légère satisfaction, contente de servir l'Ordre...

- P-pourquoi?

Un bref murmure, presque un souffle. Bientôt, ses poumons auront fini de se bloquer. C'était là le rôle du poison violent dont Daniel avait outrageusement recouvert ses lèvres et une partie de la peau de son visage, ayant préalablement avalée l'antidote. Rapide et foudroyant, il bloquait petit à petit tous les muscles de sa victime, l'empêchant de respirer, mais aussi de se débattre, évitant tout risque de fuite ou d'appel à l'aide. Daniel l'avait choisi pour cela. Et aussi parce qu'il n'avait aucun goût...

- Je l'ignore, cela devait être fait, c'est tout...

Pris soudainement de spasme, Delacroix de retourna sur le dos, semblable à un poisson hors de l'eau, alors que ses yeux s'écarquillaient, ses lèvres s'ouvrant désespérément à la recherche d'air, sous le regard neutre de son assassin, assise sur le lit. Cela dura encore quelques instants avant que dans un dernier soubresaut, il ne cesse de bouger, n'étant plus qu'un tas de chairs mortes, étalé sur la moquette.
Parfait.

Rapidement, Daniel termina de se débarrasser de sa lourde robe blanche, dévoilant ainsi une chemise à manche courte dont le col avait été abaissé jusqu'en bas des épaules, disparaissant ainsi sous les manches de sa robe de bal. Se séparant de tout son attirail pour se donner une allure n'étant pas les siennes, Daniel se sentit bien légère une fois libéré de tous ses rembourrages. Son pantalon, n'avait pas eu besoin d'être retroussé, ce dernier lui arrivant au bas des genoux, avant de laisser apparaître deux longues chaussettes blanches. Promptement, Daniel se déchaussa de ses souliers de bal, allant chercher ses simples chaussures de cuir, qu'elle avait attaché à la crinolines en bois de sa robe, n'ayant pas de jupons remplissant l'armature. Elle fit de même pour la veste (dont les manches ressemblaient vaguement aux ailes d'une chauve-souris), elle aussi attachée à la crinoline, récupérant d'ailleurs ses gants noirs à l'intérieur des poches, avant de l'enfiler toujours aussi prestement, en prenant bien soin de refermer un à un les boutons de sa chemise.
Passant par la petite porte à la droite de la chambre, Daniel arriva dans la salle d'eau, où elle enleva rapidement à renfort d'eau chaude la couche épaisse de maquillage sur son visage, redevenant banale aux yeux de tous en une dizaine de minutes. Plus que le regard... Détachant ses cheveux, elle les ébouriffa d'une main, avant d'ouvrir la penderie de Delacroix, y trouvant assez rapidement un tricorne noir à bordure doré, avant d'aller chercher la dernière chose accrochée à sa crinoline : un loup noir possédant la même fausse dorure. Parfait. Daniel était parfaitement méconnaissable, maintenant simple inviter masculin de la soirée.

Avec un dernier regard pour le corps qui gisait au sol, Daniel quitta la pièce en silence, heureuse de ne plus entendre ses chaussures claquer sur le sol à chacun de ses pas alors qu'elle avançait furtivement, s'arrêtant à chaque angle par mesure de sécurité, s'assurant alors que la voie était libre avant de continuer son avancé. Comme elle s'y était attendu, le premier garde était bel à son poste, aussi attendit-elle patiemment qu'il vienne vers elle pour l'attraper brusquement, lui enfonçant sa lame secrète dans la gorge sans lui laisser le temps de réagir, donnant un second coup au niveau de son cœur avant d'éloigner rapidement sa lame pour ne pas abîmer sa veste, laissant le corps choir contre le mur sans s'en préoccuper plus que nécessaire. Daniel tiqua légèrement en se rendant compte qu'elle n'avait pu empêcher sa manche de foncer légèrement à cause du sang, et que quelques éclaboussures se voyaient ici et là sur sa chemise. Cela allait forcement la gêner, un moment ou a un autre...

Il lui fallait maintenant quitter les lieux au plus vite. Daniel avait cependant un avantage certain: quand bien même ils découvriraient les corps de ses victimes, personne ne saurait que chercher. Elle avait donc un avantage tactique non négligeable, il ne lui manquait plus qu'à rejoindre la salle de bal pour se fondre dans la foule jusqu'à ce que l'assassinat soit découvert, profitant alors de la panique pour fuir discrètement avec l'aide de la cohue générale...
Elle avait certes pensé à quitter les lieux maintenant, mais l'endroit était trop bien gardé, la moindre attitude suspecte serait repérée, et Daniel ne pourrait pas grand-chose contre plusieurs tires de fusil. Il lui fallait ruser et attendre, quand bien même l'envie de fuir tout de suite la tenaillait...

Et de nouveau le calme et l'obscurité laissèrent place à la lumière, les rires et la danse. Se fondant dans la foule, Daniel chercha rapidement Henri des yeux, mais elle ne vit aucune trace du loup. Cependant, elle avait bien plus important à faire que retrouver l'homme d'affaire, alors que les gardes commençaient à s'agiter, entrant dans la pièce en courant. Aucun doute qu'ils venaient de retrouver le cadavre de leur collègue, ainsi que celui de leur maître. Ils la cherchaient, mais pour l'instant, elle était encore invisible à leurs yeux...
Très attentive, Daniel regarda alors leurs allées et venues, tandis que deux d'entre eux partirent stratégiquement se placer devant la porte d'entrée de la salle de bal, et que trois autres se fondirent dans la foule à leur tour. Ils allaient les enfermer et la chercher. Voilà qui était plutôt inattendu, et gênant (surtout que la salle de bal se trouvait au second étage du château). Voir totalement imprévu... Peut-être presque autant que la bourgeoise qui remarqua la manche imbibé de sang de Daniel, alors qu'un cri retenti à l'autre bout de salle.

- Au meurtre! A l'assassin!

Quoi? Daniel avait comme l'impression de rater un épisode, alors que la situation commençait doucement à lui échapper des mains. Se frayant un chemin dans la foule, alors que la musique et les danses avaient cessé, l'espionne vit alors la raison de tout ce remue ménage, alors que le corps d'Henri gisait sur une chaise, sa tête pendant sur la gauche, tandis que tout le côté droit de son costume se teignait de rouge à partir de son cou. Aucun doute, le coup avait été porté par une lame secrète.
Il fallait qu'elle se calme et qu'elle réfléchisse. Un détail avait dû lui échapper. Quelque chose. Quelque chose d'important, mais quoi? A moins que...

- C'est lui! C'est lui!

Au moment même où Daniel arriva à sa conclusion, elle perdit complètement le contrôle de la situation, alors qu'une sorte de dame écureuil la pointait du doigt. Quel comble pour un meurtrier d'être accusé d'un crime n’étant pas le sien! Tous les invités firent un pas de côtés pour s'éloigner du tueur présumé que la manche et la chemise couverte du sang d'un autre accusait. La situation n'aurait pas pu être pire... Sauf si on rajoutait à tout ça un élan de panique général et incontrôlé...
Dès que les gardes cachés dans la foule se jetèrent sur Daniel, ce fut la débandade, les invités  se mettant à fuirent dans tous les sens, dans les cris et les pleures, alors qu'ils sortaient les armes pour la tuer. Pas le choix, il lui fallait se défendre, se dit-elle, alors que le premier soldat l'attaquait à l'épée. Utilisant une parade, elle réussit à le désarmer, et ne prit pas la peine de lui laisser le temps de s'éloigner pour lui enfoncer sa lame secrète profondément dans la gorge, avant de sortir une bombe fumigène, la jetant au sol sans même laisser le temps d'attaquer à ses autres adversaire. Daniel n'avait aucune chance, et fuir par la porte était impossible, les autres gardes étant toujours à leur poste. Tant pis, il lui fallait improviser. Courant vers la fenêtre de la salle, Daniel appréhenda difficilement ce qu'il allait suivre. Si elle ne se trompait pas, en dessous il y avait... Cachant son visage grâce à son bras, elle fonça contre la troisième fenêtre, tombant dans les airs, accompagnés d'une pluie de verre...
Avant de s'affaler lourdement sur le toit en cuir d'un fiacre qui se cassa sous son poids mais amortit sa chute. Avec un grognement sourd, Daniel essaya d'ignorer la douleur du verre lui rentrant cruellement dans la peau, alors qu'elle sortait de la calèche en une petite pirouette, se mettant à courir tandis que ses anciens adversaire essayaient de lui tirer dessus depuis la fenêtre du second étage.

- Arrête toi!

Sans même prendre le temps de se retourner pour voir qui l'appelait, Daniel s'accroupit pour éviter un tire, avant de courir vers l'une des calèches libres, échappant de justesse à une autre balle qui la frôla, faisant tomber son tricorne par la même occasion. Sautant à l'avant de la voiture, Daniel prit les rênes, jetant le cocher par terre sans aucune pitié. Il lui fallait fuir et le plus vite possible. Lançant sa monture au galop en se baissant au cas où un autre tir lui aurait été destiné, Daniel quitta les lieux alors que plusieurs gardes se dirigeaient vers elle, dans le désordre qu'était devenu la cour extérieure du château, maintenant remplie de nobles courant dans tous les sens, essayant de rejoindre leurs voitures pour fuir. D'autres tirs se firent entendre mais les chevaux de Daniel, bien qu'affolés, allèrent assez vite pour qu'elle soit vite hors de portée, alors qu'elle disparaissait dans la forêt avoisinante au château, le reste de la garde à sa poursuite...

Ce n'est qu'au petit matin qu'une silhouette sombre apparu à l'autre bout de la forêt de Rambouillet. D'une démarche presque boitante, elle approcha du fiacre arrêté au bord de la route qui semblait l'attendre ici depuis des heures. Exténuée, Daniel se laissa tomber plus qu'autre chose sur la banquette, se fichant complétement de la boue séchée et du sang qu'elle laissait partout, bien plus occupée à fermer les yeux, appréciant d'être enfin tirée d'affaire. Quittant son livre des yeux, Edwina regarda d'un œil critique l'adolescente essoufflée en face d'elle, alors que le fiacre reprenait sa route, quittant enfin l'orée de la forêt pour rejoindre la ville, l'aube se levant à peine derrière-eux.

