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Premier étage, rassemblement des démons.

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Hisashi McAry
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MessageSujet: Premier étage, rassemblement des démons. Mer 3 Avr - 1:07

Sans un bruit, sans un regard, le Commandant Suprême était monté à l'étage dans un grand silence. Ses pensées étaient libres, ou plutôt inexistantes puisqu'il s'étonnait à ne penser à rien, en cet instant. Il était de ces moments où l'on voyait le temps se suspendre, les gens ralentir considérablement sans qu'on ne puisse penser à rien, le vide absolu, la décompression la plus totale. Après sa discussion avec le jeune amérindien, il s'était simplement détendu pour tenter de monter l'étage tranquillement, paisiblement, comme si son bon jour n'avait pas été terni par un imbécile en manque d'adrénaline. Au fond de lui, il savait comment étaient ses hommes pour les connaître depuis un certain temps. Les mercenaires étaient tous avides de missions, certains le contenaient mieux que d'autres mais il ne pouvait s'empêcher d'espérer un peu de paix, de tranquillité. Dans sa jeunesse, il avait vécut auprès de ses parents dans une maison traditionnelle : portes coulissantes avec de fines parties présentes pour ne retenir que le vent, jardin en fleur avec un petit coin d'eau pour quelques poissons bien heureux, il avait grandit dans un environnement plutôt serein malgré les fonctions de son père en tant que samouraï du Seigneur Féodal, ou plutôt d'un dictateur. Les anglais avaient beau se plaindre du Roi d'Angleterre, ils ne connaissaient rien des Seigneurs Féodaux du Japon. Ils étaient capricieux, autoritaires, sadiques et vicieux, du moins la plupart. Très peu étaient à leur poste pour être clément, compatissant, en somme tout ce qu'on attend d'un dirigeant pour faire court et, dans son pays natal, les hommes qui n'obéissaient pas à ces demi-démons étaient considérés comme des ennemis. Les uns se voyaient exécutés, les autres se tuaient par honte, pour un honneur perdu mais, le pire, c'était sans aucun doute ceux qui tuaient leur famille avant eux pour leur éviter de porter cette même honte. Se plaindre d'un roi un peu exigeant? Ils n'en avaient pas vraiment le droit, mais tel était leur combat. D'ailleurs, le Massacre de Boston avait intrigué le japonais. Il était présent, ce jour-là, dans l'ombre de l'angle d'une ruelle en train de regarder les choses. Grâce à son éducation, il avait apprit à ne pas regarder le lapin qui court mais à porter son attention sur l'aigle qui attaque. Alors, cette journée-ci, il avait remarqué le Grand Master des templiers dont l'identité était connu des plusieurs mercenaires, ainsi que Charles Lee. Ces deux-là faisaient l'office d'un avis de recherche extrêmement spécial puisque seuls les trois plus puissants de l'ordre pouvaient tenter leur chance, enfin la chose ne les intéressait pas vraiment apparemment... C'était assez étrange de leur part mais ils devaient pré-sentir que ce combat ne leur appartenait pas ou, simplement, ils se sentaient ennuyés à l'idée d'un tel combat ce qui semblait même plus probable.

Enfin bon, une fois arrivé en haut il se mit à tapoter l'épaule de son fameux tigre, puis il se détourna pour trouver son coin à lui. Une personne était assise à sa place mais, vu ses formes, cela ne le dérangeait pas plus que cela. Hisashi était ainsi, il passait d'une femme à l'autre sans forcément poser une main — délicate bien entendu — sur elle. Il aimait flirter sans conséquence, c'était un véritable jeu pour lui. C'était un homme à femmes mais il regardait bien plus qu'il ne touchait ou il serait coincé dans son lit à chaque heure du jour et de la nuit. Et, à présent, il pouvait admirer les formes d'une certaine Erza Scarlet, dit Titania. C'était la femme la plus puissante de son cortège et elle se plaçait même dans son top trois : à ne pas croire qu'elle n'y était que pour sa beauté. C'était... Titania. Une femme d'une puissance incroyable qui terrassait ses adversaires en si peu de temps qu'il n'avait que quelques secondes pour prononcer son surnom. Celui-ci lui venait néanmoins d'un autre facteur puisqu'elle portait la quasi-totalité du temps une armure. Certains disaient qu'elle n'aimait pas voir son sang couler, d'autres qu'elle était au fond très peureuse mais son supérieur pensait surtout à l'amour, comme si elle voulait se protéger des hommes qu'elle prenait plaisir à tuer par ailleurs. Un côté romantique du McAry se plaisait à penser cela sans qu'il ne lui ait jamais demander, ni lui ni un autre. Sa prime n'était pas si élevée pour rien, une femme valant dix milles livres, ça ne courrait pas les rues. De toute façon, elle ne lui faisait pas si peur alors il vint s'assoir là où elle se trouvait — elle avait eu la gentillesse de lui laisser sa place.


- Erza-san, cela fait un certain temps que je ne t'avais plus revu. Qu'est-ce qui a bien pu te retenir autant, c'est une bonne question. Tu ne sembles pas femme à hommes, ni rattaché à une famille encore vivante. Tes missions sont toujours effectuées avec succès et elles ne te prennent jamais plus d'une semaine. Cette fois, tu as été absente... quasiment un mois, n'est-ce pas? Veux-tu me conter ton aventure?

La jeune femme était neutre, sans aucune expression qui aurait trahit la vérité. Depuis de longues années elle avait apprit à ne laisser aucun sentiment paraître dans son visage, elle s'y refusait. Cette décision avait d'ailleurs été prise après qu'elle eut discuté avec Hisashi d'un ses ses combats. Elle avait perdu, pour le première fois depuis cinq ans contre une femme de l'ordre des templiers. Elle avait voulut comprendre son erreur et demander un instant de réflexion avec son mentor. Celui-ci lui avait dit qu'elle était telle une vitre. Dans ses yeux, son adversaire pouvait admirer son sentiment le plus profond et savoir quand attaquer. Au début de ses combats, le commandant avait déterminer qu'elle était toujours très motivée, sûre d'elle, prête à tuer des dizaines de ses ennemis. Mais, si son adversaire résistait plus longtemps que son surnom, elle perdait doucement cette lueur pour la remplacer par le doute, la crainte, la peur. Son adversaire le voyait, il savait alors quand attaquer, comment et où. Ses yeux étaient une vitre dont l'arrière plan était son cœur, ses sentiments. Ce jour-là, elle était simplement tomber sur une femme capable de le voir aussi. Ce fut un déclencheur.

- Allons, Erza-san. Ce n'est pas parce que nous avons eu cette discussion que tu dois te fermer complètement. Souviens-toi que même la meilleure défense aura toujours une faiblesse. Je sais, tu aimerais ne pas en avoir mais quoi que tu fasses elle sera toujours là. Il suffirait pour ton ennemi de trouver le bon moment, le bon endroit, comme cette femme l'a fait il y a des années de cela. Et, comme je te le redis sans cesse, tu n'as rien à craindre de moi alors dévoiles-les, montres-les moi, tes sentiments. Tu sais que je les apprécie.

Comme un souvenir revenu de loin, elle semblait se détendre face à une vision merveilleuse. Elle était imprégnée des paroles de son mentor. Elle se souvenait qu'il avait toujours été présent pour elle sans jamais se défiler devant ses actes malgré qu'elle ait tué devant lui une vingtaine d'hommes par caprice, ou du moins l'envie de se mesurer à eux. Hisashi avait toujours été là pour l'épauler, tel un bienfaiteur. En vérité, il avait ce rôle avec beaucoup des membres de son élite si ce n'était pas tous.

- Peux-tu me dire à présent?

La jeune femme se mit à lui sourire, elle semblait enclins à lui parler, finalement. Elle prit une gorgée d'un verre d'eau de la table devant elle, puis elle se mit à discuter comme si les mercenaires autours d'elle n'existait pas.


Et puis, avant même qu'elle n'ouvre la bouche, son regard devint flamboyant, animé par une rage féroce comme si elle était prête à lui bondir dessus pour l'achever, telle une lionne attendant depuis longtemps sa proie, il crut comprendre mais il voulait l'entendre de sa propre bouche.

- Je l'ai enfin tuée... Hisashi-sama. J'ai enfin pris ma revanche sur celle qui fut ma seule défaite en dix ans. Cela faisait cinq ans que je n'avais pas perdu et elle avait réussi. Cela fait fait cinq ans que je n'ai pas perdu de nouveau et, comme un anniversaire, je me suis vengée. Je l'ai tuée.

Avec un regard protecteur, tendre, le jeune homme la regardait. Il lui fit un petit sourire, comme pour la féliciter avant qu'il n'ouvre la bouche. Elle avait mit longtemps à se sentir prête, à retrouver le courage de se tenir face à celle qui l'avait tenu en déroute mais elle avait enfin réussi. C'était une bonne chose.

- Je suis fier de toi, Erza-san. Qui sait attendre verra toujours l'étoile filante passer. Tu as su attendre, te préparer pour saisir ta chance et accomplir ce miracle. Mais, tu as fais mieux. Tu as rendu ce miracle possible autant de fois que tu le désirais car, maintenant, tu es prête pour ce genre d'adversaire. Tu peux être fier de toi.

D'un regard presque paternel, il en oubliait presque ses courbes généreuses. Elle était fragile dans la défaite, puissante dans la victoire et imbattable dans la vengeance. Son adversaire n'avait autrefois pas voulu l'éliminer à cause de son âge et, maintenant, elle n'avait plus le loisir de le regretter. Tout ceux connaissant le nom de Titania savait qu'on ne devait jamais la laisser en vie si on arrivait à la vaincre et, maintenant, la chose était confirmée de nouveau. Elle se mit alors près de son mentor et posant la tête sur son torse, elle versait une larme de joie. Après un mois de préparation, de recherche, de combat, elle était revenue en étant prête sentimentalement à dévoiler cette partie d'elle. Le commandant suprême était fier d'elle, tout comme le reste du cortège qui l'avait sans doute écouter dans un silence respectueux de sa grandeur.

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Hisashi McAry
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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Jeu 4 Avr - 1:07

La jeune femme sur son torse, il observait le reste de ses hommes et femmes qui n'obéissaient qu'à lui, ou presque. Dans la hiérarchie de l'ordre, chacun devait écouter les commandants de celui qui était gradé plus haut même si cela ne s'appliquait qu'au premier étage. Un homme au-rez-de-chaussé n'était pas tenu d'écouter ceux qui étaient au même niveau que lui, pas même s'ils étaient plus puissants, néanmoins il devait écouter tout ceux du premier étage. Si le centième lui donnait un ordre, il devait l'exécuter comme si Hisashi lui-même lui avait donner cet ordre. Toutefois, si le huitième par exemple passait après pour lui donner un nouvel ordre, il devait écouter le plus haut gradé des deux en priorité. Il arrivait ainsi que plusieurs hauts gradés donnent une multitude d'ordres à une seule personne et, dans le cas où ils se contredisaient, il pouvait demander une audience auprès du Commandant Suprême afin d'obtenir un ordre clair et ne rien se reprocher. Cela était arrivé une dizaine de fois, tout au plus, depuis qu'il était à la tête de ce fameux cortège des cents démons. Auprès de lui, ils avaient apprit que la politesse et le respect de l'autre était important alors chacun tentait de respecter les ordres des autres même si parfois cela ne fonctionnait pas. Par ailleurs, en les observant on pouvait deviner cet aspect hiérarchique. Le centième changeait souvent car ceux du rez-de-chaussé étaient impatients de monter à l'étage et défiait sans cesse les dix derniers, notamment le centième. Un certain bizutage était visible ou l'on voyait les plus gradés le traiter comme un servant. Bières, femmes, missions, beaucoup de choses étaient demander à ce malheureux jusqu'à ce qu'il ait atteint ses deux mois — maximum imposé par le japonais pour ne pas trop pousser le harcèlement moral. Les plus chanceux y arrivaient avant d'être vaincu et pouvant vivre un peu paix en suite. Tandis que les uns étaient morts une semaine après leur libération, d'autres avaient survécu et progressaient pour échapper aux nombreux défis du centième. Au final, on considérait ce rang comme maudit ce qui ne devait pas être très loin de la vérité.