-Tu es en retard, jeune fille.

Pour toutes réponses, Daniel lui lança un regard noir, alors que dans sa robe toujours aussi canari, Edwina souriait de toutes ses dents, semblant l'innocence même. Comment n'avait-elle pas pu reconnaître CE sourire?

- Cela t'aurait-il tué de me dire que ta mission aussi avait lieu ce soir-là?

Son rire cristallin, pour une fois, ne réussit qu'à faire grincer des dents la voleuse, alors qu'elle retirait un important morceau de verre de son bras, une large grimace au visage, n'osant pas touché à celui qui lui mordait toujours cruellement le flan. Il lui tardait de trouver un médecin...

- Prévoir l'imprévisible, c'était la leçon du jour.

- Raaah! Je te déteste...

Et de nouveau ce rire insupportable. Si elle n'avait pas su l'action suicidaire, Daniel l'aurait tué, en cet instant...




Dernière édition par Daniel Stolenfield le Jeu 7 Fév - 4:17, édité 19 fois
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Daniel Stolenfield
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MessageSujet: Re: Daniel Stolenfield Dim 27 Jan - 7:23


« L'hiver avait été particulièrement glacial, cette année-là. Les morts se décomptaient par millier. Les mendiant cohabitant avec les cadavres que l'on n'avait pas encore découvert, quelques putains étaient visibles ici et là, mais la plupart préféraient rester bien au chaud dans leurs maisons de passes, tandis que les enfants des rues détroussaient discrètement les rares passant semblant un peu moins pauvre que les autres, s'enfuyant au moindre signe d'un représentant des forces de l'ordre. La misère, la pauvreté et le vol. Voici le monde qui m'a vu naître. Voici dans quelles conditions j'ai commencé à grandir.

Je n'ai jamais su qui était mon père, et je présume que ma mère aussi l'a toujours ignoré. Ce n'était qu'une catin parmi tant d'autre, ni la meilleure, ni la pire, et qui tomba enceinte sans qu'on sache trop comment. C'était une femme forte, aussi n'eut-elle aucun mal à cacher sa grossesse sous ses quelques kilos en trop. Elle avait eu envie d'avoir un enfant, alors elle en avait fait un, point, c'est la seule réponse qu'elle donna à ma question. Je suis donc né en plein milieu d'un bordel, entouré de femmes plus enivrantes les unes que les autres, dont la beauté n'avait d'égal que leur cruauté entre elles. Il n'y a qu'avec moi, qu'elles étaient toutes au petit soin, me considérant comme on joue à la poupée, et s'extasiant devant la moindre de mes paroles. Pas mal de ces femmes rêvaient d'être mère, aussi fus-je choyé comme un prince jusqu'au jour de mon départ. J'étais une bouche de trop à nourrir pour la maquerelle, et deux choix s'offraient à moi, suivre la voie de ma mère ou partir. Je ne sais pas trop ce qui me poussa, à l'époque, à faire ce choix, mais toujours est-il que je quittai la maison sans même avoir atteint l'âge de raison, pendant cet hiver particulièrement froid.

Il n'eut ni larme, ni adieu déchirant entre ma mère et moi. C'était d'un commun accord tacite que je partais. J'avais été son enfant, sa poupée docile pendant huit ans, en échange je demandais le droit de partir, maintenant que j'étais en age de me débrouiller seul. Je ne lui en ai jamais voulu pour m'avoir eu par pur caprice, je le comprenais, dans le fond. Elle aussi avait vécu toute sa vie dans un univers aussi dur et impitoyable que le mien. Elle s'était montrée égoïste en m'ayant juste pour jouer à la maman, c'est vrai, mais qui étais-je pour la juger?
Je ne l'ai jamais revu, après ça, et pourtant, je me souviens encore de son visage, ce jour-là. Aucune tristesse, ni joie. Juste de l'acceptation, alors qu'elle me regardait partir. Tout comme je comprenais son choix, elle, elle comprenait le mien.

Dès ses premiers pas la Rue, il faut s'adapter. C'est « Marche ou crève » au quotidien, et il n'y a pas de seconde chance. Le moindre faux pas est le dernier. ''Elle'' accueil tout le monde, les mômes en mal d'amour, oui, mais aussi les fous, les meurtriers et voleurs. S'adapter, c'est survire. Là-bas, il n'y a ni bien, ni mal, juste des faibles et des forts, à l'instinct animal. Je restai deux jours seul, avant d'être repéré par un petit groupe de gamin. Ils étaient cinq. Six, avec moi. Le plus grand, Nick, une sorte d'asperge maigrelette avec un nez en trompette, était évidemment le chef de la bande, ayant déjà atteint l'adolescence, tandis que nous autres avoisinions les huit, parfois neuf ans. Seul Benji, un adorable bonhomme avec une gueule d'ange, avait deux ans de moins. Seuls, nous étions tous condamnés. Ensemble, nous pouvions au moins nous débrouiller pour que la plupart d'entre nous survient, et ça, tout le monde l'avait compris. Alors, aussi agaçant que soit Nick, nous étions tous réunis autour de lui, comme un groupe de rats, attendant patiemment les quelques miettes que laisseraient tomber les passants pour se jeter dessus. Nous n'avions aucun honneur.
Dire qu'aujourd'hui, il ne reste que moi... »

Soupirant doucement, Daniel leva le nez de sa feuille, s'étirant à en faire craquer les os de son dos. Trempant de nouveau sa plume dans son encrier, elle reprit après un moment de réflexion.

« Je n'irais pas jusqu'à dire que j'étais heureux de cette vie là, mais au moins, je ne vivais pas dans la perspective de devoir un jour me vendre à des hommes bien plus sales que moi. J'étais libre. Ou du moins, j'avais l'impression de l'être, et ça me suffisait. Nous ne mangions pas beaucoup, mais presque tous les jours. Nous avions souvent froid, mais quand on se serrait tous ensemble, on pouvait presque l'oublier. Et puis, je n'étais pas seul. Cela dura un an, un an avant que quelque chose de bizarre arrive. Un beau matin, Nick apparu avec un grand sourire aux lèvres. Lui qui ne souriait jamais, cela avait de quoi surprendre.

- Les gars! J'ai une grande nouvelle, je crois que je tiens là notre chance!

Je levais alors le nez de la souris avec laquelle je jouais depuis une heure déjà: un jeu particulièrement cruel, mais très rependu, il suffit de l'attraper par la queue, avant de la relâcher, lui faisant croire sa liberté acquise, avant de l'attraper de nouveau pour la jeter dans les airs, par exemple. Ou de la serrer légèrement, tandis qu'elle couine et se débat. Évidemment, mieux valait avoir un gant, au risque de se faire mordre. En général, les souris meurent au bout de quelques heures... Si vous saviez le nombre de ces bestioles que j'ai tués ainsi.

- Qu'est-ce que tu racontes, encore?

Au lieu de se dépêtrer de son sourire, ce dernier ne fit que s'agrandir, alors qu'il entrait dans la pièce d'un air théâtrale. Il avait toujours eu le chic pour attirer l'attention de toute notre petite bande, se faisant prier et languir avant de nous dire ses plans (bien souvent foireux). Probablement était-il une sorte de Diva, se complaisant du pouvoir qu'il avait sur notre petite bande.

- J'ai reçu un contrat! Le travail est plutôt simple, et on est même payé de moitié maintenant!

J'en lâchai ma souris de surprise, cette dernière profitant d'ailleurs de l'occasion pour disparaître dans le matelas miteux de Benji. Un contrat? J'aurais dû comprendre, juste à ces mots, que quelque chose n'allait pas. En temps normal, les gens ne passent pas de contrat avec les enfants des rues. On nous ignore, on nous chasse, mais jamais au grand jamais, on ne fait affaire avec nous. Trop indisciplinés, ou inexpérimentés. Parfois les deux. Il est toujours préférable de faire appel à une Guilde, professionnelle et fiable, qu'à des gamins. Mais j'étais trop jeune à l'époque pour voir le piège, et même si je trouvais cela bizarre, j'étais complètement obnubilé par la somme que devait représenter un tel contrat. Une somme amplement suffisante pour payer notre cotisation d'admission dans une Guilde, justement. Le rêve de tous gamins des rues. Je conçois que pour beaucoup, être voleur n'est pas la chose la plus reluisante au monde, mais pour nous, c'était la consécration. C'était le grade le plus haut que l'on pouvait espérer. Nous luttions chaque jour pour survivre, avec une Guilde, nous aurions l'assurance d'une vie. Pas d'une survie. Mais d'une véritable vie. Bonne ou mauvaise, qu'importe, cela n'était qu'un détail.
N'est-ce pas ce que l'Ordre m'a offert, d'une certaine façon?

Nick avait réussi à nous appâter avec ses promesses de richesse, et c'est avec des oreilles attentives et dans un silence religieux que nous écoutions la suite de ses dires. Le contrat était en soit assez simple, surtout pour des enfants comme nous, spécialisé dans le cambriolage: Rentrer dans une des demeures du quartier riche, voler un coffre gardé dans une pièce nous étant indiqué, et le cacher jusqu'à ce qu'on nous recontacte. Sans compter qu'on nous informait des meilleures heures pour nous y rendre, notre mystérieux client connaissant, paraissait-il, les allées et venues du propriétaire des lieux. Un jeu d'enfant donc, mais horriblement suspect. Hélas, nous n'avions pas appris à voir ce genre de choses, trop occupés à rêver de ce que deviendrait notre vie une fois membre d'une Guilde. Nous étions simples et naïfs. Quoi de plus normal, pour des enfants?
Et c'est ainsi que, le plus tranquillement du monde, que nous sommes tombés à bras ouvert dans la gueule du loup. »


S'arrêtant un instant, Daniel se leva, avant de finalement abandonner l'idée en sentant son ventre protester vivement. Les balancements du bateau lui était plus difficile à supporter debout qu'assise. On aurait pu penser qu'après un si long voyage, elle s'y serait fait, mais rien à faire, son mal resté inchangé. Au moins, elle ne rejetait plus tous ses repas dans le large, et en soit, c'était plutôt un exploit. Le mieux était probablement qu'elle continue à écrire, au moins cela lui changeait les idées et l'empêchait de penser aux sueurs froides qui coulaient le long de son dos.

« Nous nous rendîmes donc au lieu de rendez-vous, à l'heure et le jour dit. Il avait été décidé que Nick, Benji et moi entrerions dans la demeure, pendant que les trois autres feraient le guet. Une fois les trois gamins placés, nous escaladâmes la palissade de la demeure, arrivant dans un jardin parfaitement entretenu. Faisant le tour, nous passâmes par la porte des domestiques. La crocheter pour moi fut d'une simplicité enfantine. Et c'est donc en silence que nous entrâmes dans la vaste maison. Benji resta dans la cuisine, son rôle étant de récupérer le plus de nourriture possible (quand je vous disais, qu'il ne fallait pas engager des gamins pour faire du boulot de professionnel), tandis que Nick et moi partîmes à l'étage, là où devait se trouver le bureau, et avec lui, la raison de notre présence.
C'était typiquement le genre de maison qui m'avait toujours fait rêver. A chaque fois, je m'imaginais riche héritier d'une famille tellement aisée qu'elle dormait dans l'or. Je m'imaginais alors avec de beaux vêtements cousu de fil d'argent et de diamants incrustés, entouré de tellement de jouet et de nourriture que la faim ou l'ennuie était des concepts inconnus pour moi. Certes, un rêve reste un rêve, mais il n'empêche que pendant tout le long de notre petite escapade, je me mis à imaginer la chose, tout en me perdant rêveusement ici et là sur une tapisserie ou un tapis, un sourire idiot aux lèvres, tant et si bien que Nick dû me donner une tape à l'arrière du crane pour me faire revenir.

- On est pas là pour ça Dan. On fait l'boulot, et on se casse.

Grognant vaguement une réponse, je lui lançais alors un regard noir, tout en me massant la tête. Il m'énervait toujours quand il jouait les petits chefs. A l'époque, j'avais du mal avec l'autorité, ce qui me passa très vite par la suite, pour des raisons évidentes...
Le bureau aussi était fermé à clef, cependant, cette fois-ci la serrure me demanda un peu plus d'habilité, tandis que Nick semblait de plus en plus nerveux, comme s'il craignait que quelqu'un arrive. Aujourd'hui, en repensant à tout cela, je me dis que probablement, il en savait plus sur ce contrat qu'il n'avait bien voulu nous en dire. A peine la porte fut-elle ouverte, que notre chef me bouscula pour entrer dans la pièce, me faisant tomber par la même occasion, alors que la porte se refermait à moitié devant moi.

- Tu pourrais faire attention!

Criais-je offusqué, avant de me rendre compte de mon erreur, m'attendant à tout moment à ce que Nick revienne pour me mettre une taloche et m'intimer le silence. Cependant, rien ne vint. Au contraire, Nick resta résolument silencieux, derrière la porte. Je ne sais pas pourquoi, mais je compris à l'instant que ce silence n'était pas normal, alors qu'une peur démentielle commençait à me dévorer l'estomac. J'aurais du fuir. J'aurais dû partir à l'instant, sans demander mon reste, pourtant je... Je ne sais pas pourquoi, je ne le fis pas. J'étais comme hypnotisé par une sorte curiosité morbide. Curieux de voir la mort en face, probablement. En silence, j'entrai à mon tour dans la pièce obscure.
Nick était là, debout, pétrifié sur place devant le bureau. Immobile. Je sentais mon sang pulsait contre ma tempe, et mon cœur battait si fort que n'importe qui aurait probablement pu l'entendre. Quelque chose me criait que cette scène n'était pas normale, que je devais fuir. Maintenant. Mais rien, j'avançai.

- Nick?

Murmurais-je timidement, au moment même ou son corps chuta en arrière, relevant une tache sombre au milieu de son torse qui me fit pousser un cri particulièrement aiguë, alors que du sang coulait de sa bouche. Il semblait essayer de me parler, mais son poumon perforé ne le lui permettait pas, le noyant doucement alors que ses yeux restaient fixés dans les miens.

- Ton ami était bien peu prudent, pour un voleur... Débouler ainsi dans une pièce sans même prendre le soin de l'inspecter. Un amateur.

Sursautant violemment, je relevais la tête vers la voix. Jusqu'alors, il avait été caché par le corps de Nick, mais une fois ce dernier a terre, je le remarquais, assis dans son siège de bureau. Il n’était alors qu'une ombre adulte que je n'arrivais pas à distinguer dans la pénombre. Pourtant, j’étais certain qu'il me fixait, me jaugeant, probablement pour savoir comment il allait me tuer. Je remarquai néanmoins la longue lame posée sur le bureau et tachetée d'un liquide que je préférai ne pas identifier. Il allait me tuer.
C’était moi, la souris, cette fois.

L’adrénaline. Je la sentais se rependre dans toutes mes veines, alors que je m'enfuyais à toute vitesse, un cri d'abomination coincé au fond de ma gorge devant l'horreur de cette scène aujourd'hui encore figée dans ma mémoire. Hélas, ce n’était que le début de mon cauchemar. »


- Monsieur.

Relevant la tête de son journal, Daniel regarda l'homme maintenant présent devant lui. Un matelot parmi tant d'autre, robuste, fort et virile. Tout le contraire de Dan. Son secret commençait à lui peser...

- Le capitaine m'envoie vous prévenir sur votre demande, nous arriverons à Boston dans moins d'une heure.

- Fort bien. Je vous remercie.

Hochant de la tête, le matelot disparu, tandis que Daniel retournait à ses écrits. Une heure? C’était probablement suffisant pour terminer son histoire.

«Je descendis les escaliers sans prendre la peine d'être discret, dévalant les marches quatre à quatre, tombant par terre une fois le rez-de-chaussez atteint, me relevant alors pour courir dans la cuisine, criant le nom de Benji, que je retrouvai mort, la bouche remplie de mousses, et un morceau de pain à la main. Tout cela n'avait été qu'un macabre piège à souris. Il nous attendait depuis le début. Il avait été informé de notre venue, et comme pour se débarrasser de n'importe quel rongeur nuisible, il avait tout simplement empoisonné la nourriture. Reculant en titubant, la bile au bord des lèvres, je ne pus reprendre mes esprits qu'en entendant des pas se rapprocher rapidement. Fuir. C'est vrai.
Débouchant dehors comme un furibond, je courus alors jusqu'à la corde que nous avions utilisée pour entrer. Je grimpai avec la vitesse du condamné à mort, quand soudainement, quelque chose m'agrippa le pied. Et alors seulement, je me mis à crier. Mais mon cri n'avait rien d'humain, c'était celui d'un animal traqué, terrifié... Non, horrifié par la mort et le prédateur qu'il savait sur ses pas. Je me débâtis pourtant, donnant des coups de pieds, hurlant, et gigotant dans tous les sens, tant et si bien que mon pied atteint son visage, et qu'avec un grognement sourd, il me lâcha, me donnant là l'occasion de sauter de l'autre côté du mur. Bien sûr, je m'étalais sur la dalle en pierre de tout mon long, mais tout en étouffant un cri, je me relevais en quatrième vitesse pour reprendre ma course, ignorant la douleur cuisante qui me taraudait maintenant le poignet.

Je ne sais pas ce que devinrent mes autres camarades, mais je devine que comme Nick ou Benji, leurs sorts durent être funestes. Il avait eu l'intention de n'épargner personne. D'ailleurs, je ne le su que bien plus tard, mais nous avions été envoyés ici en tant que leurre. Un leurre leur faisant croire que nos clients voulaient s'attaquer à cette demeure, pendant qu'ailleurs, ils récupéraient ce qu'ils voulaient réellement. Nous n'avions été que des pions. De la chair à canon, sacrifiable et remplaçable. Et c'est en apprenant cela, que je compris à quel point ma vie était insignifiante pour les "grands" de ce monde. Ce jour-là, je me suis alors dit qu'il me fallait devenir indispensable. Devenir utile au plus vite. Auquel cas, un jour ou l'autre, on m'enverrait de nouveau dans une mission suicide, d'où je ne reviendrais pas, cette fois.
Voulant distancer le meurtrier, je me mis à prendre de la hauteur, grimpant tel un petit singe, avec une facilité surprenante, m'aidant des gouttières pour atteindre les toits, quand bien même mon poignet me ralentissait. J'avais toujours été le plus doué pour ce genre de choses (grimper, sauter, se faufiler), probablement était-ce dû à mon secret et de la souplesse naturelle qui était mienne. Cependant, je ne m'étais pas attendu à ce que mon poursuivant aussi, arrive à grimper, le tout avec une aisance que seule l'habitude pouvait offrir. Il semblait résolu à me tuer, et cela ne fit qu'attiser ma terreur, me rendant encore plus rapide, tandis qu'un goût métallique se rependait dans ma bouche.

Arrivé en haut, trébuchant pitoyablement, je repris ma course, alors qu'il avalait les mètres nous séparant à une vitesse terrifiante. Je n'avais pas le choix. Il me fallait à tout prix trouver un moyen de le distancer. Voyant devant moi une grosse corde à linge distendue entre le toit sur lequel je me trouvais et l'autre, je me mis à courir vers celle-ci, avec la folle idée de jouer les funambules. Je l'avais déjà fait quelquefois, sur le bord d'un trottoir, ou le long d'une palissade, mais là, cette corde était bien plus fine et bien plus haute que tous ceux sur quoi je m'étais entraîné jusque là. Mais qu'est-ce que je risquais, au pire? La mort? Si je ne le faisais pas, j'étais tout autant condamné. Dans ce genre de situation, il est inutile de réfléchir, il faut avancer, c'est tout. C'est donc ce que je fis. Qu'on y croit ou non, la peur donne vraiment des ailes, et bien que perdant du temps pour garder mon équilibre, je réussis à aller jusqu'au bout en courant presque. Ce n'est qu'une fois de l'autre côté, en sécurité, que je pris la peine de me retourner pour surveiller qu'il ne me suivait pas, tout en détachant la corde. Évidemment, il était là, en face sur l'autre toit, mais cette fois la lune illuminait son visage, l'astre lunaire s'étant éloignée de son manteau de nuage quelque instant pour éclairer notre scène, et je pu l'examiner plus en détail.