Et puis, dans tout ça on pouvait deviner les plus gradés. On ne les regardait que peu pour ne pas trop les offenser — à moins d'être amis avec eux — ou qu'ils aient envie de commencer un nouveau bizutage. Erza Scarlet, elle, n'était que peu regardée. Elle était respectée mais surtout très crains et, autant le dire, elle avait peu d'amis. Les seuls qu'elle considérait ainsi devaient être ceux du top dix, plus ou moins. Elle se plaçait au troisième rang, une place lui allant très bien. Si le jeune homme devait faire des mathématiques, il pourrait dire que la différence entre chaque évoluait doucement jusqu'à devenir exponentielle. Le centième était proche du quatre-vingtième en un sens mais, le quatrième était loin du troisième. La troisième était assez loin du deuxième et lui-même était assez loin du premier. Enfin, dans un jugement partial on pourrait dire que personne ne valait le premier ni même pourrait l'espérer. La différence était énorme, il maîtrisait toutes les armes qui avaient pu un jour lui passer sous la main, tout les styles de combats à mains nues qu'il avait pu voir et souhaiter copier. C'était le meilleur mercenaire, un homme à qui l'on pourrait confier la relève en cas de problème. Au-delà de tout les mercenaires sous le commandement de Hisashi, c'était le plus noble, le plus charismatique, le plus respecté, le plus humble et le plus... joyeux de tous. Il ne cessait de s'amuser avec tout le monde et n'ordonnait que très peu de choses. Il était le bras droit et le meilleur ami du Commandant Suprême, son meilleur atout aussi. Les deux hommes s'appréciaient et se complétaient, on pouvait dire que les voir combattre ensemble était comme de voir le ciel perdre tout ses étoiles en même temps : éblouissant.

Malheureusement, il n'était pas souvent présent. Il partait pour de très longues missions la plupart du temps car il appréciait les voyages. Son ami l'avait toujours soupçonné de profiter de ses missions au loin pour avoir un peu de vacances en même temps. Cinq jours de travail, cinq jours de vacances. C'est sans doute ce qui lui ressemblait le plus. Et puis, ce jour-là, il rentrait enfin. Il poussait la porte du rez-de-chaussé menant au bar public et, une fois fermée, il se mit à crier.


- Hisashi !!! Où es-tu mon ami !!

Bien entendu, tout les regards se tournèrent vers lui. Certains repensaient au jeune indien et crurent devoir, cette fois, sortir les armes. Mais au moment même où ils tournèrent le regard, ils auraient plutôt tout donner pour être un rat pouvant s'enfuir par un petit trou le plus loin d'ici, que de se confronter à lui. D'ailleurs, il se mettait déjà en marche en demandant un Whisky d'un signe de main.

- Allons, allons... Je suis sûr que tu m'as entendu. Mais d'accord, je monte. C'est un peu impoli de ta part de ne pas venir me dire bonjour, mais tu dois être occupé. Ne me dis pas que c'est encore avec elle?! Je t'ai déjà dis qu'elle n'était pas assez féminine pour toi ! Mais tu n'en fais qu'à ta tête bien sûr...

Sur son passage, une table le gênait et il crut bon de dégainer pour la fendre en deux. Finalement elle lui ouvrait un beau passage. Il était vraiment du genre à ne se soucier de rien. Si une chose le gênait, il la détruisait, que ce soit un homme ou un objet. Le premier réflexe des mercenaires étaient toujours de se mettre à l'écart pour lui faire un beau passage vers le bar et l'escalier. Mais, il savait que son ami n'aimait pas que l'on crie à moins qu'une guerre n'éclate devant le repaire. Sa seconde intervention se fit donc à son que l'on pourrait dire normal. Il savait qu'il n'avait sûrement pas entendu mais, qu'importait, il avait sûrement deviner ce qu'il dirait. En prenant son verre, il montait donc au premier étage pendant que tout le monde se remettait d'une telle entrée en bas. Un instant plus tard, il pouvait voir le japonais assis en compagnie de la troisième. Le maître des lieux sourit, il n'avait guère changé.


Gildartz Clive, mercenaire du cortège des cents démons étant placé comme le plus puissant de celui-ci. C'était un homme aux cheveux roux d'une trentaine d'années même si sa barbe le laissait paraître plus vieux. Il avait accompli d’innombrables missions dans des régions aussi lointaines que variées. Il avait fait plusieurs voyages environ quatre voyages vers l'Europe, dont un en Angleterre. Il avait été aussi en Italie pour en découvrir plus sur un assassin légendaire qui, disait-il le fascinait, mais aussi afin d'accomplir une mission en soutient pour l'ordre là-bas. Il avait été en France où il avait tué un noble de la famille royale puis finalement, en Espagne où il avait soutenu la cause des mercenaires. En fait, il était recherché sur deux continents en comptant l'Amérique. Une fois, il avait voulu se rendre au Japon mais le voyage s'annonçait si long qu'il s'y refusait pour ne pas perdre trop de temps : ne plus combattre en fait. Maintenant, il agissait surtout dans les environs. La Nouvelle-Orléans était son dernier voyage d'après la mission qu'il venait d'effectuer et dont il rentrait.

- Te voici, enfin. Deux mois que tu es partis, Gildartz. Tu as donc perdu ton ordre de mission jusqu'à oublier ce qu'il contenait pour mettre si longtemps ou tu t'es offert du bon temps?

Le « vieil » homme se mit à rire. Il semblait transparent comme s'il était percé à jour, un livre ouvert. C'est ce qu'il était en un sens pour son ami, ils se connaissaient bien l'un et l'autre, comme des frères jumeaux étant nés à quelques années d'intervalles.

- Les deux... on va dire. Heureux de te revoir. Toi aussi, Erza.
- Cela faisait un long moment, mon ami. Alors, comment s'est passée ta dernière mission?

Tandis que tout le cortège voulait le saluer ou l'admirer pour les nouveaux, il s'assit en face du McAry. Il était heureux de le revoir.

- Ennuyeuse mais réussie. Cet avis de recherche... cette somme, j'aurai pensé m'amuser un peu plus. Enfin j'ai appris l'existence d'une assassine à la peau noire, très prometteuse. J'ai voulu me confronter à elle mais, comme souvent chez les assassins, elle était introuvable. Et puis, une rumeur à circuler qu'elle était partie pour venir ici, dans cette région. Je suis rentré aussi vite que possible mais je ne l'ai pas vu sur le chemin du retour, elle a peut-être pris une autre route. Je suis assez déçu, je dois te l'avouer. Mais revenir chez soi fait aussi beaucoup de bien ! Et je vois que cet endroit tient encore debout.

Gildartz aimait trouver des adversaires dont la réputation venait à lui. Il avait toujours aimé combattre ces gens dont la réputation lui titillait les oreilles mais parfois il ne les trouvait simplement pas. Et quand il les trouvait, il ne voulait jamais les tuer, simplement s'amuser un petit instant et repartir en bons termes, c'était lui tout craché.

- En effet. Mais je n'ai pas encore entendu parlé d'elle. Cela fait longtemps que je ne l'ai pas vu lui aussi, il ne s'est rien passé d'intéressant je suppose. Il m'envoie parfois quelques messages pour m'informer mais il ne se montre plus en personne depuis... trois ans. Depuis le fameux Massacre de Boston. J'avais pu y assister grâce à ses informations, il était venu lui-même m'annoncer ce qu'il se passait. Un véritable atout qui a disparut.

Les deux élites en présence savaient de qui il parlait : le second mercenaire le plus puissant du cortège. Il était l'espion de l'ordre, il voyait tout et savait tout. Il représentait les yeux de Hisashi en dehors du repaire, il le tenait informer de ce qui se passait grâce à son réseau d'espions. Il surveillait très souvent les mercenaires en mission, notamment certains qu'il était tenu de surveiller non pas pour éviter les problèmes mais parce qu'ils étaient appréciés de l'élite et, notamment, du jeune homme. Bien entendu, il ne savait pas tout, ni ne voyait tout, mais il en savait assez pour prédire le Massacre de Boston trois jours avant qu'il n'ait lieu. Il avait eut vent de rumeurs, puis de certitudes en trainant dans les tavernes. Les gens avaient parlé de se plaindre, il les avait écouté, compris. C'était là tout son talent : n'être qu'une ombre. D'ailleurs, c'était une ombre pour tout ceux de l'étage inférieur et des nouveaux venus dans le cortège depuis ces trois dernières années. Cet homme-là, il ne passait simplement jamais par la porte principale car il disait que c'était le devoir d'un espion que d'être inconnu de tous, même de ses alliés. Alors on avait fait construire une entrée à l'arrière du bâtiment pour qu'il puisse entrer en étant directement au premier étage. On lui avait installé un mini-repaire derrière le bar — ou plutôt les murs derrière celui-ci — pour lui permettre de dormir là en cas de besoin et y accueillir ses espions. Ses repaires personnels n'étaient pas souvent détruits mais cela arrivait.

Une fois à l'étage supérieur, il s'inquiétait toujours de savoir s'il y avait des gens du rez-de-chaussé et si on lui donnait le signal, il entrait par une trappe situé à côté du bar. Comme il espionnait parfois les siens, il voulait éviter qu'on le reconnaisse pour éviter les tapages si certains l'avaient déjà vu. Bien entendu, il ne surveillait pas le cortège à moins d'un ordre de Hisashi. Enfin bon, ça faisait un bout qu'il ne s'était pas montré.


- Il est peut-être devenu timide... Mais il ne se passe sûrement rien dehors qui demande sa présence en face toi. Il t'avait prévenu du Massacre de Boston car c'était un événement important, le Grand Master templier y était, non? Il avait peut-être pensé que tu souhaiterais le voir, lui parler ou le combattre.
- Sans doute. Mais je n'ai finalement rien fais de tout cela. C'était ennuyant à faire.

Le roux se mit à rire et Titania limita. Un combat entre deux dirigeants, pouvait-il vraiment être ennuyant? Sans doute, si l'un ne se battait sans aucune raison. Pour le japonais il suffisait qu'il ait envie de s'amuser mais pour le Kenway, il en fallait sûrement plus.

- Hm, enfin je me demande vraiment où il peut être...

Avant qu'il n'ait fini sa phrase, il entendit frapper. Ce n'était pas en bas, ni en haut.. Ce n'était pas sur une table, mais à côté du bar. Non, ce ne pouvait être lui, il était un bon espion mais de là à ce qu'il sache tout à l'instant même? Et puis, il avait déjà vérifié, il n'était pas derrière le bar. Hisashi se leva, intrigué, il captait l'attention de la femme tenant le bar.

- C'est toi?

La demoiselle fit non de la tête. Hisashi s'approcha et le silence se mit à régner au premier étage. Ceux d'en bas n'en furent pas moins intrigué, ils se turent aussi. Attendaient-ils un discours inspiré, une apparition soudaine pour une déclaration de mission exceptionnelle? Tous aurait donné cher pour pouvoir monter. Durant ce temps, le chef de l'ordre avait atteint la trappe qui bougeait sous quelques coups, elle était verrouillée. Une personne avait sans doute trébuchée là, poussant le loquet. Il saisit ce dernier pour le tirer en arrière, puis il s'écarta lentement pour s'accouder au bar. C'était lui.

- Quelle... surprise. Te revoici, alors même que je me languissais de toi.

Celui qui venait d'entrer par un passage dérobé avait le visage masqué. Il portait une tenue bleue pour le moins étrange, on pouvait deviner qu'il avait la peau blanche grâce au peu que l'on voyait de son visage, et il semblait avoir la carrure d'un homme — s'en était un. En tout cas, il était enfin là.


On pouvait voir un peu de ses cheveux noirs sur le côté mais rien de bien significatif. Il aurait pu être un voisin, un père, un ami, tant de gens à la fois. Il avait depuis quelques années reprit le flambeau de son père, étant d'une génération d'espion. Chacun des membres de sa famille avait servit le Commandant Suprême avec passion sans jamais faillir. Et, si celui-ci venait, c'était qu'une chose importante se passait...

- Trois ans que les trois meilleurs mercenaires de mon cortège ne s'était pas rassemblé devant moi... Nous devrions fêter ça. Mais, je suppose que si tu viens après trois ans ce n'est ni par nostalgie, ni par une envie de faire la fête. Même si tu as sans doute su que Gildartz était revenu, je doute que tu sois ici pour cela.

Pendant ce temps-là, les deux autres étaient venus auprès du jeune homme, curieux d'en savoir plus eux aussi.

- Vous m'aviez demandé de la surveiller, Hisashi-sama. Elle est en danger.
- Tu parles bien de... Elsa-chan?!! Elle est en danger? Expliques toi !

De ce que les mercenaires d'en bas entendait, ils n'avaient pu comprendre que deux choses : surveillance et danger. Leur supérieur s'était alors un peu énervé et il avait crié d'étonnant, dévoilant la personne en danger cette fois. Les plus anciens avaient sans doute compris que l'espion était là, en personne. Une occasion rare de le voir s'il avait pu monter à l'étage, dommage. Et en haut, l'élite s'était arrêter de vivre. Revoir le roux était inespéré pour les nouveaux mais ajouter celui-ci au tout... Le jour de chance, le jackpot final. Devant eux, ils avaient le trio légendaire qu'on surnommait à l'étage « les trois princes des enfers ». C'était un titre en rapport avec les démons, bien sûr, mais quand on les voyait se battre, on comprenait aussi ce surnom.