C'était un homme d'une trentaine d'année, tout au plus. Le visage froid, le port hautain, l'air typiquement britannique. Beau, sans l'ombre d'un doute. Mais sa beauté n'avait rien de rassurant ou plaisant, au contraire, elle me donnait la chair de poule, il semblait tellement froid... Détaché, alors qu'il venait de tuer une bande d'enfants sans défense. Ses cheveux, attachés, semblaient d'un blond très clair, mais je ne pouvais deviner la couleur de ses yeux, de là où j'étais. Cependant, je remarquai l'épée dans sa main, qu'il rengaina dans son fourreau en m'examinant, songeur.
S'il l'avait voulu, il aurait parfaitement eu le temps de couper la corde et me tuer par la même occasion. Cependant, il ne l'avait pas fait. Peut-être aurait-il mieux fallut... Il m'observa en silence, et j'en fis de même pour lui, avec un regain de haine farouche et de témérité sauvage que j'ignorai avoir. L'homme eut un bref rictus amusé devant mon regard, puis se détourna, semblant faire demi-tour pour redescendre. Je ne pris pas la peine d'en être certain pour fuir pour de bon, disparaissant dans la nuit alors que la lune s'effaçait de nouveau, m'offrant l'obscurité pour seule alliée, me croyant en sécurité.
J'avais juste oublié que le plus amusant dans le jeu de la souris, ce n'est pas de la retenir, mais de la laisser croire qu'elle a gagné sa liberté, avant de briser ses espoirs, sans la moindre pitié, en l'attrapant de nouveau...

Mon poignet était cassé. Maintenant que l'adrénaline me quittait et que je retrouvais un semblant de calme, je me rendais compte de la douleur cuisante qui se rependait depuis ma main à chaque fois que je la bougeais. Il me fallait retourner dans notre QG récupérer de quoi me payer des soins. Bien sûr, j'avais pensé à quitter la ville à l'instant pour disparaître, mais je savais aussi qu'avec un poignet dans cet état, tout ce que je risquais en ne le soignant pas était que cela s'aggrave et qu'une fièvre finisse par m'emporter en quelques jours. L'hiver approchant, je ne pouvais me permettre de m'affaiblir volontairement.
La peur au ventre, donc, je retournais dans la piaule, préférant ne pas penser au fait qu'il n'y aurait plus jamais personne d'autre que moi, ici. Tout cela me semblait... Irréaliste. J'avais juste l'impression de faire un terrible cauchemar, et qu'à un moment à un autre, Nick allait me secouer pour me réveiller. Nick... Le simple fait de penser à mon ancien chef fit revenir mon haut-le-coeur, alors que ses yeux, me fixant avec horreur me revinrent à l'esprit. Je ne tiens qu'un instant avant de rendre mon maigre repas, pleurant à chaudes larmes quand je ne m'étouffais pas à moitié.

J'eus à peine conscience de la suite des événements. J'étais dans un état second, amorphe. Probablement cela était-il dû au choc et à toute l'adrénaline qui me quittait, ne laissant qu'une peur dévorante agiter ma carcasse. Je me souviens vaguement avoir pris tout l'argent que Nick avait reçu en avance, avant de quitter notre immeuble pour de bon, n'y remettant jamais les pieds. Je suis ensuite allé me faire soigner, me faisant d'ailleurs arnaquer sur les prix, mais ça, c'était à ce moment-là le moindre de mes soucis. Quelques concoctions antidouleur plus tard, je m'endormis rapidement sans avoir le temps de quitter la clinique. A mon grand regret.

A mon réveil, je compris tout de suite que quelque chose n'allait pas. J'avais chaud, et mon lit semblait beaucoup plus agréable que le simple lit de camp de l'hospice (lui-même plus agréable que ma couche habituelle). Sursautant, j'ouvris les yeux d'un seul coup, me rendant alors compte que j'étais dans une chambre, modestement décoré, certes, mais bien plus agréable que tout ce que j'avais connu jusque là. Me levant d'un bond, je me précipitai alors vers la fenêtre, regardant le jardin avec horreur. S'il était difficile de le reconnaître en plein jour, je n'eus cependant aucun mal à comprendre où je me trouvais. Le mur que je voyais d'ici était celui-là même que nous avions escaladés la veille au soir. J'étais de retour dans la tanière du loup.
Sans perdre un instant, j'essayai d'ouvrir la fenêtre, sans résultat. J'essayais alors la porte, là encore en vain. Mes outils m'avaient naturellement été enlevés. Étouffant un cri de peur, je me mis à tourner en rond frénétiquement, cherchant une solution pour ne pas mourir, quand soudainement un cliquetis se fit entendre, et la poignée de la porte pivota. Sans trop y réfléchir, je m'engouffrais alors dans l'ouverture en courant. Évidemment, ma fuite fut un échec, et m'attrapant par les cheveux, l'homme me fit de nouveau retourner dans la pièce, faisant fi de mes protestations, alors qu'il refermait la porte sans même se presser.

- Quelle petite teigne! L’éducation est à revoir.

Pris d'une peur irrationnelle, je lui mordis la main fortement en lui donnant de nombreux coups de pied, l'obligeant à lâcher prise alors que je courais à l'autre bout la pièce, me plaquant contre le mur, à défaut de pouvoir fuir le regard colérique qui me fixait. Je le sentis hésiter, puis avec un mouvement négatif de la tête, il sembla abandonner son idée première.

- J'ai épargné ta vie, petit, et je te pense assez intelligent pour comprendre que mon geste n'avait rien à voir à une quelconque mansuétude. Aussi, je ne saurais trop te conseiller de ne pousse pas ma patience à bout...

Sa voix était profonde et égale, me faisant sursauter alors que je continuais de le fixer, près à réagir au moindre mouvement qu'il aurait fait vers moi. Il avait beau se comporter comme n'importe quel gentilhomme, il n'en restait pas moins le meurtrier de mes amis. Je ne pouvais pas l'oublier. Mon regard se fit alors plus noir, tandis qu'une haine féroce gonflait ma poitrine, m'intimant de l'attaquer, de le mordre, de le griffer, quand bien même cela aurait été proprement du suicide. Il remarqua immédiatement mon animosité à son égard, et avec un soupir agacé, il reprit la parole, tout en allant s'asseoir, balayant mon idée d'un bref geste de la main contrarié.

- Tu ne gagneras rien à m'affronter, sauf la mort. Est-ce là ce que tu veux? Dans ce cas, ça ne prendra qu'un instant.

Pour prouver ses dires, il posa sa main sur son épée, alors qu'un glapissement étranglé s'échappait de mes lèvres à ce simple geste, toute colère envolée. Me voyant me recroqueviller sur moi-même, il sembla satisfait, lâchant son arme après un bref hochement de tête.

- Fort bien. Dans ce cas, bienvenue dans ma demeure. Je me nomme Lawrence Stolenfield, mais monsieur suffira.

D'un geste de la main, il me fit signe de venir m'asseoir dans le fauteuil lui faisant face, ce que je fis, à contrecœur, de peur qu'il ressorte de nouveau son épée. La peur a un effet très persuasif, surtout pour instaurer la discipline. C'est une des premières choses que j'appris entre ses mains.

- Comment t'appelles-tu, petit?

- Daniel... Monsieur, rajoutai-je devant son regard appuyé.

- Bien. Et quel âge as-tu?

- Neuf ans, Monsieur.

- Tiens, je t'en aurais donné deux de moins... Passant un de ses doigts gantés sur ses lèvres, il sembla réfléchir, avant de reprendre la parole, songeur. Bien, Daniel. Tu n'es pas sans ignorer qu'hier, toi, ainsi que toute ta bande de petits va-nu-pieds, êtes entrés dans une propriété. Ma propriété. Par conséquent, j'étais parfaitement en droit de me défendre contre une telle agression. N'est-ce pas?

L'envie de protester me pris, mais un seul de ses regards réduisit l'enfant que j'étais à l'époque au silence. J'ignorais parfaitement s'il disait vrai ou non. Je ne savais pas lire, et j'ignorais tout des lois régissant ce monde. Cependant, je savais que la vie des gamins comme moi ne valait rien, surtout devant celle d'un homme si bien né, comme lui.

- Comme je l'ai précédemment fait remarquer, il aurait été chose aisé de te faire subir la même ''punition'' que tes petits amis mais, il laissa un petit silence que je devinais être calculé, tu as su attiser mon... Intérêt. Aussi allons-nous voir si tu mérites le privilège que je t'offre, avec ton consentement, naturellement. C'est à prendre ou à laisser.

Je ne comprenais que très mal ce qu'il me racontait, mais le principal arrivait à mes oreilles. Il avait en quelque sorte de décider que, puisque j'aurais dû mourir la veille, ma vie, qu'il avait décidé d'épargner (pour des raisons que je ne comprenais), lui appartenait désormais. Et maintenant il me demandait d'accepter ou mourir. Ça limitait grandement le choix de réponses...
Existe-t-il en ce monde des situations plus tordu que celle que je vécus ce jour-là? Piteusement, j'acquiesçais en silence. Qu'aurais-je pu faire d'autre? Quel enfant de neuf ans mourrait sans raison, simplement par refus d'une autorité supérieure? Je n'avais aucun idéaux à me raccrocher, aucune raison de refuser, si on oubliait ma fierté blessée. Je voulais vivre, c'est tout.

- Parfait, nous réglerons les menus détails plus tard, pour le moment, sache juste qu'il t'es formellement interdit de quitter la résidence jusqu'à nouvel ordre. Fais tes preuves, jeune homme, et peut-être que nous reverrons les règles du jeu... Naturellement, à la moindre désobéissance ou rébellion de ta part, j'en conclurai que notre accord ne tiens plus, et prendrai alors les mesures nécessaires. Est-ce clair?

Nouvel hochement de tête alors que j'essayais de faire le point, au fond de moi. Tout ce passait très vite, trop vite, depuis hier. C'était très étrange, je me sentais soulagé d'être en vie, et pourtant insatisfait de ce soulagement. Coupable, même. Je n'avais pas envie de mourir, et pourtant, j'avais conscience que c'est ce que j'aurais dû souhaiter. Pour Nick, Benji, et les autres. J'aurais dû me battre, refuser et mourir fièrement. Pas accepter. Pas me soumettre sans un mot. Mais j'étais lâche, je l'ai toujours été. Tout est préférable à la mort, à mes yeux. Même pactiser avec le diable.
Tandis qu'il se levait de nouveau, probablement pour quitter la pièce, quelques mots m'échappèrent, aussi faibles qu'un murmure, mais pourtant bien présent, alors que je levais des yeux brûlant vers lui, mes (mon) petits poings serrés de colère.

- Je vous hais...

Je me souviendrai toujours de son regard, ce jour-là. Indifférent et calculateur, alors qu'un petit rictus amusé déformait ses lèvres. Qu'importe que si je le haïssais, tant que j'obéissais.

- Cela changera.

Et sur cette simple phrase, il me laissa.
Il avait réussi à me faire croire en quelques instants que rien ne l'arrêterait s'il décidait de me tuer. Rien, ni personne. Et cela fonctionna à merveille. A aucun moment et pas une seule fois je n'essayai de m'enfuir, sûr et certain que qu'importe où j'irais me cacher, il me retrouverait. Après tout, il l'avait fait une fois, pourquoi pas deux? La peur est aussi efficace que l'admiration, quand il s'agit de surestimer les autres. Enfant, je ne voyais pas M. Stolenfield comme un simple homme de chair comme vous et moi, non, je le voyais tout puissant et terriblement dangereux. Je ne le vénérais pas, mais le craignais terriblement. L'effet restait identique.

Outre une sévérité implacable, M. Stolenfield ne fut cependant pas le monstre sans coeur auquel je m'étais attendu. Celui qui aurait dû me torturer tous les jours et m'enfermer dans la cave avec du pain et de l'eau pendant des mois entiers. Certes, il ne débordait pas de bon sentiment et de bienveillance, mais il fallait l'avouer, il ne fut jamais injuste avec moi et me traita convenablement, tant que je faisais des efforts pour satisfaire ses attentes en retour. Le reste du temps, il se contentait de m'ignorer poliment, me laissant errer dans la maison comme une âme en peine, sans jamais me déranger, consentant même à ce que je parle autant que je le souhaitais avec les domestiques, pour peu que je ne dise en rien de notre petit marché. Officiellement d'ailleurs, j'étais un de ses neveux dont les parents étaient morts tragiquement lors d'une traversée en mer, le laissant lui pour ma seule famille (j'appris d'ailleurs que je n'étais pas le premier ''neveu'' si gracieusement recueilli...).
Je pouvais aller partout dans la demeure, excepté dans son bureau, et évidemment, hors du jardin, que je ne pouvais quitter qu'en sa présence. Bien vite, la solitude me pesa, et je fis donc ami avec un apprenti jardinier du nom de Steven de six ans mon aîné, ce qui rendit ma détention forcée plus supportable.

M. Stolenfield me laissa un mois d'adaptation, me permettant ainsi de m'habituer à sa présence que je considérais toujours comme une menace latente, avant de commencer l'entraînement. Et quel entraînement! Comme il l'avait déjà clairement souligné, M. Stolenfield ne m'avait pas gardé pour mes beaux yeux, mais uniquement pour mes talents de voleur et d'acrobate. Talents qu'il voulait peaufiner, dans le but de faire de moi son espion personnel, et accessoirement, son voleur. A ses côtés, j'appris à me fondre dans les ombres, à grimper, sauter et monter toujours plus haut, à rendre mon pas aussi léger qu'un souffle, et à m'infiltrer dans n'importe quelle pièce. Puis quand cela fut acquis, j'appris à manier des dagues jumelles. A aucun moment il n'avait été mention de meurtre, mais je ne me leurrais pas, il ne m'apprenait pas à manier des armes pour me défendre, mais bien pour tuer sur demande.

J'ai beau reconsidérer mon enseignement assez fréquemment, je n'arrive pas à savoir, aujourd'hui encore, si j'ai réellement le droit de me plaindre de ce que M. Stolenfield m'offrit de force. J'avais perdu toute liberté, certes, mais je mangeais à ma faim et je ne souffrais ni du froid, ni de la maladie. Mieux encore, M. Stolenfield engagea un précepteur pour s'occuper de mon éducation générale, tandis que lui se chargeait de m'apprendre le maniement des armes (son habituelle sévérité me valant d'ailleurs quelques cicatrices). Même dans mes rêves les plus fous, je n'aurai pu espérer tout ça. j'avais une chambre. Une vraie chambre, rien que pour moi! J'avais une maison, quand bien même ce n'était rien de plus qu'une cage ouvragée, et je vivais dans un très beau manoir... Mes amis étaient morts, oui, mais haïr M. Stolenfield n'allait pas les faire revenir pour autant. Que gagnerais-je à m'enfermer dans une vendetta que je ne pourrai jamais accomplir? Qu'allait m'apporter le fait de laisser mon âme en proie aux flammes de la vengeance? Rien, mise à part la mort. Encore une fois, il me fallait faire un choix. Avancer, ou rester sur mes positions. Ce n'est qu'une fois mes dix ans atteint, que je décidai d'accepter et d'avancer. Mon incarcération n'en fit que plus acceptable.

M. Stolenfield alla jusqu'à devenir mon tuteur officiel, alors que j'atteignais les douze ans, l'ayant suffisamment convaincu pour qu'il décide de me garder à son service. C'est d'ailleurs à cette période de ma vie que mon secret devint plus... Complexe à cacher. Mon tuteur ignorait tout de ma véritable nature, et j'avais trop peur qu'en l'apprenant, il ne revienne sur son choix et me tue, considérant mon mensonge comme inacceptable. Aussi pris-je bien soin de continuer à le cacher. Par chance, et disons les choses comme elles sont: la nature avait été particulièrement ingrate avec mon corps. Il ne fut donc pas très compliqué de cacher ce qui était à peine visible avec quelques bandages et d'amples vêtements. Pour l'autre problème, j'appris à faire avec, ignorant la douleur au début, essayant de m'y faire, ensuite.»


- Harry! Harry!

Débarquant soudainement dans la cabine, une tempête rousse sauta sur Daniel, alors que Mademoiselle Cécilia se cramponnait à son cou, n'arrivant pas à calmer sa joie tandis que le dit ''Harry'' faisait de son mieux pour se défaire de son étreinte, la jeune femme l'étranglant à moitié en sautillant sur place.

- Père m'a fait savoir que nous arriverons bientôt à Boston! N'est-ce pas merveilleux? Oh, il me tarde de visiter New York! Oh, et de revoir mon frère! Ooooh! Et je paris qu'il en est de même pour vous, ne m'avez-vous pas dit que vous rejoignez votre père? Hum... Un marchand, c'est cela?

- C'est bien cela, Mademoiselle. Cependant, je doute que le moment soit bien choisis pour les visites touristiques, les révoltes grondent partout et...

- Oooh, c'est vrai , fit-elle avec un soupir, la coupant, père n'arrête pas de me le dire, mais je ne vois pas en quoi cela m'empêchera de visiter une ville! Je ne fais rien de mal, que je sache!

Quelle gentille fille, British jusqu'au bout des ongles et naïve à ne plus savoir quoi en faire... Son père prenait un risque en l'amenant ici en cette période trouble, mais de ce que Daniel avait pu entendre (discrètement), Cécilia était bien plus ici pour un mariage avec un influent général que pour faire du tourisme. Daniel ne pouvait s'empêcher de se demander la tête que ferait cette candide demoiselle, en apprenant la vérité. Quelle idée folle, aussi, d'être une femme dans un monde d'homme.

- Oh, je dois prévenir Rose-Marie que nous arrivons. La pauvre, elle aura été alitée tout le temps du voyage. Je reviens par la suite. Rose-Marie? Rose-Mariiiie!

Fit-elle en quittant la pièce comme elle y était venu, dans une tornade de tissu vert et de chevelure feu, laissant Daniel dans un silence contemplatif, alors qu'il essayait de comprendre pourquoi elle était venue la voir, elle. Ah, qu'importe, haussant des épaules, elle reprit son journal.

« Quoi qu'il en soit. Ce n'est qu'une fois mes quatorze ans atteint que j'eus le droit de sortir seul de la demeure. Je pense que j'avais, d'une certaine façon, gagné la confiance de M. Stolenfield. Ma peur à son encontre restait inchangée, et je ne l'appréciais pas plus qu'enfant, mais j'avais laissé de cotés la haine pour une simple indifférence respectueuse. C'est d'ailleurs cette année-là que j'entendis parler des Templiers et des Assassins pour la première fois. J'appris, alors, que M. Stolenfield faisait partie du premier groupe, non sans surprise. J'appris aussi que si je continuais ainsi, peut-être, qu'un jour, l'honneur de faire partie des Templiers serait mien. A ces mots, je me revis gamin, espérant rentrer dans une Guilde pour faire partie d'une unité. D'un groupe. Et je ne vis aucune différence entre la situation actuelle. Il est amusant de se rendre compte que les rêves des enfants et des adultes restent identiques.
Je n'étais pas spécialement emballé par l'idée de rejoindre les Templiers, mais je voyais cela comme un moyen d'acquérir une presque liberté. Un moyen de quitter les griffes de M. Stolenfield. Je pourrais alors partir là où l'Ordre aurait besoin de mes capacités, et non rester coincé pour le reste de ma vie dans un manoir à attendre qu'un homme s'étant donné tous les droits sur ma personne ne décide quand je pourrais lui être utile. C'était peut-être une réaction égoïste et ingrate après tout ce qu'il m'avait offert, mais qu'importe: Il m'avait pris tellement, à côté, que ma réaction me semblait légitime. Je voulais partir. C'est donc avec un engouement sur-joué que je fis savoir que ce serait un honneur pour moi de rejoindre les rangs des chevaliers de l'Ordre du Temple.