- Vous lui avez donné une mission, elle est partie l'accomplir. Seulement elle ne se doute pas qu'elle fonce dans un piège. Un de mes hommes vient de m'informer que la cible avait engagé des mercenaires du sud pour se protéger. Ils ne sont rattachés à aucun ordre, ce sont des indépendants louant leurs services à tout le monde, y compris nos ennemis. Actuellement, il protège la cible de Elsa-san. Elle court droit dans un piège mortel car, autant le dire, ils sont forts. Je pense qu'il rivalise tous avec nos rangs quarante à trente, seulement ils sont vingt.

Un piège, cela faisait longtemps que quelqu'un n'avait pas osé. Ce voleur qui ne payait pas ses dettes devait se douter qu'on lui enverrait un homme de main, assez puissant pour rivaliser et le mettre à mal. Il devait s'attendre à un templier ou peut-être un groupe de tunique rouge, au pire un mercenaire bien bâti engagé par le bar. En soit, on ne pouvait pas lui retirer cela : il était intelligent et prévoyant. Mais maintenant, il risquait de la perdre, elle, celle qu'il appréciait tant.

- Conduis-moi, Grey-san. Je m'occuperai d'eux seuls.
- Hisashi-sama... nous parlons de vingt personnes d'un très bon rang. Je ne doute pas de toi mais veux-tu vraiment y aller seul?!
- Ne t'en fais pas. Cela fait longtemps que je n'ai pas fais couler le sang ennemi mais je ne suis pas rouillé, mieux encore, qu'ils tentent de lui faire du mal me motive plus que jamais. Gildartz, Erza-san ! Au nom de mon rang, je vous ordonne de rester ici ! Que tout les mercenaires restent ici-même, je considérerai celui qui me suivra comme un traitre et je le tuerai de mes mains ! Et quand je reviendrai, nous ferons la fête car, Grey-san reviendra avec moi ! Cela fait trop longtemps que nous n'étions plus réunis. Sur ce, conduis-moi à elle.

L'homme masqué n'était sans doute pas très enchanté de savoir qu'il reviendrait mais il n'avait pas le choix. Un ordre direct de roi démon? Il fallait être fou pour ne pas le suivre, même ces deux-là du trio n'oserait pas franchir un pied en dehors des murs de ce repaire maintenant. Alors, les deux hommes prirent le chemin secret pour garder secret l'identité de l'homme masqué. Ils allèrent retrouver Elsa Suli pour tenter de la sauver d'un funeste destin...

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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Mer 24 Juil - 23:32

L'intervention de Gitsuna avait troublé le mercenaire. Cela faisait des années qu'il ne l'avait plus vu, depuis qu'il avait été nommé Commandant Suprême. Et ce n'était pas une coïncidence étant donné qu'elle avait elle aussi l'ambition de le devenir, elle avait mal prit la nouvelle et était partie. L'histoire est plus complexe mais il aimait la résumé comme ça. Comment pouvait-il avouer tout le reste... En tout cas, il était curieux de savoir si elle avait choisit sa cible en fonction de Elsa Suli ou en fonction d'un employeur. Elle n'était pas du genre à agir sans intérêt, le sien était-il cette femme qu'il avait protégé ou était-ce pour une fois un simple coup du destin. Il aurait bien prit un instant pour réfléchir mais sa douce Ely lui parlait, elle voulait partir à cheval, seule. Sûrement se posait-elle un nombre incalculable de questions mais, étrangement, elle n'en posait aucune, se laissant ronger de l'intérieur. Néanmoins, il avait sentit qu'au début elle était en colère, prête à bondir sur sa nouvelle ennemie qui lui avait volé son final. Pourtant, quand elle comprit que son supérieur la protégeait, elle eut conscience de la situation et relâchait doucement la haine qu'elle contenait. Bientôt, elle n'était plus tendue. Avait-elle réussi à déterminer le niveau de la femme en noire... non, elle avait simplement vu la lame dégainée et la force de son commandant pour la maintenir près du mur, sans laisser aucune ouverture. Elle en avait sûrement suffoqué à la réflexion... Tss, il aurait pu être plus tendre ! Il s'en voulait. Enfin, au moins elle vivait, c'était déjà ça. Il la laissa monter à cheval.

- Bien ! Quand tu seras arrivée, présente toi devant les marches et... eh bien, si je ne viens pas, crie mon nom et j’accourrai.

Suite à ses mots, il se mit à courir à vive allure. Il n'allait pas aussi vite qu'un cheval mais s'il passait par les toits, il avait largement le temps d'arriver avant eux. Dès qu'il réussit à trouver un moyen facile de monter, il le fit et se retrouva sur les toits en tuant deux ou trois gardes parfois. Ces idiots n'étaient vraiment pas du même niveau que lui et ne le voyaient jamais arrivé. Enfin, si, au dernier moment. Lorsque la lame se plantait en eux. Mais bref, il n'était pas vraiment concentrer sur ce détail même si la remarque lui avait titillé l'esprit quelques secondes. Il voulait comprendre ce que la shinobi noire faisait là. Gitsune. Elle avait trop longtemps disparue pour que ça réapparition, pile à ce moment-là, soit le fruit du hasard. Son trio ?! Avait-elle apprit le retour des trois... Si tel était le cas, elle risquait de les défier un par un pour prouver sa puissance. Elle avait sans aucun doute de tuer le second et le troisième mais, il avait un doute quant au premier. Elle ne le connaissait pas — à moins de l'avoir espionné — ce qui signifiait qu'elle n'avait aucune idée de sa puissance. Elle n'était pas du genre à combattre sans savoir qu'elle gagnerait. Oh, bien entendu, elle l'avait vu battre il y a longtemps mais pas depuis qu'il était devenu l'un des meilleurs du top dix puis, le meilleur d'entre eux.

Pour ce qui était du McAry, il avait gagné en puissance. Il avait accédé à un niveau où il ne l'avait jamais vu mais pendant ces quelques années, elle s'était sans aucun doute améliorer. Ça recommençait. Il allait devoir s'entraîner pour être sûr qu'elle ne s'approche d'aucun d'eux, comme autrefois.


« Un jour, je devrai en finir avec elle. C'est la promesse que j'ai faite à mon père lorsqu'il ne l'a pas nommé et qu'elle est partie, furieuse. Pourtant, elle autant mon ennemi que ma meilleure amie. Une sœur. Je n'arrive pas à m'y résoudre, la tuer serait comme tuer un membre de ma famille, me couper un bras. Je vais devoir devenir plus fort, autant physiquement que mentalement. Ce combat sera, sans doute, le plus dur de ma vie. »

Il continuait sa route vers son repaire. Là, il eut un flash. Il la revoyait jouer avec lui, à l'époque. Deux enfants si complice. Leur première mission, c'était ensemble.On les nommait or et argent, le duo parfait. Etrangement, c'était à lui qu'on pensait lorsqu'on disait « argent » et à elle, quand on disait « or ». Aujourd'hui, les rôles semblaient s'être inversés vu leur position. L'une, déserteur des mercenaires d'Amérique. L'autre, Commandant Suprême de ce même ordre. Une histoire bien ironique. Mais, où était l'ironie... maintenant qu'il y pensait, avait-elle un lien avec les vingt mercenaires engagés par Hogan ?! Peut-être. Et si par malheur elle était devenue la cheffe de rebelles avec pour but de se venger, de faire enfin sa vendetta. Il devait prévenir son cortège. Bientôt, le cortège des cent démons se déplacerait à nouveau. Ce jour, les ordres trembleraient, les passants se raréfieraient. Au final, seul le cortège marcherait sur les boulevards et, à nouveau, une marre de sang fertiliserait la terre. Mais, pour l'instant, il arrivait chez lui. Il ouvrit la porte et se rendit directement dans la partie cachée où le silence s'imposa d'un coup. On entendait plus que l'étage qui, vite, devint aussi silencieux après que le trente-deuxième membre le plus puissant du cortège les ait prévenu. Il était en vie après avoir été combattre vingt membres — ne sachant pas qu'un était déjà mort ou tué par Grey avait participé. Il monta à l'étage en leur faisant signe de continuer leurs affaires. En haut, ce fut une autre affaire. Il réunit en demi-ronde tout ses membres autour de son fauteuil. À sa droite, Gildartz, bien sûr. Puis à sa gauche, en premier c'était Grey et ensuite Erza. On pouvait admirer les quatre personnes les plus fortes de l'ordre. Un beau spectacle.

- J'ai tué les mercenaires et sauvé Elsa-chan. Grey-san a aidé et, croyez-moi, il n'a pas perdu depuis tout ce temps. Néanmoins, ce n'est pas ce qui m'inquiète... Les plus anciens sauront de qui je veux parler au nom de la Shinobi Noire, Gitsune.
- ... Hisashi.

C'était le seul qui osait le nommer aussi froideur car là, la froideur y était vraiment. On pouvait voir de la rage dans ses yeux. Il tremblait mais pas de peur, d'excitation.

- Je te l'interdis. Tu n'iras ni la défier, ni l'espionner. Je ne sais pas son niveau, à vrai dire, elle était plus forte que moi à l'époque. Alors si elle a continué sur cette voie..
- Soit, si tel est ton désir. J'obéirai. C'est dommage, ahah ! J'aurai bien aimé voir ce que valait celle qui te mettait la raclée autrefois !! Ahahah !!

Le mercenaire se mit à rire, de même que son ami. Ce n'était pas une vraie raclée mais c'est vrai, elle était plus puissante autrefois.

- Bien. Sachez juste qu'elle est revenue. Faites attention à vous et n'acceptez aucun défi si vous la croisez. Et, sinon, eh bien nous allons sortir. Le cortège des cent démons sera bientôt dans les rues...

Pour une fois, il semblait que Grey était vraiment intéressé. Il avait levé la tête légèrement à propos de la demoiselle en noire mais là, il regardait carrément son supérieur. Il comprenait qu'ils n'allaient pas sortir pour les bains chauds.

- Tant d'années se sont écoulées depuis la dernière fois. Déjà, à l'époque le cortège faisait trembler mais à présent, je n'imagine pas les mesures que prendront les tuniques rouges. Ils appelleront sûrement les hauts gradés et ces trouillards ordonneront le repli !

Le rire touchait cette fois l'assemblée. Pour certains, c'était la première fois qu'il allait défiler dans ce cortège. Ils allaient devoir trouver leur déguisement car aucun ne gardait la même apparence, sauf le commandant. Le but était de ressembler à un démon de son choix et, là, l'imagination se révélait très utile. Enfin, ils avaient un peu de temps pour réfléchir. Il les fit se dispercer pour rester seul avec son trio favori.

- Alors, Grey-san. Ton choix ?
- Elle peut monter, Hisashi-sama. Elle, elle ne me dérangera pas.

Finalement, Elsa allait pouvoir monter faire la fête tout en admirant les meilleurs de l'élite. Dont le second qui se faisait si rare depuis quelques temps. Une chance, un privilège et, un honneur. Enfin, elle devait sûrement se soigner un peu, elle avait eut quelques plaies durant son combat. Ils allaient l'attendre.

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Elsa Suli
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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Dim 18 Aoû - 21:06

Elsa avait pris le temps de nettoyer ses plaies avec de l'eau fraîche et, à l'aide d'un bout de tissu, elle pansa celle qui était la plus ouverte. Elle poussa un léger gémissement quand elle serra le bout de tissu tout autour. Elle reprit ensuite la route, Enola la mènerait à son point de rendez-vous. Le paysage défilait devant ses yeux mais elle n'y prêtait pas attention. Sur sa gauche de vieux chênes aux troncs noueux donnaient l'impression de monter la garde. L'esprit de la cavalière était ailleurs, elle ne parvenait pas a se concentrer sur le chemin et ses alentours. Les battements de son cœur lui martelaient ses tempes, elle inspira profondément plusieurs fois de suite pour se calmer. Ély' ressassait sans cesse l'intervention de cette femme agile comme le roseau qui se plie sans se casser à la moindre brise. Ce visage lui revenait sans cesse, à la fois inexpressif d'émotion mais d'une douceur naturelle avec un teint resplendissant. Cette rapidité  à manier son arme qui semblait virevolter comme une feuille d'automne qui tombe en fin de saison.