Tandis que je commençais à apprendre les préceptes des Templiers (ce qui, au final, était déjà des choses acquises, M. Stolenfield les ayant utilisés pour parfaire mon éducation) et acquérir le titre de disciple, M. Stolenfield me donna une mission bien différente et inhabituelle. Je devais aller récupérer des documents. Jusque là, rien de bien folâtre en soit. Là où les choses se corsèrent légèrement, c'est quand j'appris que cela devait se passer sous les yeux de tous, durant une soirée mondaine et masqué, seul moment où il était possible d'entrer dans la demeure. Qui plus est, nous n'étions pas les seuls à lorgner sur ses documents. Il y avait de grandes chances que je rencontre un assassin ou deux, raison pour laquelle M. Stolenfield m'accompagnait pour faire diversion, accaparant leur attention tandis que moi, je m'occupais de la récupération. Si cette idée ne me plaisait guère, je n'avais de toute façon pas mon mot à dire.
Pendant le mois suivant, donc, nous nous préparions pour cette soirée.

La préparation fut parfaite, aussi, quand le soir tant attendu arriva, j'étais entièrement confiant et prêt pour ma tâche. C'est en tant que serveur que je m'infiltrai dans la demeure, tandis que mon mentor arrivait par la grande porte, tel un prestigieux invité, une ravissante femme, me disant quelque chose, à son bras. Très vite, je m'éclipsai de la pièce de bal pour rejoindre l'étage au-dessus, où je savais les documents scellés dans un coffre (encore un). Je n'eus aucun mal à éviter la plupart des tours de gardes. Probablement aurais-je pu et dû les tuer, après tout cela aurait été assez simple, pour peu que je les attrape un à un. Certes, je n'aimais pas ça, mais j'avais déjà eu à le faire. Si au début cela m'avait clairement écoeuré, maintenant je voyais plus cela comme un mal nécessaire. Il fallait le faire, donc je le faisais, c'est tout. Il ne servait à rien d'hésiter ou de croire qu'on pouvait tout régler pacifiquement. C'était eux ou moi. Cependant, notre temps ici était compté, je devais récupérer au plus vite les documents avant les assassins, quand bien même j'ignorais parfaitement de quoi cela pouvait-il bien parler.

Arrivé devant la porte, je remarquais que celle-ci était déjà ouverte et que le garde qui aurait dû être présent ne l'était pas. Sortant mes dagues, certain de ce qui m'attendait dedans, j'entrais à pas de loup dans la pièce, réussissant avec patience et prudence à faire une entrée silencieuse, laissant la porte entrouverte. Un homme était en face de moi, semblant occupé à lire quelque chose posée sur le bureau. Un coup d'oeil sur le coffre ouvert à ses côtés m'indiqua la nature de sa lecture. Manifestement, j'arrivais trop tard. L'assassin avait été plus rapide. J'en fus très vexé.
C'était la première fois que j'en voyais un. M. Stolenfield m'avait assuré que c'était eux, les commendataires du contrat qu'avait reçu Nick. C'était eux qui avaient donc causés la mort de tous mes amis. D'une certaine façon, je ne pouvais m'empêcher de les haïr, surtout quand mon tuteur ne ratait jamais une occasion d'attiser ma colère envers eux. Lui, je ne pouvais pas le haïr pour avoir tué mes amis après tout ce qu'il m'avait donné, alors que détester les assassins... Pour un inspirant Templier, cela semblait parfaitement légitime. Presque naturel.
Fort de cette conclusion, je sortis mes dagues, approchant à pas de loup. Cependant, mon ombre me trahit avant que je n'ai le temps de l'atteindre. Immédiatement, l'assassin esquiva par la droite alors que l'une de mes dagues s'enfonçait rageusement dans le magnifique bureau en acajou. Sortant sa lame secrète, mon adversaire se mit en position, prêt à parer la moindre attaque. Sa position était parfaite. Sa défense excellente. Je n'avais aucune chance contre lui, et plus le combat avançait, plus je m'en rendais compte. J'étais un novice, pas lui. Soudainement je regrettai de ne pas avoir été mieux formé au combat, alors que ma seconde dague m'était destituée, et que je tombais à terre après un coup de pied particulièrement rude dans les parties que, par chance, je n'avais pas. Certes, cela fut douloureux, mais bien moins que cela aurait dû l'être...

Mon ennemi hésita, puis rangea sa lame, éloignant la mienne d'un coup de pied rapide. Pourquoi m'épargnait-il? Je fronçai alors les sourcils, n'y comprenant plus rien. Son acte n'avait rien à voir avec ce que je me serais attendu d'un Assassin. Cependant, ma couardise restant la même, je ne fus pas assez téméraire pour l'inciter à changer d'avis, profitant de l'occasion pour m'éloigner sans me relever pour autant.

- Qui es-tu, petit?

Attendait-il vraiment une réponse? Que ce soit le cas ou non, je vis cela comme un moyen de diversion, lui lançant un regard noir, chargé d'une haine féroce, tout en essayant de me rapprocher du bureau, où ma première dague était toujours plantée.

- Qu'est-ce que cela changera, vous allez me tuer quand même, non?

- Je ne tue pas les gamins.

Rajouta-t-il avec mépris, alors que mon sang ne faisait qu'un tour devant ce mensonge éhonté. Crachant mon venin, je ne pus m'empêcher de répliquer avec haine, attrapant au même instant ma dague pour l'attaquer, me jetant sur lui telle une furie, toute peur oubliée.

- Non, vous les envoyez à la mort pour que quelqu'un d'autre s'en charge à votre place, bande de lâches!

J'étais tellement en colère que mon attaque fut négligé, mais surpris par mes paroles, l'assassin ne put l'esquiver et cette dernière lui entailla profondément le bras, alors qu'il reculait, soudainement bien proche du bureau, qu'il heurta. Avec un grognement, il contre-attaqua de nouveau, visant ma carotide. Je l'évitais de juste, sentant la chair de mon épaule accueillir douloureusement le métal alors qu'un gémissement m'échappait. Je m'éloignais prestement pour éviter une seconde attaque, ma dague toujours en main, mais mon second bras désormais hors d'état de nuire. Plus les secondes passaient, et plus la situation devenait critique. Quelques instants encore et probablement serais-je mort, me dis-je, alors que nous tournions l'un autour de l'autre, comme deux félins cherchant le bon angle pour attaquer.
Soudainement, je remarquais une ombre se faufilant par la porte toujours à demi-ouverte, et avant que je n'ai le temps de l'identifier, elle fondit dans le dos de mon adversaire, qui lui, ne la vit pas, ni ne l'entendit, ma respiration devenue laborieuse, étouffant les bruits de pas. Cela ne dura qu'un instant, alors qu'un hochet de surprise échappait à l'assassin, avant qu'il ne tombe en avant, s'écrasant au sol. Mort, un trou béant au cou. Et dire que cela aurait pu être moi. C'est avec un mélange d'admiration et de crainte prudente que je levais alors les yeux pour voir ma sauveuse (oui, une femme) ranger sa lame secrète dans la manche de sa robe après l'avoir préalablement essuyée avec un tissu.

- Manifestement, tu as encore beaucoup à apprendre.

Son sourire me laissa pantois. D'un signe de la tête, elle désigna mon épaule, alors qu'elle s'approchait du bureau, étalant les documents en les lisant distraitement.

- Bande-la au plus vite, si tu ne veux pas te vider de ton sang avant d'avoir le temps de trouver un médecin Et ne compte pas sur moi pour te porter si tu t'évanouis, c'est une toute nouvelle robe.

Ses paroles eurent au moins le mérite de me faire revenir à la réalité, aussi m'appliquais-je à déchirer la pauvre manche de ma veste de serveur, essayant comme je pouvais de bander ma plaie. Devant mon inefficacité croissante, l'inconnue finit par soupirer, enlevant ses gants de satin blanc pour venir le faire à ma place, me laissant le temps de remarque l'anneau de templier à son doigt. Elle était encore plus belle vue de près, avec ses longs cheveux d'or retenu en un élégant chignon et sa peau opaline. Une vraie poupée de cire, à la beauté aussi parfaite que mortelle. C'était typiquement le genre de femme se sachant belle, et n'hésitant pas à l'utiliser cela comme une arme.

- Qui êtes-vous?

C'est la seule chose que je trouvai à dire, alors que je refrénais une grimace, tandis qu'elle serrait mon bandage. Elle avait de la force, pour une femme si fine.

- Lawrence ne t'a jamais parlé de moi? Lui qui ne manque jamais une occasion pour se plaindre de ton inefficacité en ma présence, je suis vexée... Dit-elle en faisant la moue. Eh bien soit, je me présente : Edwina Taylor... Prochainement Stolenfield, d'ailleurs...

Devant mon regard ahuri et le silence allant avec, elle soupira de nouveau, déçue.

- Tu n'es pas une flèche, toi, hum? Quoi qu'il en soit, Lawrence s'inquiétait, à juste titre, de ne pas te voir revenir, fit-elle en désignant le cadavre à nos côtés, tout en allant prendre les documents, les cachant sous sa robe sans la moindre gêne. Il aurait voulu venir lui-même mais Lord Beckett ne semblait pas décidé à le laisser partir. Qu'est-ce que cet homme peut être d'un ennui quand il commence à parler. J'ai donc vu là une occasion parfaite de m'éclipser Oh, et de te rencontrer, aussi... Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre son futur beau-fils.

Mettez cela sur la perte de sang, si vous voulez, mais il me fallut bien quelque instant pour comprendre qui se trouvait réellement devant moi. Edwina Taylor, la cavalière de mon tuteur, et l'une des rares femme Templiere dont j'avais entendu parler. Ses fiançailles avec M. Stolenfield avait eu lieu il y a un an de cela, je m'en rappelais, car ce jour-là, notre demeure, d'habitude résolument vide, avait été bondé de Templiers en tout genre, je n'en avais jamais vu autant.
Edwina était incroyablement jeune. Si M. Stolenfield avait déjà une fraîche quarantaine, la jeune femme semblait tout au plus avoir une mure vingtaine... Je présumais alors qu'il y avait sous ces fiançailles bien plus qu'une quelconque amourette. D'ailleurs, j'imaginais très mal M. Stolenfield capable de quelques sentiments amoureux que ce soit. Cet homme était aussi froid qu'un vent d'hiver, pour avoir vécu plus de dix ans avec, je pouvais le dire avec certitude.

- Mademoiselle Taylor... Commençais-je avant d'être coupé.

- Appelle-moi belle-maman, dit-elle sarcastiquement, tout en remettant ses gants (après avoir préalablement essuyé ses mains sur ma veste sans la moindre gêne). Bien, il me tarde de faire plus ample connaissance avec toi, Daniel, mais je doute que ce soit le meilleur moment pour cela. Je vais retourner auprès de mon cher et tendre, quant à toi, débrouille toi pour sortir d'ici sans te faire prendre. Elle tapota alors mon épaule valide, je t'ai mâché le travail, ça devrait aller... Ah! Une dernière chose. D'un coup de pied, elle retourna le cadavre. Récupère sa lame, je t'apprendrai à l'utiliser correctement.

Et sur ses mots, elle quitta la pièce comme elle était venu, laissant une délicieuse odeur de cannelle se mélanger à celle lourde et écœurante du sang. Avec un soupir lasse, je pris quand même la peine d'enlever sa lame secrète à mon assaillant, avant de quitter la pièce. L'arme en elle-même était assez simple, sans fioriture ni signe distinctif, aussi vins-je même à me demander si cette personne était vraiment un Assassin. Je cherchai alors quelque chose me prouvant son appartenance au groupuscule, mais je ne trouvais rien, ce qui me laissa dans une incompréhension des plus totale...

Quittant la pièce, je fus surpris par le silence des lieux. A mon arrivée, il y avait eu plus de bruit que cela. Discrètement, j'avançai jusqu'au premier garde, avant de me rendre compte de l'évidence: Miss Taylor avait tout simplement fait le ménage à ma place. Il ne restait plus un seul homme vivant. La plupart semblait juste assis, assoupis à même le sol, tandis que d'autre étaient tout simplement introuvables. Néanmoins, je n'avais pas le temps de jouer à cache-cache avec des cadavres alors que je me vidais de mon sang, aussi quittais-je rapidement les lieux par les toits, disparaissant dans la nuit.

Je fus sévèrement réprimandé pour mon échec, mais M. Stolenfield n'eut pas le plaisir de me punir comme bon lui aurait semblé, car Miss Taylor m'enleva alors que j'étais à peine rétablie de ma blessure, m'amenant avec elle en Irlande. Je ne sais ce qu'elle avait négocié, ni comment elle avait fait, mais elle avait tout simplement réussit l'impossible: convaincre M. Stolenfield de me laisser partir avec elle jusqu'à leur mariage, prétextant qu'elle avait bien plus à m'apprendre que lui, et qui lui tardait de faire la connaissance de son futur beau-fils.
Ce qui fut le cas.

Avec M. Stolenfiled, j'avais appris à espionner, tuer et voler. Avec Edwina, j'appris à me cacher tout en étant parfaitement visible. Plus que personne, elle m'apprit l'art des déguisements, et à quel point l'apparence et l'attitude pouvaient être important, dans un rôle. J'appris que le moindre petit détail pouvait jouer en ma faveur, ou au contraire me trahir. Pour mettre ses enseignements en pratique, le jour de leur mariage, je viens déguisé en femme, et pas une seule fois M. Stolenfield ne me reconnut (Je n'eus jamais eu autant de sueur froide que ce jour-là), tandis que je passais la journée à le fuir.
Edwina savait. Je ne sais comment, mais elle savait parfaitement ce que j'étais. Je démentis bien quelques temps, ce qui l'agaça suffisamment pour qu'elle décide me mettre dans une situation assez compromettante, m'obligeant à finalement reconnaître qu'elle avait raison au risque d'être dans une situation on ne peut plus humiliante. Ce n'est pas pour rien qu'elle fut mon meilleur professeur pour jouer la comédie, cette femme était un démon, à ses côtés je vis le diable jurer devant dieu, imiter la voix de l'ange, conter la bienveillance pour justifier sa soif de sang. Terrifiante. Et pourtant captivante. Je me surpris alors à la prendre pour modèle.

D'ailleurs, comme elle me l'avais promis, j'appris auprès d'Edwina à manier ma nouvelle lame secrète En soit, le mécanisme était assez simple, le plus dur résidant dans le fait de viser les bons points et ainsi tuer rapidement, voir instantanément sa cible. Il me fallut quelques mois pour apprendre, bien malgré moi, à tous les connaître par cœur.
Finalement, je restai plus longtemps que prévu avec Edwina, avec qui j'appris à comprendre un peu mieux la partie de moi que je rejetais depuis fort longtemps. Elle m'apprit comment l'utiliser à bonne escient, tandis que je perfectionnais jour après jour mon art de déguisement, tant et si bien que je fus assez vite capable de tout jouer, homme comme femme, riche comme mendiant, ce qui fut d'une utilité capital dans mes missions d'infiltration, tout comme de vole. Je pris vite goût à la lame secrète, qui demandait bien souvent moins d'effort à cacher que mes deux dagues, et bien vite, je pris aussi l'habitude de toujours jouer un rôle, ne sortant que rarement sous les traits de ''Daniel'', alors que je multipliais les rôles et les genres.

C'était étrange. Avec M. Stolenfield j'avais appris par la force, suivant la voie des Templiers par obligation plus que par choix, mais avec Edwina et bien... Je me sentais bien. A ma place. J'avais enfin les cartes qu'il m'avait manquées en main. Je me sentais complet, alors que je jouais le rôle d'un autre. Pire, j'y prenais plaisir, inventant toujours plus d'histoire, peaufinant mes personnages jusqu'à leur donner un caractère propre.
Je m'amuse, aujourd'hui encore, de la crédulité des autres. J'aime les voir boire à pleine gorgé les mensonges que je leur sers. J'aime voir ce manque de vigilance dans leurs yeux, cela apaise ma propre méfiance à leur égard. Ils ne se méfient pas de moi, ne me voit pas, alors que je suis là, sous leurs yeux. Parfaitement grisant.C'est comme avoir une sorte de pouvoir sur les autres, alors que je les entraîne dans mes mensonges sans qu'ils ne se doutent de rien, tandis qu'ils coulent, le sourire aux lèvres...

J'avais trouvé la voie que je voulais suivre. Je ne me sentais plus comme un canard boiteux, suivant maladroitement une voie qui n'était pas la sienne. Grâce à Edwina, j'avais trouvé le parfait compromit pour prendre plaisir à ce que je faisais tout en répondant aux attentes de M. Stolenfield. Aujourd'hui encore, je le remercie pour cela. Je sais qu'un jour, elle me donnera l'occasion de lui rendre la pareille. Si j'ai bien compris une chose chez les Templiers, c'est que rien ne se fait sans rien. Il n'y a pas d'altruisme, juste des charges de revanche. Et c'est probablement mieux ainsi. Il n'y a pas à se sentir coupable d'une reconnaissance qu'on ne veut pas, puisqu'on sait qu'un jour ou l'autre, on nous donnera l'occasion d'être à notre tour utile à la cause.
Il y a quelque chose de presque beau, là-dedans.

Cinq ans plus tard, et du jour au lendemain, je fus de nouveau rappelé en Angleterre par M. Stolenfield. Je ne m'étais pas attendu à des retrouvailles chaleureuses, certes, connaissant la bête, mais au moins à un regard. A un sourire. C'est à peine s'il prit la peine de m'adresser un signe de tête à mon arrivée, ne levant pas la tête de sa lecture, que j'imagine, devait être capitale. Bien que vexé, j'en restais pas moins poli, allant me placer près de la fenêtre, comme à mon habitude, les mains dans le dos.

- Monsieur. Fis-je pour seul salut, admirant le jardin dans lequel j'avais grandi. Dix ans s'étaient écoulés, depuis cette fameuse nuit...

- Tu pars pour l'Amérique dès demain . Fit-il de but en blanc, sans même prendre la peine de lever les yeux de sa feuille, alors que je me retournais, surpris.

- Pardons?

- Les révoltes grondent dans tout le pays, et j'ignore la démarche qu'on décidés de suivre nos frères, mais tes talents leur seront probablement utile. Edwina n'a plus rien à t'apprendre, de plus, je n'imagine pas meilleur contexte pour achever ta formation. Je veux évidemment un rapport détaillé tous les mois. Je les ai déjà prévenu de ton arrivée. Tu pars part à huit heures, inutile de défaire tes valises.

- Évidemment. Autre chose?

- Non, tu peux disposer.

Acquiesçant, je quittai la pièce. L'Amérique, hum? Sur le moment, il me tardait de découvrir ce qu'avait à m'offrir ce nouveau continent, mais après quelques jours en mer, j'en viens à maudire tous les Templiers sur six générations. Il avait évidemment fallut que je sois pris du mal de mers, ce qui me garda cloîtré au lit les premiers jours de mon voyage, et quand je pu enfin me déplacer correctement, je fis la rencontre d'une jeune femme, Cécilia, d'une bêtise tout à fait remarquable, s'émerveillant de tout et n'importe quoi d'une voix criarde, rajoutant à mon mal de merveilleuses migraines dont je me serais bien passé. Hélas, mon rôle, Harry Williams, est celui d'un jeune homme un peu timide, mais d'un gentillesse rare, se montrant affable et poli avec tout le monde. Et pourtant, dieu seul sait à quel point j'ai longuement hésité, une ou deux fois, à jeter Mademoiselle Cécilia à la mer...
Quoi qu'il en soit, ma peine arrive à son terme, dans quelques instants, nous accosterons, j'entends d'ici et là les brouhaha excités des passagers et celui lointain de la ville. Il me faut donc clore mon récit ici.
Je ne sais ce qui m'attends, mais quoi qu'il arrive, je ne trahirai pas ma promesse. Je ferai tout pour être utile. Indispensable, même.
Pour l'Ordre. »


Harry! Harry, hâtez-vous!

-J'arrive Miss Cécilia.