Elle sortit de ses pensées lorsqu'elle sentit Enola ralentir sa course, il venait de prendre un sentier étroit et boueux, ses pattes s'enfonçaient  légèrement. Pas a pas, la monture d'Elsa tâtait prudemment le terrain à travers les fourrés. Le crépuscule s'était creusé, le ciel était d'un noir d'encre laissant paraître de nombreuses étoiles ainsi qu'une demi lune. De nouveau sur une terre ferme, Enola adopta une allure plus rapide, sa progression restait fluide pour enfin atteindre la ville en direction de la demeure d'Hisashi. Les rues étaient désertes. Arrivée au point de chute, elle amena dans la cour arrière sa monture puis repassa sur le devant et entra dans la taverne qui était encore bondée de monde. Une femme grasse et un homme freluquet vociféraient des chansons, d'autres jouaient aux cartes et quelques jolies filles les entouraient. Elsa prit la direction de la salle à l'arrière de la pièce, où se trouvaient d'autres mercenaires attablés échangeant leurs aventures de la journée.

Avant de la quitter sur le port, Hisashi lui avait dit de le joindre à l'étage où seule l'élite y était invitée. Mais que penseraient toutes ces personnes qui attendaient depuis longtemps la possibilité d'accéder à l'étage ! Elle entendait la voix du chef des mercenaires ainsi que celle de l'homme qui l'avait mené jusqu'à elle. Non décidée, elle s'orienta vers le bar

- Un scotch, dit elle en faisant signe au barman.

- Mauvaise journée ? Dit-il en affichant un large sourire

- Je ne vous le fais pas dire...

Il posa un whisky devant elle, elle en prit une grosse gorgée. Sa trachée et sa poitrine s'embrasèrent. Elle but ensuite une deuxième gorgée de scotch et réalisa que son verre était déjà vide. Elle fit de nouveau un signe pour redemander un verre, au loin, elle entendait les rires qui venaient de l'étage.
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Hisashi McAry
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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Mer 21 Aoû - 2:48

La fête commençait à battre son plein. Le premier étage riait et dansait sur la musique des quelques mercenaires doués avec un instrument. C'était principalement des femmes car il était plus facile pour elles de manier les cordes d'un violon, une autre de la flûte. Un homme jouait de la pianoforte, un autre du tambour et un dernier du Klarino. C'était un ensemble plutôt harmonieux qui faisait danser tout le monde, si ce n'était les quatre plus puissants de l'ordre. Ils étaient à discuter de ce qui s'était passé, un peu plus en détail. Grey McGun s'en voulait de ne pas être resté pour surveiller le court des choses mais un ordre était un ordre, surtout lorsqu'il venait du Commandant Suprême. Glidartz Clive, lui, devenait quasiment fou en sachant qu'elle était apparut et qu'il n'était là. Il voulait la combattre, tester ses capacités. S'il avait été là, il aurait pu au moins essayer un peu, jusqu'à ce que son supérieur n'intervienne pour lui dire d'arrêter. Quant à Erza Scarlet, eh bien, elle voulait connaître la puissante de cette femme mais surtout son apparence ; on disait Gitsune très belle mais elle ne se souvenait pas d'elle. Bien qu'elle l'ait connu plus jeune, elle n'avait pas gardé de souvenirs d'elle, étrangement. Peut-être était-ce à cause du fait qu'elle ne la côtoyait pas ni ne l'avait jamais aimé? En tout cas, le trio partageait le même sentiment, le malaise. Ils savaient tous que si elle ressortait de son trou, c'était pour une bonne raison et ils auraient tout donné pour savoir quoi. Non pas pour la gloire mais pour protéger leur chef d'une ennemie puissante et qui était capable de le déstabiliser, sentimentalement parlant. Tuer celle qu'on considérer comme sa sœur... en était-il capable? Ils ne doutaient pas de lui à ce sujet, ils s'inquiétaient surtout des conséquences morales.

Puis, quelques minutes plus tard, Hisashi invitait Titania à danser. Malgré son armure, elle dansait bien et il aimait la voir s'amuser. Elle aussi, elle était comme sa sœur — bien qu'il ait souvent fantasmé sur ses formes généreux. En pensant à cela, il se demandait ce que sa douce Elsa faisait. Elle était silencieux, c'était un fait. Est-ce qu'il ne l'avait simplement pas vu ou était-elle entrée si doucement que même un puma ne l'aurait vu? Après cette danse, il se mit à regarder par dessus la barrière, voir s'il l'a trouvait dans la foule du bas. Elle n'était pas près de la porte ni à une table alors il faillit la manquer. C'est au moment de revenir sur ces pas qu'il réussit à la voir, au bar. Elle buvait seule, sans lever les yeux. Avait-il fait quelque chose de mal? Son intervention l'avait peut-être vexée? Il pensait pourtant qu'elle comprendrait la menace, tant celle des dix-neufs hommes qu'il avait tué que celle face à cette femme en noire. Il fit un signe à ses amis puis bondit, sautant au-dessus des quelques planches de bois censées retenir un homme d'une mauvaise chute. Il atterrit sur ses pieds tout près de la demoiselle un peu perturbée. Il n'avait pas été très silencieux, pour une fois.


- Eh bien, Elsa-chan, que fais-tu seule à ce bar? Attends-tu mon accord ou celui de Grey-san? Si c'est le cas, je peux t'informer que tu l'as. Tu peux monter. Mais si j'ai dis quelque chose de mal qui t'a conduit à refouler tes envies de nous rejoindre, alors je suis près à t'écouter. Il me faut entendre les reproches avant de m'en excuser.

Il entendit alors un mercenaire se lever trop bruyamment. L'étage avait continuer de fêter sa prochaine sortie et la réunion du plus puissant trio de l'ordre mais il l'avait entendu. C'était sans aucun doute prémédité mais, dans quel but? S'il voulait énerver son plus haut supérieur, il en faudrait plus mais pour attirer son attention, c'était suffisant. Il tourna le dos au barman pour faire toucher ses coudes sur le comptoir, s'appuyant sur celui-ci par la même occasion. Le mercenaire, un prétendant au titre de centième du cortège, s'était levé. Il s'était déjà rapproché d'eux et affichait un air menaçant envers... euh, pouvait-on dire que c'était menaçant quand on connaissait le ninja du japonais? Celui-ci attendait d'ailleurs, passif, les prochains mots de cet homme.

- J'ai bien entendu?! Elle est invitée en haut, elle, cette bonne à rien qui ne saurait même pas me vaincre?! On attend tous cette occasion et on attend surtout de la mériter ! On se bat pour l'avoir et ce jusqu'à la mort. Vous allez lui permettre de rencontrer les princes?!! Comment osez-vous nous faire ça !?

Ses paroles allaient loin mais pourtant il était lucide. Sa colère ne l'avait pas rendu stupide, il semblait l'être par nature. Et tandis qu'un mercenaire avait entendu, là-haut, les dires d'en bas et fait signe à tous de venir — coupant ainsi la musique ce qui déplaisait fortement au McAry —, il fut assez intelligent pour lever un peu les yeux. Là-haut, quatre-vingt-sept hommes et femmes étaient alignés et observaient en bas. La menace était grande et on pouvait deviner à leurs yeux qu'ils n'attendaient qu'une chose : une parole de trop, encore, ou un signe qu'ils pouvaient se déchainer sur cet homme un peu trop arrogant pour provoquer le Diable lui-même.

- C'est pour cette raison que tu n'es pas montée, Elsa-chan? Tu avais peur de leur réaction? Eh bien, regarde ce qui arrive à qui conteste mes choix. Car si je t'ai invité, je l'ai fais en étant pleinement conscience de ce qu'ils allaient penser, eux, ces prétendants à l'élite qui sont trop proches de la lumière pour voir qu'elle brille trop pour eux et qu'ils en deviennent aveugles.

Une belle métaphore pour dire qu'en un coup d'oeil il avait deviné qu'en cas de duel, ce prétendait périrait sous les coups de son adversaire et n'atteindrait jamais le rang supérieur. Mais le temps que son interlocutrice puisse comprendre, il était déjà en marche vers l'idiot de la soirée.

- Hm. Tu dis qu'elle est bonne à rien, n'est-ce pas? Eh bien, je pense le contraire. Nous sommes en conflit à partir de cet instant et, en cela, tu mérites une chance de défendre ta liberté de pensée. Après tout, tu penses peut-être mieux que moi? Ceci nous amenant à cela, je te défie à ce jour en duel. Devant l'élite de mes hommes et un bon nombre de ceux qui prétendent à le devenir un jour. Moi, Hisashi McAry, fils de Rikua McAry, Commandant Suprême du cortège des cents démons de l'ordre des mercenaires d'Amérique, j'invoque mon droit à te défier en duel pour tes pensées, tes actes et ton arrogance sans limite. Que toi qui ose défier mes directives soit prêt à combattre.

La tension était à son comble. Tandis que les mercenaires du haut se ravissaient de voir une démonstration de force — bien qu'il n'y aurait pas besoin d'en montrer trop pour gagner —, ceux d'en bas craignaient pour leur vie. Est-ce que le fait qu'ils étaient debout, proche du coupable, montrait aux yeux du Commandant qu'ils étaient alliés à cet homme ou près à le neutraliser? Ceux étant dans la première catégorie suaient déjà à grandes gouttes pendant que les autres tentaient de rester calmes et confiants envers leur supérieur.

- Mais... non ! Je ne voulais pas en arriver là ! Je dis simplement que...
- Silence, arrogant ! Tu as osé hausser le ton sur moi, oser défier mon autorité et mes choix, prétendu être meilleur qu'une autre en dehors d'une demande pour un duel à mort. Ces crimes, car ils en sont, sont punis dans cet ordre par la peine de mort. Mais je suis un homme pieux et généreux, je te laisse une chance de gagner. Alors, bats toi ! Honores le nom de ta famille pour que celle-ci ne soit pas pourchassées et massacrer au nom de tes fautes !

Chez les mercenaires, si l'un d'entre eux refusait de combattre, il devait mourir de la main du commandant suprême ou d'un des trois princes. Le déshonneur qu'il portait alors s'étendait à sa famille et pour que son âme soit en peine malgré qu'il ait quitté ce monde, son déshonneur lui suivrait jusque dans les cieux — ou les Enfers —, là où les âmes en peine de sa famille le tourmenterait à jamais pour son pêcher. Autant dire que l'homme ne refusait pas le duel, pensant sans doute à ses enfants qui l'attendaient à la maison et ne méritaient pas de voir un autre que lui franchir le seuil de sa porte, surtout pour un accomplir une telle chose. Il se mit à dégainer son épée, comme son chef, puis ils mirent chacun leur lame dans la main de l'autre. Ils descendirent un peu pour faire couler le sang et, se serrant la main, ils jurèrent sur l'honneur que ce combat rendrait sa fierté au perdant. Quelque soit son identité. Il n'était pas question de mort car, étrangement, la clémence était une chose encore possible. Là, sur ces quelques mots, ils firent plusieurs pas en arrière et s'élancèrent sans aucun suspense. Le mercenaire de rang inférieur n'eut pas le temps de voir les mouvements de son adversaire ni d'abattre son arme qu'ils se retrouvaient dos à dos. En deux secondes, du sang se mit à gicler sur le sol pendant que le blessé s'écroulait sur ses genoux. Il venait de comprendre. L'endroit touché n'était pas un endroit mortel mais difficile à atteindre. La précision du démon était-elle qu'il avait pu le toucher sans donner le meilleur de lui-même et, en plus, avec une telle efficacité qu'il n'avait fait qu'ouvrir la zone sur un petit millimètre. Le sang, c'était simplement la couche de peau avant cet organe c'était l'appendice et, à y regarder de plus près, la marre n'était qu'une illusion provoquée par son cerveau — car il s'attendait à une telle chose —, seules quelques gouttes étaient tombées sur le sol. Le fossé était si grand qu'il n'en voyait ni le fond ni le bout, il venait juste de se rendre compte qu'il n'était qu'une goutte face à un océan. En quelques secondes, il avait disparut au milieu de la puissance de son adversaire.

- Tu diras à ta femme que tu es navré. Qu'aujourd'hui, tu as risqué ta vie face à ton Commandant Suprême et que tu as faillis la rendre veuve. Tu lui diras que sa clémence est grande et que sa bonté est immense, qu'il a épargné ta vie au nom de la demoiselle que tu as insulté car ce n'était pas son devoir de laver l'honneur de celle que tu avais salit de tes mots. Tu te mettras à ses pieds, les embrassera et lui demandera pardon d'être un homme aussi faible et misérable et, là, par terre, tu lui promettras que tu seras bon et reconnaissant durant le reste de ta vie, pour que plus jamais une telle erreur ne se reproduise. Maintenant, rejoins là, et que je ne te revois plus ici avant une semaine.