Avec un soupir, la travestie ferma son journal, se levant enfin de sa chaise, tandis qu'elle rangeait le tout dans sa malle. Miss Cécilia arriva un instant après, toujours pleine de vie et sautillante presque, accompagnée de sa pale amie, Rose-Marie, qui semblait sur le point de rendre l'âme. Daniel, ou plutôt Harry, en bon gentleman, lui proposa son bras pour l'aider à rejoindre la passerelle, ce qu'elle accepta avec un petit sourire reconnaissant.
La lumière du jour fut presque trop éblouissante pour Daniel, après des jours à se terrer dans sa cabine, aussi passa-t-elle une main au-dessus de ses yeux pour amoindrir les rayons qui l'assaillaient, tandis que Rose-Marie disparaissait sous son ombrelle. Seul Cécilia, toujours joyeuse pour trois, sautait de partout, faisant des grands signes à tout le monde, s'extasiant sur un morceau de mers.

- J'envie son enthousiasme, fit Rose-Marie, en regardant son amie s'extasier devant la vue de Boston, pour ma part, je me sens un peu fébrile. C'est une nouvelle vie qui commence. Nous avons tout quitté pour venir vivre ici. Certes, il y a en cela à quelque chose d'excitant, mais aussi d'inquiétant... Ne trouvez-vous pas Monsieur Williams?

- En effet, Miss Swan.

Une nouvelle vie, hum? Cette idée avait quelque chose de plaisant. Presque grisant...
Et il lui tardait qu'elle commence.



Dernière édition par Daniel Stolenfield le Ven 15 Fév - 12:14, édité 7 fois
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Daniel Stolenfield
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MessageSujet: Re: Daniel Stolenfield Jeu 7 Fév - 13:21


Armes :
Mekare - rang 2 (dague) - + 10% de dégâts
Maharet - rang 2 (dague) - + 10% de dégâts
Spoiler:
 

Citation :
Combo à la dague (petites armes)
La jeune Templière bien que préférant éviter le combat car sachant qu'elle serait désavantagée n'en reste pas moins une Templière entrainée aux armes pendant de longues années. Ainsi elle parvient à effectuer des combos avec ses deux dagues que même les meilleurs soldats peuvent redouter.
Coûte 50 NRJ
Inflige 75 PV
Citation :
Petits couteaux de lancé (petites armes)
Dan maitrisant les petites lames à la perfection peut également utiliser de petits couteaux qu'elle lance sur son adversaires lui infligeant au passage un nombre de dégâts proportionnel au nombre de couteaux qu'elle lance.
Coûte entre 0 et 100 NRJ
Inflige 100 PV en plus que l'énergie
Citation :
Dague empoisonnée (petite arme)
A côté de son poison paralysant Dan possède également d'autres poissons dont un qui permet de provoquer des douleurs atroces chez quelqu'un contaminé par ce poisson. Ainsi, elle utilise sa deuxième dague qu'elle imprègne de ce même poison avant de trancher son ennemi le contaminant par la même occasion.
Coûte 75 NRJ
Inflige 100 PV et 25 PV/3 tours


Citation :
Fumigène (autre)
La Templière lance au cours de cette technique un fumigène dans le but d'aveugler ses adversaires dans le but d'éviter une attaque ou bien de les prendre par surprise.
Coûte 100 NRJ
Permet d'esquiver une technique (sauf inesquivable)
ou
Donne +1 action inesquivable
Citation :
Parade et riposte à la dague (petite arme)
Dan au cours de cette technique pare une attaque de son adversaire réduisant ainsi les dégâts qu'elle aurait dû subir. De plus elle profite ensuite de cette parade pour riposter immédiatement infligeant quelques dégâts à son ennemi.
Coûte 200 NRJ
Divise une attaque ennemie par deux
Inflige 150 PV
Citation :
Multifacette (autre)
Grâce à ses talents dans le déguisement et sa facilité à se travestir, Daniel peut passer d'un déguisement à l'autre sans le moindre problème et rapidement. Ce qui lui permet de passer bien souvent inaperçue au yeux de ses ennemis.

Hors combat :
Coûte 100 NRJ
Permet de changer de déguisement à tout moment, redevenant incognito et redonnant un poste indétectable (détectable par grade rang 9-10) en plus.
Citation :
Déplacement rapide (autre)
La jeune Templière étant une spécialiste dans la fuite, elle a apprit à quitter un endroit pour se rendre à un autre avec une rapidité redoutable. Par ailleurs elle peut aussi guider jusqu'à deux personnes avec elle à travers tout ses passages secrets et autres.

Hors combat:
Coûte 50 NRJ + 10 NRJ par personne supplémentaire (max 2)
Permet de rejoindre en un clin d'oeil les portes d'une ville au choix ou un lieu de la Frontière au choix.


Citation :
L'art de l'esquive (autre)
Dan a fait de l'esquive son plan numéro un en cas de combat depuis désormais bien longtemps. Cela lui permet donc d'éviter en partie même des attaques pourtant inesquivable grâce à différente méthode comme la dissimulation, la fuite ou même l'agilité tout simplement.
Coûte 150 NRJ
Permet d'esquiver une technique ou de diviser par deux une attaque.
Donne une action en plus.
Citation :
Poison paralysant (petite arme)
Dan de par sa faiblesse au combat a aussi développé des techniques visant à ralentir son adversaire pour ensuite mieux l'attaquer ce qui augmente grandement ses chances de victoire. Ainsi elle utilise une dague imprégnée d'un poison paralysant qui affecte l'adversaire une fois blessé par cette fameuse dague.
Coûte 250 NRJ
Inflige 300 PV et - 1 action
Octroi + 50 PV aux attaques pendant 2 tours
Citation :
La défense pour la survie (autre)
Dan mise dans ses combats dans une bonne défense afin de prendre l'avantage sur ses adversaires. Ainsi elle parvient toujours à contrer une partie des attaques qu'elle reçoit tout en s'aidant de tout ce qu'elle peut trouver dans le but de se défendre. Quand elle est de la sorte en mode « défense » rien ou presque ne peut l'atteindre.
Coûte 250 NRJ à l'activation et 100 NRJ/tours
Attaques ennemies - 100 PV/3 tours
Citation :
Mes amis les voleurs (autre - petite arme)
Dan au cours de cette technique commence tout d'abord par attaquer son ennemi à l'aide de ses dagues lui infligeant de la telle sorte quelques dégâts. Ensuite elle fait appel à un groupe d'enfant voleurs qui s'occupent de retenir l'adversaire le temps qu'elle réattaque de nouveau.
Coûte 300 NRJ
Inflige 450 PV
Donne + 1 action
Citation :
Disparition dans la foule (autre - petites armes)
Dan utilise la foule pour disparaitre grâce à son petit gabarit et à son agilité. Une fois que son ennemi l'a perdue de vue, elle surgit alors derrière ce dernier, dagues en mains, pour les planter dans son dos et lui infliger de lourds dommages. De plus grâce à cette manœuvre elle parvint à prendre de court son ennemi.
Coûte 350 NRJ
Inflige 600 PV et - 1 action.
Inesquivable
(Nécessite la présence d'une foule non loin)


Citation :
Ne jamais sous estimer son adversaire (petites armes)
Dan semble faible au combat et cela bien qu'étant en partie vrai causa la perte de nombreux soldats. En effet, ne se tenant pas sur leurs gardes, la jeune Templière aux allures de garçon arriva à les désarmer grâce à ses dagues avant d'utiliser celles-ci pour leur infliger quelques blessures.
Coûte 450 NRJ
Inflige 700 PV et - 1 action
Inesquivable
Citation :
Solidarité (autre)
Grâce à tous les contacts que la jeune femme a réussit à avoir dans le milieu du vol et du banditisme elle peut appeler à tout moment du renfort afin de cerner son adversaire qui doit affronter des ennemis en plus.
Coûte 500 NRJ
« Invoque » un groupe d'ennemi ayant 1000 PV de vie et infligeant 300 PV/tours.
Citation :
Attaque assassine à la lame secrète (lame secrète)
Dan, entrainée à l'art de la lame secrète et donc de l'assassinat par Edwina, attaque bien souvent au moment où on ne l'attend pas en enfonçant cette même lame dans un endroit vital de préférence.

Hors combat :
Permet d'assassiner les petits PNJ jusqu'au rang 4 inclu.

En combat :
Coûte 650 NRJ
Inflige 900 PV
Inesquivable, inaltérable, indivisible
Citation :
L'agilité et la rapidité peuvent tout changer (autre)
La Templière, étant très agile et rapide, elle parvient à utiliser ses avantages dans le but de réduire fortement les dégâts qu'elle reçoit en évitant une partie des attaques mais ainsi dans le but d'améliorer ses propres attaques puisse qu'elles deviennent plus précises et meurtrière.
Coûte 500 NRJ à l'activation et 100 NRJ/tours
Dégâts infligés + 250 PV
Attaques ennemies - 100 PV


Citation :
Choisir le bon moment (autre)
La jeune Templière étant devenue une véritable pro dans les techniques d'assassinat il n'est pas rare qu'elle utilise différents stratagèmes pour blesser le plus possible son adversaire avant de l'attaquer. Une telle méthode nécessite cependant bien souvent une grande préparation

Hors combat :
Coûte 500 NRJ et nécessite 50 lignes d'explication
Inflige 1500 PV
Inesquivable, inaltérable et indivisible.
Lance le combat
Citation :
La mort au bout des lames (petites armes - autre - lame secrète)
La Templière, au cours de cette technique, met un peu près tout ce qu'elle appris grâce à ses deux mentors en œuvre afin de porter un coup fatal à son ennemi. Utilisant d'abord un combo avec ses dagues déstabilisant son ennemi, elle lui injecte ensuite un poison le paralysant pendant un court laps de temps bien assez suffisant pour qu'elle termine en plantant sa lame secrète dans une zone vitale de son adversaire.
Coûte 800 NRJ
Inflige 1300 PV et - 1 action
Inesquivable, inaltérable, indivisible

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Haytham Kenway
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MessageSujet: Re: Daniel Stolenfield Lun 4 Mar - 15:34

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