L'homme, sous le choc, n'avait ni envie de le contredire, ni envie de lui désobéir. Le sang du Commandant Suprême coulait encore de sa lame à cause du pacte et, ainsi, il comprit l'erreur qu'il avait faite. Il avait blessé moralement et physiquement son supérieur qui, jusque là, s'était toujours montré bon avec lui. Dans un élan de reconnaissance et d'amour, il se mit à genoux et s'écria qu'il était désolé, geste symbolique dans sa culture. Il cassa ensuite la lame ayant fait couler le sang d'un puissant homme et repartit, le fourreau vide. Il n'avait pas perdu son honneur, simplement son amour propre. En rentrant chez lui, il exécuterait les dires de Hisashi McAry, son supérieur pieux et généreux.

Celui-ci était déjà repartit vers la demoiselle avait qui il discutait peu avant, le sourire aux lèvres lorsque l'homme qu'il venait de vaincre — sans mal — s'était excusé. Il se mit près de Elsa, assez pour que leurs bras se touchent. Là, il lui fit un bisou sur la joue comme pour s'excuser de son absence.


- Alors, Elsa-chan, que fais-tu? Tu viens avec moi là-haut ou tu souhaites m'expliquer pour tu es toujours en bas?

Il fit un signe de mains aux hommes en haut de se disperser. La musique devait reprendre, tout comme la fête. Il entendait d'ailleurs ses amis rirent aux éclats. Sans doute avaient-ils vu la scène sans se montrer ou avaient-ils comprit ce qu'il avait fait. Eux seuls pouvaient comprendre que, des années auparavant, c'était le père du japonais qui tenait ces mêmes propos envers son fils. Il avait toujours la cicatrice de son épée près de son organe. Il la touchait d'ailleurs secrètement, repensant à ce qu'il lui avait dit. Intérieurement, il s'excusait encore de son acte.

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Yuuga Maï
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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Ven 31 Oct - 18:52

Il venait de s'écouler exactement cinquante-quatre nuits comme celle-ci avant que Maï n'atteigne enfin les collines qui menaient à New York.

N'ayant rien de particulier à penser ni aucun temps pour se distraire l'esprit avec quelque réflexion qui l'aurait détournée de son objectif, elle n'avait rien trouvé de mieux à faire que de compter les heures de marche qui la séparaient de la ville désormais proche. Elle avait parfois tenté d'établir une carte du ciel nocturne avec le peu de parchemin qu'elle possédait encore, mais s'était bien vite retrouvée forcée d'abandonner devant l'immensité galactique qui s'étendait devant elle, et l'évidence de la solitude de l'esprit humain face à la multiplicité des étoiles.

La jeune femme avait posé le pied sur le sol américain pour la première fois depuis cinq longues années moins de deux mois auparavant. Le pays qu'elle avait pris pour patrie lors de son premier débarquement, sept ans en arrière, lui avait terriblement manqué. De son long voyage en Europe, elle gardait des enseignements précieux et enrichissants, mais aucun souvenir affectif particulier. L'Angleterre lui avait plue, l'Espagne encore plus, mais la France et ses crises n'avait pas obtenue son assentiment. Elle ne s'y était pas attardée outre mesure, d'autant que ses différentes missions l'avaient principalement menée jusqu'au finistère européen, où elle avait passé près de la moitié du temps qu'avait durée son absence.

De tous les pays qu'elle avait eu la chance de visiter, elle ne retenait au final qu'une leçon véritable, certainement valable n'importe où sur cette Terre de conflits ; quel que soit l'endroit, le peuple donne sang et argent, monayant quoi on le mène. La Révolution des patriotes "natifs" dont elle avait entendu gronder les échos jusque par-delà l'Antlantique prenait alors tout son sens. Non pas qu'elle encourageait le conflit, mais son coeur se plaisait à embrasser les causes libertaires depuis qu'elle avait fait de cet idéal son maître-mot.
C'était là le sens de son engagement parmi les Mercenaires de la zone New-Yorkaise. Aucune quête de pouvoir, aucun grand idéal parmi ses idées ; une simple notion basique de survie, vite transformée en une cause qui l'arrangeait sur beaucoup de plans.

Des rencontres, elle avait eu le temps d'en faire, depuis le temps. Des visages, elle en avait croisés des dizaines. Mais aucun n'avait réellement retenu son attention. Aucun n'avait laissé de trace définitive en elle, pas même les marcheurs exilés qu'elle avait cotôyé les premiers jours, et dont l'histoire lui avait pourtant semblée poignante. La solitude était devenu son crédo bien malgré elle, et la jeune femme n'avait eu d'autre choix que de l'accepter avec tranquilité. A la fin, peu importe la manière dont on voyage, du moment que l'on atteint son but. La nuit n'est pas une amie, mais la lune est un guide. Le solitaire est un diminutif du sauvage, accepté par la civilisation.

Cette nuit était en apparence exactement identique aux cinquante-quatre qui venaient de s'écouler. Elle différait pourtant en un point : ce serait la dernière. Le vent se levait depuis un kilomètre comme il se lève près des côtes de l'Atlantique. Bientôt, les sentiers que la neige commençait à recouvrir se mueraient en chemins, puis, enfin, la route pavée de la nouvelle voie menant à New-York apparaîtrait. La conscience de Maï avait beau s'efforcer de rester calme en toutes circonstances, son coeur battait de joie à l'idée de retrouver des amis qu'elle avait dû laisser trop longtemps. Peut-être qu'elle n'aurait pas supportée d'être séparée d'eux une ou deux années de plus, et peut-être qu'elle serait d'elle-même rentrée au pays après avoir planifié son voyage plusieurs mois à l'avance, et non du jour au lendemain comme c'était le cas, mais... Cette nuit, soeur de toutes les autres sans pour autant leur être assimilable, était
la bonne. La juste. Il y a justesse dans tout, y compris dans les voyages, et surtout dans les retours. Elle n'aurait pas aimé que ce fut hier ou demain : c'était ce soir que son coeur l'appelait à revenir.

Les flocons s'écoulèrent autour d'elle comme les mètres sous ses pas. La neige faisaient son ouvage et la jeune mercenaire l'accompagnait. Bientôt, les premiers grands bâtiments de la ville furent à vue, et un sourire passa fugacement sur ses lèvres alors que le reste lui apparaissait peu à peu. Elle pressa le pas.

Pénétrer à l'intérieur de l'enceinte que délimitaient quelques habitations et retrouver le chemin du quartier général ne furent pas enteprises compliquées. Enfin, après quelques minutes de marche seulement, elle reconnut l'enceinte de l'établissement qu'elle cherchait. Si la ville avait vécu transformations, dégradations, sublimations et constructions au point d'être presque méconaissable dans les grands quartiers, les petits chemins pavés qui menaient, un peu à l'extérieur, vers un repaire ne suscitant l'intérêt que de quelques personnes étaient restés inchangés. Tout avait bougé, sauf l'essentiel. C'était aussi une bonne chose. Le monde était toujours en perpétuel mouvement, à une époque ou se battaient idées modernes et mentalités conservatrices. Personne pourtant parmi ses connaissances et ses amis mercenaires, malgré l'intensité des mouvances ou des combats à venir, n'aurait songé à changer l'essentiel, qui faisait aujourd'hui office de refuge pour eux. En songeant à cela, Maï pensa que ces personnes étaient sans doute celles qui complèteraient sa vie.

Elle se présenta devant la porte juste après avoir ôté la capuche de son manteau, laissant ses longs cheveux noirs descendre jusqu'au devant du sac qui logeait sous sa poitrine. La lumière l'aveugla un instant lorsqu'elle ouvrit la porte, avant que de nombreuses silhouettes ne s'offrent à elle. Le sourire qui s'était posé sur ses lèvres quelques minutes auparavant réaparu comme un symbole. Certains se tournèrent pour la voir sans réellement la reconnaître immédiatement, d'autres ne bougèrent pas de leur place et continuèrent à rire et à boire. Elle ignora les regards qui se posaient sur elle, et referma la porte de bois avant de s'avancer vers le comptoire. Il y avait trois personnes attablées ici. Deux hommes, et une femme qu'elle ne reconnaissait pas. Son devoir lui apparut alors comme une évidence lorsque ses yeux croisèrent ceux du premier homme, qui n'était autre que son supérieur. Leur supérieur à tous ici, en réalité. C'était à lui qu'ils devaient leur place et leur rang, à cet homme qui portait en lui les mêmes origines qu'elle. Sans doute pour la première fois depuis cinq longues années, Maï accepta de baisser les yeux et la tête en partie, sans pour autant que son sourire ne s'évapore.

- Je vous présente mes respects, Hisashi-sama. Cela fait bien longtemps...
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Hisashi McAry
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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Dim 2 Nov - 1:58

Les coudes sur le bars, le samouraï attendait la réponse de la douce Elsa Suli. Il attendait qu'elle remue à nouveau les lèvres pour lui donner sa réponse, lui expliquer son hésitation. Elle avait reçu l'un des plus grands honneurs qui soit pour un mercenaire de cet ordre : se rendre à l'étage sans être un membre du cortège. Pourtant, elle était assise là, au bar du rez-de-chaussé, manquant l'une des rares occasions de voir le cortège réuni. Enfin presque. Sur les cent membres du cortèges, il en manquait un à l'état. Une femme japonaise tout comme lui dont il était tombé amoureux de son style de combat. Elle se nommait Maï, ce qui en sa langue signifiait « danse », et ceci lui allait très bien. On disait que sa grâce à la naissance avait incité ses parents à la nommer ainsi. Elle semblait flotter dans les airs comme les plus belles danseuses. Et cette caractéristique, on la retrouvait dans son style de combat. Elle eut même l'honneur de recevoir un surnom de la part du McAry, il la surnommait« Ketsueki ni dansu » soit Danse sur le Sang. En effet, son style unique la faisant comme danser sur le sang de ses ennemis. S'il n'y en avait qu'un, on pouvait la voir finir son mouvement sur une flaque de sang déjà formée sur le sol, et s'ils étaient plusieurs, elle semblait danser sur le sang de ceux déjà vaincus. Ce style la rendait très particulière et le commandant l'avait toujours admiré pour sa grâce. Et c'est alors qu'elle eut le plaisir d'accomplir une mission de très haut rang et d'une certaine rareté : une mission en sol étranger.

Ces missions survenaient lorsque les guildes de mercenaires à travers le globe imaginaient une opération capitale, mais surtout d'envergure. Elles concernaient surtout la prise de lieux complexes. Le repère de templiers ou d'assassins par exemple, mais aussi la prise de villes entières. Dans ce dernier cas, les villes étaient soit des lieux stratégiques aussi bien en terme de commerces que d'influences militaires et politiques, soit lieux à libérer de l'oppression d'un homme. Des hommes avides de pouvoir imposant une véritable dictature le plus souvent. Et bien qu'il ait besoin de son cortège pour gérer la ville de New York en son nom — les choses bougeant un peu depuis peu — il l'avait envoyé. La seule qu'il pouvait envoyer d'ailleurs. Les trois premiers se devaient de rester à ses côtés, et le cinquième n'était alors pas prêt pour une telle mission. Malgré son très haut niveau, il n'était pas très sociable. Plutôt du genre indépendant. S'il avait rejoint l'ordre de New York, ce fut au début pour un soucis d'argent et de protections. L'homme avait quelques dettes. Il réussit à gravir les échelons au fil des années, et finalement il fut le cinquième de l'ordre. Indépendant toutefois. Il ne venait à la guilde qu'à de rares occasions et puisque la nouvelle du retour des trois princes étaient venus à lui, il s'était déplacé. Bien sûr il se déplaçait aussi lors des descentes du cortège dans les rues de la ville pour certaines missions, il n'en restait pas moins un des hommes du commandant.

En tout cas, il n'en manquait qu'une. Une amie d'enfance comme on pouvait le dire même si sans jamais l'avouer, elle était sans doute son premier amour. Son amoureuse d'autrefois. Bien qu'ils n'avaient qu'une dizaine d'années, il l'avait aimé sans jamais le lui dire, leur relation étant plutôt fraternelle à cette époque. Et des années plus tard, quand il l'envoyait en mission vers l'Europe, il l'aimait encore au plus profond de lui. Il s'était sentit nostalgique les premiers jours et avait ainsi participé à une dizaine de missions d'assassinats pour se défouler un peu. Les années avaient passées et son cœur semblait l'avoir oublié. Il avait enchaîné les femmes — comme pour la remplacer, essayant de trouver la bonne — sans jamais réussir ni même chercher à s'attacher. Il était devenu un conquérant, faisant défiler les corps nus de jeunes femmes dans ses draps. Il y repensait en ce moment. Cette réunion ... Elle le rendait presque nostalgique et il en venait à oublier son interlocutrice. Toutefois, un bruit vint le tirer de son rêve.

Un membre de l'ordre venait d'entrer par la porte secrète, celle dont l'entrée se trouvait au bar, leur couverture. Sans y prêter grande attention au début, le Commandant ne se retourna pas pour observer le nouvel arrivant mais en entendant l'agitation causée par cette entrée, il fut intrigué de voir qui causait tant de murmure. Au moment où il allait pour se retourner, une demoiselle avait pris la parole à un mètre de lui tout au plus. Mai. Il écarquilla les yeux, heureux, puis vint lui prendre le bras au niveau de l'épaule pour accrocher ses vêtements et la coller contre lui. Sans doute l'une des rares personnes qui pouvaient se vanter d'avoir eut un câlin du démon.


- Mai-kun ! Quel plaisir de te revoir !

Il lâchait son étreinte quand il vint se lever, debout sur le bar. Il dégaina son épée pour la pointer vers le haut, tout en sachant que son élite entendrait une épée se dégainer de son fourreau et viendrait jeter un œil.

- Membre de cet ordre, membre de mon élite. En cette soirée le cortège des cents démons est réellement réunit. Les cent membres sont actuellement présents dans ce bâtiment. Le démon est heureux et le démon offre la possibilité unique à quiconque, demain, de faire valoir son droit dans un combat où la mort sera optionnelle. Quiconque voudra remettre en cause son rang pourra tenter de vaincre la personne dont il convoite le rang. Et puisqu'il en est ainsi, ma place est aussi en jeu.

Il savait que Gitsune écoutait peut-être, ou peut-être avait-elle des espions. En tout cas, il tiendrait ses mots. Demain, si elle se présentait, elle pourrait le défier pour le titre de Commandant Suprême du Cortège des Cents Démons. Et alors que les cris de joie retentissait, il descendit du bar pour se mettre face à Elsa.

- Tu n'auras qu'à monter si le cœur t'en dit, Elsa-chan. Allez viens, Mai-kun, il est temps de fêter ton retour. Le retour du cortège.

Depuis l'absence de Mai, le cortège ne s'était pas officiellement remis en marche. Il n'y avait eut aucun raid mené par Hisashi et comprenant cent hommes. Jamais. Ce soir était l'occasion de le réunir mais aussi de prévoir son retour ... C'était leur plus grand soir de fête depuis des années et chacun comptait bien en profiter. Restait à savoir quelles nouvelles apportait Mai et, surtout, si son cœur était à la fête. Après tout, elle était sans doute la seule femme ici à avoir un jour eut le droit de monter à l'étage de son commandant ...

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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Jeu 6 Nov - 13:28

"Rien n'a vraiment changé, hein ?"

Il était en effet plus fréquent, lorsque l'on partait aussi longtemps, de retrouver son passé complètement transformé. Peut-être cette taverne - et peut-être l'ordre tout entier - étaient-ils une bulle figée dans le temps, puisque cette loi universelle ne s'était en rien appliquée à eux. Probablement qu'elle ne s'y appliquerait même jamais, et c'était mieux ainsi. Maï avait toujours été de ces personnes qui, sans rebuter le changement, préféraient garder leurs marques un certain nombre d'années. Elle avait beau avoir admis le temps comme un meilleur ami depuis bien des voyages, il n'était pas une valeur sûre, et ses caprices capables de dérober les souvenirs autant physique que mentaux l'effrayaient toujours autant. La demoiselle n'avait rien de plus précieux que ces réminiscences qui la plongeaient de temps à autre, lors des nuits un peu trop solitaires, dans une nostalgie dont elle peinait à sortir. Vivre dans le passé n'a rien de bon, elle ne l'avait que trop appris, mais son cœur se refusait à oublier l'époque de tendre insouciance ayant modelé ses premières années de vie.

Sans avoir été épargnée de l'idée de la dure réalité qui frappe parfois les vies humaines, et des conséquences dramatiques que peut amener l'infortune sur une famille, un enfant, un homme ou même un groupe entier, elle avait passé une enfance relativement tranquille aux côtés de parents qui, tout émigrés qu'ils étaient, avaient suffisamment trouvé leurs marques en ce pays pour pouvoir l'élever dans la stabilité et la sécurité. Ils n'avaient pas, comme beaucoup avaient coutume de faire avec leurs propres progénitures, tenté de la protéger moralement et psychologiquement en l'enveloppant dans un monde de fausse utopie au sein duquel rien ne pouvait lui arriver. Elle avait toujours eu conscience de ce qu'il se passait dehors et des dangers de l'extérieur, peut-être à cause d'une philosophie de vie familiale très ancrée dans les traditions de l'endroit dont elle était originaire. La jeune femme ignorait exactement ce qu'il pouvait se produire ou non au Japon, n'ayant jamais ni connu ses richesses ni même vu cette terre dont on lui vantait la beauté par mélancolie. Elle savait au fond d'elle qu'un jour, elle y retournerait. Elle ignorait seulement quand.

C'était lors de cette période de latence psychologique, alors qu'elle cherchait sans le savoir à construire un "moi" auquel se raccrocher, qu'elle avait connu celui qui se tenait aujourd'hui en face d'elle, des années plus tard. Aussi loin qu'elle cherchât dans sa mémoire, Hisashi avait toujours fait partie intégrante de sa vie, si bien qu'elle était totalement incapable de devoir un jour occulter sa présence de ses pensées. Ils avaient grandi ensemble, et leur relation s'était peu à peu construite à partir d'un besoin de l'un de vivre avec et à travers l'autre, pour finalement aboutir à ce qu'ils représentaient chacun à l'heure actuelle. Maï ne pouvait pas mettre de nom là-dessus, mais si elle avait dû définir celui qui se faisait désormais appeler Démon, elle aurait sans doute opté pour le mot "frère". Encore que, cela n'était pas tout à fait juste, puisqu'il y avait entre eux une subtilité que les frères et sœurs n'entretiennent généralement pas, et qui relevait d'une sorte d'admiration teintée d'affection profonde. Cette entente, ce respect rempli de douceur avait été la première chose qu'elle avait, petite fille, entretenu envers lui.

Un respect toujours présent malgré les années, mais qui n'avait besoin d'aucune forme pour se montrer. En cela, l'utilisation du vouvoiement dont elle avait fait preuve quelques minutes plus tôt était purement ironique, comme une sorte de clin d'oeil à l'époque où Hisashi était devenu Commandant suprême de l'ordre. Il l'ignorait sans doute, mais il était la seule personne au monde qu'elle aurait un jour accepté de vouvoyer. La japonaise avait ceci de spécial qu'elle jugeait que tous les Hommes, sans aucune exception, étaient sur un pied d'égalité, et elle n'aurait accordé à personne le "vous" sans une excellente raison, peu lui importait que l'homme à qui elle parlait fusse prince ou roi. Il n'y avait, à ses yeux, que lui qui méritait cette particule. Tous les autres, supérieurs y compris, avaient toujours eu droit au "tu", ce qui n'était pas sans faire tiquer.

Mais peu lui importait l'avis des autres. Enfin de retour chez elle après cinq longues années, elle était bien décidée à retrouver ses marques.

Elle se tourna vers le bar et posa son sac sur la surface de bois pour reposer ses épaules quelques secondes, délia ses cheveux d'un geste de la main, les arrangea quelque peu puis fit signe au barman d'approcher.


- Tu me prépareras un verre de whisky et un thé, s'il-te-plaît. Oh, et tu seras gentil de me les porter là-haut quand ce sera fini.

Elle ponctua sa demande d'un sourire, comme si cela pouvait inciter l'homme à effectuer son travail plus rapidement et dans une bonne humeur au moins feinte. Maï récupéra ensuite la lourde besace qui l'accompagnait depuis désormais deux ans - et qu'elle avait eue pour une misère sur un marché espagnol, au moins elle pouvait se vanter d'avoir trouvé là-bas de la qualité à bas prix - et suivit le dirigeant de l'ordre d'un pas mi-assuré mi-pressé.
La tranquillité qui la caractérisait d'ordinaire et qui s'était installée en elle tout au long de ce voyage avait, probablement à cause de l'atmosphère ambiante, laissé place à une sorte de feu impatient au fond de son estomac. Comme si elle avait hâte de retrouver sa place au milieu du cortège. Elle s'étonna elle-même de sa propre capacité à passer d'un état à un autre aussi rapidement, et comprit que c'était la confirmation que ce soir était le bon pour un retour.

Une fois arrivée en haut, elle fit face à la foule et esquissa un nouveau sourire. Le fond de son regard ambré s'était désormais teinté d'une lueur de bonheur. Sans plus de cérémonies, elle s'avança vers les personnes présentes, et salua toutes celles qui avait autrefois fait parti de son cercle de camarades ou de connaissances. Les trois premiers titrés de l'ordre étaient, plus particulièrement que les autres, de ceux qu'elle considérait comme de proches amis. Elle choisit ensuite une place non loin d'eux, et posa ses affaires, cette fois-ci dans une note définitive, à ses côtés, puis ôta son manteau. Elle attendit qu'Hisashi vienne s'installer près du petit groupe qu'elle occupait  pour prendre la parole, alors que ses yeux dérivaient sur le bois qui constituait l'étage.


- Cela faisait si longtemps que je ne m'étais plus assise ici... J'ai pourtant l'impression de vous avoir laissés hier. Rien n'a bougé.

Elle reporta ensuite son attention sur celui qui l'avait accueillie tout à l'heure.

- Il a pourtant bien dû s'en passer, des choses, en cinq ans. Et toi, depuis tout ce temps ? Combien de missions, combien d'ennemis as-tu défaits ?

Lui revint soudainement la pensée de ses paroles de tout à l'heure, et elle étouffa un petit rire.

- Tu n'as pas changé non plus, à ce que j'ai vu... Qu'est-ce qui ta mis dans cet état ? Tu sais que tu risques de créer un bain de sang, avec cet appel au combat. Ils sont probablement très nombreux à vouloir tenter leur chance au sein du cortège... Et certains sont prêts à combattre jusqu'à la mort.

Une lueur moqueuse avait désormais pris place au creux de ses pupilles. Elle tenait à voir s'il était vraiment sérieux et impliqué dans ce qu'il avait dit, s'il avait conscience de ce qu'il risquait de se passer, ou s'il avait simplement agit sur un coup de tête. Quoi qu'il en était, la demoiselle n'était pas réellement inquiète. Elle savait toutes les personnes ici suffisamment entraînées et conscientes pour protéger leurs vies et leur honneur.
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Hisashi McAry
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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Sam 8 Nov - 5:41

Les deux partenaires montaient à l'étage tandis que le Commandant traînait un peu ses pas, légèrement déçu de ne pas être accompagné de son invitée. Pourtant, la joie de retrouver Maï prenait le dessus. Il ne l'avait pas revu depuis des années et sa venue faisait remonter tout un tas de souvenirs et de sentiments. Elle semblait plus belle, plus sûre d'elle, mais surtout elle avait gardé son humour, le vouvoyant en premier lieu. Il savait qu'elle n'aimait pas ça, qu'elle considérant les hommes et les femmes comme égaux, un point de vu visionnaire qu'il partageait malgré tout. Pourtant, il tenait à la hiérarchie et il estimait aussi que même égaux, les Hommes devaient savoir faire preuve de respect. Et si l'on ne pouvait prouver son respect facilement, un simple mot pouvait le faire. Pourtant, c'était aussi une illusion. Le vouvoiement renvoyait surtout au détachement puisqu'il était utilisé pour parler à des inconnus. On ne respectait pas des inconnus. On respecte avant tout les personnes que l'on connait et qui méritent d'être respectés : les autres ne sont que des inconnus que l'on traite différemment pour montrer la distance émotionnelle. Le manque d'intimité. Aussi, le vouvoiement étant autant une preuve de distance qu'une preuve de respect. Et puis, il y avait le cas gênant où l'on connaissait le nom, mais pas la personne. Lui-même était très connu depuis son ascension au rang de commandant. On le vouvoyait par respect et aussi par crainte, mais tout en marquant à la fois la distance. C'était un cas étrange où l'ensemble se mêlait. Au final, on ne pouvait pas dire quel vouvoiement était utilisé. Cette langue était trop ... complexe. Il aurait préféré en parler une autre où ces distinctions futiles n'auraient pas lieux d'être. Une langue qui comprenait que tout ne reposait pas que sur le sujet de la phrase ni comment on le désignait, mais plutôt sur son contenu. Les colons avaient un problème avec ça.

En fait, ils étaient très bons pour parler. De très bons orateurs. Ils trompaient les indiens avec une aisance assez effrayante et il pouvait leur faire croire à un monde meilleur d'une simple phrase. Quelques « vous » ci et là, quelques « monsieur » et certains mots compliqués, le tour était joué. Les indiens pensaient à mieux, à plus développé. Au début beaucoup ont cru en leurs paroles. Finalement, ils eurent compris que ce n'était que des paroles et une guerre eut lieu. Silencieuse mais présente. Une de celles dont on ne parle que trop peu et dont son père avait été témoin. À l'époque, il avait massacré avec son cortège un fort entier de templiers juste pour leurs crimes. Il se souvenait ce jour l'avoir vu couvert du sang de ses ennemis, rentrant à la main avec un grand sourire. Il avait eut ces mots, ce jour-là : « Mon fils, promets-moi de toujours faire ce qui est juste. Non pour toi ou l'ordre, mais pour celui qui ne peut se défendre. Les mercenaires vendent leur force pour vivre, mais les samouraïs l'offrent à ceux qui n'en ont pas. N'oublies jamais de lier les deux. Aujourd'hui, des hommes sont morts pour avoir prétendu aider les faibles. Ce déshonneur leur a couté la vie ». Et, à l'époque, il avait écouté les sages paroles de son père sans forcément en connaître le vrai sens. Plus âgé aujourd'hui, il savait ce qu'il en était et il appliquait ses mots de son mieux.

En arrivant à l'étage, il finit par s'assoir aux côtés de ses cinq meilleurs mercenaires. Bien sûr, Maï reçue quelques cris de joie. Son retour enchantait notamment Elsa dont elle était proche. Gildartz adorait sans doute toutes les jolies femmes, aussi il était très heureux d'en revoir une dont il avait sans doute secrètement oublié l'existence durant les deux dernières années ; il s'en souviendrait vite. Quant à Grey ... eh bien, disons que pour voir une expression sur son visage il aurait eut besoin de quelques cours de sociabilisation et de politesse, pour leçon numéro une : enlever son masque notamment lors de telles réunions.


- Oh. Alors après tout ce temps, seul le nombre de mes victimes t'intéresse, Maï-kun ? Eh bien, j'en ai tué dix-neuf ce jour. En fait, nous revenons tout juste d'une excursion avec Grey-san. Dix-neuf mercenaires qui valaient en effet nos rangs trente-quarante comme précisé par notre maître-espion. Et en cinq ans, tu sais que je n'ai jamais réellement fait les comptes, si ce n'est lors de grosses sorties. Il n'y en eut qu'une il y a deux ou trois ans où une cinquantaine d'hommes moururent de ma main. Deux cents en tout, me semble-t-il. Enfin, voilà qui devrait raviver quelques souvenirs à nos amis ici.

Il parlait d'une opération ayant lieu avec Elsa Scarlett, et notamment le numéro cinq du cortège. Il avait ce jour-ci enrôlé les dix premiers à l'exception de Grey McGun, Gildartz Clive et bien sûr Maï. Une opération assez amicale en fait sur un fort de tuniques rouges ayant causées quelques ennuis aux alliés des mercenaires. Une grande erreur qu'ils n'ont plus refaite depuis.

- Toutefois, un événement marquant eut lieu aujourd'hui. Et puisque tu n'es pas au courant, permets-moi d'en reparler. Gitsune, la Shinobi Noire est de retour. Tu connais ses talents, sa force. Et comme aux autres, je t'interdis de la combattre. Si tu la croises, fuis. Gildartz lui-même a eut cet ordre. Si un seul ici va à l'encontre de cet ordre direct, sachez que je finirais son travail, si elle ne le fait pas elle-même ... Enfin, réjouissons-nous. Tu es de retour ! Et le cortège des cents démons va pouvoir retourner au travail. Notre ami Grey-san étant convié pour ne pas user d'un autre mot à rester un moment parmi nous. Son absence m'importune quelque peu même s'il m'est très utile dehors. Une visite de temps à autre ne ferait pas de mal, n'est-ce pas ...

L'intéressé baissa le regard quand celui du commandant se posa sur lui. Il avait sans doute un peu honte d'être si peu présent mais aussi peur des conséquences. Bien qu'au fond de lui, il savait qu'il n'y en aurait aucune. Il finit par les relever quand la danseuse vint reprendre la parole sur une chose qui les avait tous surpris, ou presque.

- Eh bien, il est temps. Le cortège n'a pas bougé depuis longtemps. Du moins, seul les trois derniers ont réellement bougés. Sans cesse même. Personne n'a visé plus haut. L'idée ici n'est pas de se tuer, ce sera interdit. Chacun devra montrer la maîtrise qu'il possède sur lui-même. Toutefois, les mercenaires tentant leur chance pourront voir leur véritable niveau sans risquer une mort certaine. Beaucoup ont peur de la défaite, ils préfèrent alors rester dans l'ordre sans viser le premier étage. C'est une chose que je ne peux accepter. Cet ordre est ma famille, aussi la mort des mercenaires lors de ces combats m'attriste. Mais c'est aussi un bien. Grâce à ce but, l'ordre avance et progresse. Sans ça, nous ne serions pas à notre niveau actuel. Aussi, j'organiserai sans doute plusieurs rencontres amicales de ce type dans l'année. Il y aura des conséquences néanmoins. Le vainqueur du tournoi amical devra redonner une chance au perdant, dans le cas où celui-ci est un détrôné, dans un combat à mort, cette fois. Un homme qui a peur de mourir n'a pas sa place ici. Donner sa vie au combat est un honneur, d'autant plus lorsque l'épée est celle d'un frère. Je compte sur vous cinq pour ne pas perdre. Grey-san, tu risques d'avoir un ou deux adversaires. Le combat aura lieu à l'étage. Ceux aux rez-de-chaussé n'auront d'ailleurs pas le droit de combattre le top vingt. La prétention ne mène à rien ...

Il mit un regard tendre sur son amie d'enfance avant de scruter l'assemblée. Il faisait déjà ses pronostics sur les combats à venir. Qui défierait qui, et qui en sortirait gagnant. Il savait que le top trois ne défieraient personne. Gildartz s'amuserait peut-être à défier son commandant même s'ils s'entrainaient souvent ensemble. Un moyen pour lui de se mesurer au plus haut de l'élite tout en réaffirmant sa puissance dans un combat public. Il aimait effrayer au point de n'être jamais défié par quiconque ; après tout s'il était défié il serait obligé d'écourter ses voyages pour revenir réaliser le dit défis. Une chose qu'il ne pouvait accepter.

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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Jeu 13 Nov - 21:29

La lune brillait haute, et ses rayons traversaient les fenêtres de la bâtisse, dessinant de superbes courbes blanchâtres sur le bois brut des tables de l'étage. Maï n'avait cessé d'être parfaitement attentive durant la totalité du discours qu'avait entreprit son ami. Si l'on s'était donné pour tâche futile de choisir un élément dans cette pièce pouvant illustrer la notion de prestance, c'était évidemment sur lui que l'attention se serait porté. La manière calme et habile qu'il avait de décrire les choses sonnait comme rassurante pour la jeune femme. Tant qu'il gardait certains aspects de sa personnalité auxquels elle avait toujours été attachée, il lui semblait que le monde pouvait un jour s'écrouler sans qu'elle n'ait à s'en inquiéter. Le dicton avait beau traiter de paroles qui s'envolaient et d'écrits à l'étrange propriété de rester, idée totalement perchée par ailleurs car tout passe un jour par la force du temps, elle n'accordait réellement d'importance qu'au cœur et à la capacité d'être. En cela, Hisashi avait toute son estime, puisqu'en plus d'être d'une extraordinaire importance à ses yeux, le personnage qu'il avait développé en lui s'avérait particulièrement intéressant. Si certaines personnes avaient le don d'ennuyer au bout de quelques simples mots, lui dégageait une indiscutable aura faite de charisme tranquille et de charme.

Et des paroles, elle en entendait énormément depuis quelques minutes. Le Commandant suprême semblait avoir répondu à son ironie avec tout autant de finesse, et elle ne put s'empêcher de sourire à nouveau. Le nombre de morts n'était évidemment pas la seule chose qui l'intéressait, mais une sorte d'instinct avait reprit le dessus et posé cette question à sa place. Elle songea que deux-cents tués en cinq ans était un bon nombre, si l'on excluait tous ceux dont qui n'avaient pas eu le temps - ni l'honneur - de rentrer dans le décompte.

Répondre et interagir après toutes les paroles d'Hisashi aurait été gratifiant mais inutile, aussi elle se tut en attendant la seconde partie des explications. Le barman venait d'ailleurs de faire apparition en haut des escaliers, la commande de Maï entre les bras, une expression mêlant envie et admiration sur le visage. Il s'approcha du cercle que formaient les cinq mercenaires, et déposa la théière sur une table ainsi qu'une tasse et le fameux verre de whisky. Il pouvait sans doute, même s'il ne l'aurait jamais avoué devant eux, remercier la fainéantise passagère qui envahissait parfois l'esprit de la japonaise et qui l'avait empêchée d'attendre de monter ses boissons elle-même. Couplée à l'attente pressante de revoir ses amis, elle avait incité en elle un total refus de perdre quelque temps que ce soit, fût-ce pour se remplir l'estomac.


- Merci, John, je vous paierai un peu plus tard.

L'homme acquiesçât et redescendit ensuite les escaliers de la démarche maladroite qui le caractérisait. En portant la tasse à ses lèvres, Maï se rappela qu'il n'était pas un mauvais bougre, toujours enclin à rendre service et heureux de son métier, et se promit de lui laisser un pourboire avant de quitter les lieux.

Alors qu'elle posait la boisson devant elle, un élément attira son attention plus que les autres, et confirma d'anciens doutes plus qu'il ne la surprit. Elle avait autrefois longuement côtoyé Gitsune, tout comme son vis-à-vis, et tout comme lui connaissait ses immenses capacités. Personne n'avait semblé l'égaler durant de longues années, et sa force dépassait tant l’entendement qu'elle aurait pu paraître inhumaine. Tous avaient autrefois cru à son départ définitif, voire à un exil quelconque, mais la jeune femme avait toujours soupçonné qu'elle n'en resterait pas là, comme trop déçue et trop atteinte par la nomination de leur ami commun "à sa place" pour ne pas engranger de conséquences. Si elle avait attaqué un membre du cortège ou même un de l'ordre, elle s'était forcément attiré le courroux mais surtout l'attention de son élite, et c'était probablement justement ce qu'elle cherchait. Un avertissement lancé à la foule comme une pièce de viande jetée à un chien pour le contenter en attendant la suite.


- Il était évident que je n'allais pas chercher à combattre, Hisashi. Elle était - et reste, certainement - bien plus forte que bon nombre de nos hommes réunis. J'espère seulement que personne ne sera victime d'une pulsion de stupide courage qui l’amènera inéluctablement à la mort. Où était-elle durant tout ce temps, c'est ce que je voudrais savoir. Il est d'ailleurs étrange que son retour coïncide avec le mien... Un caprice du destin, sans doute.

Le sujet changea presque brutalement, sans doute par volonté de ne pas s'attarder sur des éléments pouvant rapidement saper le moral des troupes. Grey était apparemment resté, durant ces cinq ans, tel qu'elle l'avait toujours connu : une ombre furtive que l'on pouvait croiser uniquement grâce à son bon vouloir. Elle ne put s'empêcher de poser un regard tendre sur lui, il était après tout si peu habitué à ce genre de fêtes. La sociabilisation n'était peut-être pas son fort, mais cela n'avait rien de mal aux yeux de Maï, et elle ne lui aurait jamais reproché. Chaque personne possède sa propre manière d'être, et personne n'a réellement le droit de juger ou changer le moi profond d'un autre. Personne ne pouvait, par ailleurs, nier l'extrême utilité que représentait cet homme à l'extérieur.

La tirade se conclut finalement sur le point qui l'avait intimement frappée, et sur lequel elle tenait absolument à revenir. Certes les combats ne seraient pas, pour la plupart, à mort. Mais on ne pouvait écarter le danger qu'ils représentaient, surtout lors de la visée des places les plus hautes. La jeune femme avait suffisamment de certitudes pour ne pas s'inquiéter de trop lors de ces événements, mais rien ne pouvait exclure une erreur, un bras mal placé, une lame trop courbée pour être évitée et causant des ravages. Il était pourtant vrai que le cortège n'avait pas été au complet depuis bien longtemps, et qu'il était d'office inscrit dans les mentalités que cela entraînerait des conséquences exceptionnelles. Ce tournoi en était une, et la probable remise en marche des cent démons une autre. La qualification des rencontres comme "amicales" était également un point rassurant, qui n'ôtait pas toutefois la présence du risque. Une vie de risque et de dangers était la voie qu'ils avaient tous suivie, au final, alors peu importaient réellement les conséquences aux yeux de la numéro quatre. Personne ne pouvait en théorie vous forcer à devenir mercenaire, et personne ne pouvait, le cas échéant, vous forcer à le rester. L'ordre considérait toutes ses recrues comme pleinement dans leur choix, faute de quoi elles étaient renvoyées chez elles. On ne joue pas avec sa vie sans réfléchir comme avec les simples pions d'un échiquier.

Une lueur traversa sans prévenir l'esprit de Maï, alors qu'elle reposait son verre de whisky à moitié vide. Une illumination un peu folle, mais qui lui correspondait bien, elle la spontanéité incarnée. Elle ne savait pas si cette soudaine envie était liée ou non à son retour, mais un rapide coup d’œil sur les deux lames qu'elle avait posées à terre lui fit comprendre que la motivation était réelle, bien que ce fut un coup de tête dont elle avait pourtant la maîtrise. Elle planta son regard dans celui de son partenaire, et déclama d'une voix sûre :


- Effectivement, je crois que cela va s'avérer très intéressant que tout le monde s'affronte. Compte sur moi pour participer activement, je tâcherai de répondre à un maximum de combats. Mais pour l'heure, si tu n'as rien d'autre de prévu, j'ai besoin de me décrasser quelque peu. A part quelques vagabonds à droite et à gauche, cela fait bien deux mois que je n'ai eu aucun combat sérieux... Hisashi, voudrais-tu combattre ? Tu seras mon premier défi.
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Hisashi McAry
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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Ven 14 Nov - 4:41

Au premier étage, la discussion entre les cinq premiers de l'élite et le commandant continuait. Autour d'eux, d'autres discussions avaient vu le jour et la plupart traitait de deux sujets, les deux étant en rapport avec les annonces de leur supérieur. En fait, peu n'en parlait pas. On parlait principalement des prochains défis qui auraient lieu. Beaucoup se jugeait, soi-même ou par le biais d'un ami. Ce jugement n'était que rarement juste et il ne reflétait jamais complètement la réalité. Par gentillesse et égard envers leur ami, la plupart le surclassait. Une erreur car cet ami pouvait bien courir à la mort. C'était certes agréable à entendre, agréable de voir combien on tenait à nous, mais cela pouvait être aussi dangereux que de se jeter dans les bras d'un groupe d'hommes, mains attachées dans le dos. Il ne fallait pas être aveugle et connaître ses propres forces, ce n'était pas à un autre de nous les dire. Si on ne se connaissait pas soi-même, comment une autre personne le pourrait. Enfin, heureusement, quelques rares personnes savaient rester justes et franches. Leur avis n'était pas très loin de la réalité. Et s'il y en avait un qui pouvait correctement juger, c'était Grey. Sa capacité d'analyse et de jugement étaient de loin les plus impressionnantes qu'il ait pu rencontrer. Il pouvait juger un ennemi à son apparence. Il lui suffisait ensuite de le voir combattre une fois ou de le jauger en début de combat quelques minutes pour connaître tout ce dont il avait besoin. Sa force, son classement comparé aux membres du cortège, ses vices, ses manies, ses tics, sa façon de bouger lorsqu'il attaque, parfois même jusqu'à la position exacte de son pied lors de tel ou tel mouvement. Il pouvait alors tout anticiper, jusqu'au moindre détail. C'est pour cela que, discrètement, il avait toujours été présent pour l’ascension des membres du cortège au-delà de la cinquantième place. Il observait chacun d'eux combattre amicalement l'homme au-dessus de lui et en-dessous de lui. Une façon de le voir dans la difficulté mais aussi dans l'aisance. Il était les yeux du Commandant, ainsi que ses oreilles. Mais il était aussi son stratège le plus sûr. Là où Gildartz était son meilleur élément tant il réunissait tout les points, il était le meilleur dans le domaine de l'espionne. Erza Scarelett, elle, était sa mercenaire la plus talentueuse, la plus redoutable mais aussi la plus persévérante. Il avait toujours dit que dans son cas, il valait mieux cinq coups qu'un seul car il ne fallait jamais la laisser pour morte, plutôt s'en assurer. Maï, elle, était la finesse. La grâce. Elle avait une précision de mouvement quasi chirurgicale qui la rendait parfaite pour les missions de précisions et de camouflage. Elle savait se rendre silencieuse et meurtrière, gracieuse et précise. Quant au cinquième ... Il était aussi spécial qu'on pouvait l'attendre au vu de son apparence.


Dracule Milhawk, cinquième dans le classement. Un être solitaire d'une force physique incroyable compte tenu de son apparence et qui avait une longue et large épée courbée. Il disait qu'avec elle, il pouvait couper un homme en deux ainsi que son cheval. Il n'avait qu'à se mettre sur un genoux, bien ancré au sol, l'épée tendue droite devant lui, bloquée contre son épaule. Le cheval venait lui-même se tailler en deux, son maître le suivant de près. Elle était sa meilleure arme contre les cavaliers. Il en avait une autre, une lame cachée dans une grande croix chrétienne qu'il avait autour du cou. Plus comme une dague ou un couteau, il s'en servait pour les ennemis qui ne valaient pas la peine de dégainer sa meilleure lame, une insulte pour tout ses ennemis qui connaissaient la renommée de cette homme. Lui, il était sa voix. Il parcourait le pays à la recherche d'allier. Un mercenaire solitaire dont l'intérêt était aussi bien le meurtre que le recrutement. Intéressant personnage.

Enfin, pour en revenir à Maï, la discussion continuait avec elle sur le sujet de Gitsune. Elle n'avait pas refusé l'ordre qui lui était donné, un bon point. Mais sans surprise. Elle connaissait la Shinobi Noire quasiment aussi bien que lui pour avoir passé son enfance avec elle. Elle connaissait deux de ses points faibles : sa haine envers Hisashi qui la rendait manipulable tant qu'elle pensait pouvoir se venger, et son arrogance. Le commandant, lui, en connaissait une troisième. La plus grande faiblesse qu'il ait réussi à observer jusque là : Maï. Elle était la seule à avoir pu, un jour, l'arrêter dans un combat. D'un regard et de quelques mots, elle avait stoppé Gitsune avec force. Un impact inoubliable. Ses sentiments pour elle devaient être proches de ceux d'une sœur, jumelle peut-être même. Plus petite qu'elle, mignonne et innocente, il lui avait suffit de demander d'arrêter de taper ce jeune garçon pour qu'elle ne cesse de bouger, le lâchant dans la seconde. Sa première mission fut un échec car il s'agissait là d'un assassinat mais, de mémoire là aussi, elle n'avait jamais regretté. Alors il était soulagé qu'elle refuse un combat contre elle, car si elle était revenue ce même jour ... Ce n'était peut-être pas un hasard. Elle était trop loin pour être atteinte, et maintenant, elle était la seule chose qui pouvait sans doute réellement l'atteindre, la seule chose qui la pouvait faire s'arrêter sur le chemin qu'elle avait choisit, dans ses actes. Et, il ferait tout pour la protéger.

La conversation continuait et la demoiselle répondit à son commandant. Il écoutait ses paroles attentivement. Il savait qu'elle comptait participer. Jusque là aucune surprise. Puis doucement, ses traits changèrent. Les mots défilaient d'un coup. Rien d'autre de prévu. Se décrasser. Dis-le ! Combat sérieux. Allez ! Voudrais-tu me combattre ? Oui ! Celui-ci ! Ses traits changèrent. Il souriait. Son regard était devenu si noir et hypnotisant qu'on ne pouvait sans défaire. Sa tête était comme possédée, il était excité, impatient et surtout, il avait soif. Soif de sang. Le défier était un acte interdit en temps normaux car la mort n'était pas douce. Il coupait ses victimes, les faisant regretter de vivre. Il lui arrivait parfois d'être plus tendre comme plus tôt dans la journée, mais il s'agissait surtout de ne pas choquer son entourage. Elsa, en l'occurrence. Mais là, la façon dont elle l'avait dit avait fait bouillir son sang. Il aurait presque pu lui sauter dessus s'il ne se maîtrisait pas assez, comme il y a quelques années encore.



Une main vint se poser sur son épaule, celle de Gildartz. Assez ferme pour la lui faire sentir, lui faire comprendre la présence de cette main et à qui elle appartenait.

- Elle parlait des défis amicaux, Hisashi. Calmes toi.

Le démon reprit ses esprits. Son regard s'adoucit de nouveau. En tant d'années d'absence, elle avait peut-être oublié la façon dont on devait lui parler au niveau de ces choses-ci. Il ne fallait surtout pas le défier directement. Encore moins lui proposer un combat. Le mot combattre, en fait, était à oublier. On lui proposait un entraînement, rien d'autre. Un échange de techniques pour être encore plus prudent. Dès que l'on parlait de combattre, de défis, le commandant en venait à perdre son sang froid et le véritable démon qui était en lui se réveillait. Il devenait alors un tueur sanguinaire usant toute sa puissance et sa maîtrise de l'épée pour anéantir l'âme et le corps de son adversaire. Au point qu'une pelle soit nécessaire pour ramasser les morceaux. Un cuillère pour les plus petits ...

- Fais attention à ce que tu dis, Maï. Tu ne voudrais pas qu'il se déchaine ici. Pas sur son terrain de jeu. Ne te souviens-tu pas des interdits ? Enfin, tu voulais peut-être voir une nouvelle fois cette réaction. Je dois dire, je l'apprécie aussi. Ce regard ... J'aurai beau le voir toute une fois, des dizaines de fois chaque jour, j'aurai toujours la chair de poule.

Les trois autres mercenaires autour de la table avaient une main posée sur leur arme principale. Juste au besoin. Dans ce cas on avait deux choix. Maîtriser le commandant ensemble, ou éliminer ce qui l'avait rendu ainsi. Puisqu'il s'agissait d'une personne qu'il considérait comme sa sœur, il aurait fallut le maîtriser et là, il n'y avait pas d'aide inutile. D'ailleurs les mercenaires ne l'ayant jamais vu jusque là s'étaient ... eh bien, ils avaient soulagé leur vessie. Certains du moins, d'autres avaient reculé de dix pas et manqués de tomber quand d'autres l'avaient réellement fait. On ne donnait pas le surnom de démon à la légère après tout ...

- Hm. Je suis navré, Maï-chan. Ces mots ont toujours une certaine emprise sur moi. Mon père les utilisait pour m'entraîner mais, au fil du temps, Gitsune les a rendu démoniaques. Je ne sais toujours pas comment elle a fait ce petit tour, et c'est ce qui m'effraie chez elle. J'ai peur de ces choses. De son hypnose. Enfin bon. Navré. Je serai ravi de t'aider à te décrasser. Ces samouraïs de second étage ne m'ont clairement pas satisfait aujourd'hui, leurs erreurs étaient trop grossières pour que j'en apprécie la beauté. Montres-moi ta danse, Ketsueki ni dansu. Je t'attends ...

Il n'avait pas bougé de son siège et il n'en bougerait pas à moins qu'elle ne dégaine ses armes et ne vienne l'en déloger, en espérant qu'elle n'abîme pas le fauteuil, c'était son préféré à cet étage. Et puis, il espérait aussi que les mercenaires autour bougeraient, il ne voulait pas les blesser dans ses mouvements. Un ou deux, d'ailleurs, voudraient sans doute réagir en pensant à une sorte de trahison mais un bras viendrait se tendre devant eux, ou un couteau se planter à leurs pieds. Signe amical de ne plus bouger selon Grey McGun. Agréable, n'est-ce pas. Enfin, en voyant les quatre autres de l'élite alors présents près d'eux ne faire aucun mouvement et regarder avec sourire, ils comprendraient tous. Autant dire que l'étage inférieur aurait de quoi se mordre les lèvres pour rater ça. Qui sait ? Peut-être sauteraient-ils en bas pour continuer le combat à un moment ou à un autre. Leur air de jeu était grande.

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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Lun 8 Fév - 16:55

Le bruissement du temps qui circule entre les actions s’était presque arrêté.
Et mince.

Maï aurait dû être plus prudente. Elle aurait dû savoir que ce n’était pas la bonne manière d’agir. Elle ne se souvenait pourtant que trop bien de ce qui pouvait se produire si elle le poussait à bout. Pour autant, ses neurones s’étaient comme déconnectées l’espace d’un instant, laissant place au vide de l’excitation et à la fureur d’une demande presque vitale.

Elle devait combattre. Elle en avait besoin.

Non pas parce qu’elle avait les muscles encrassés après la paresse d’un voyage qui n’avait sollicité que ses jambes - quoi que ce fut tout de même un bel effort, vu la durée de celui-ci - mais parce que le besoin d’une confrontation rugissait en elle. Elle savait parfaitement contrôler ces états, que l’on ne pouvait pas même qualifier de pulsions à la lumière de leur rareté, mais la jeune mercenaire n’avait pour le moment cure de savoir s’il était bon ou non de s’engager. Elle était prête. Peut-être même un peu trop. Et le regard perçant, cuisant du mercenaire en chef avait eu tôt fait de le lui rappeler.


- Excuse-moi, Mihawk.

Son regard était remonté vers le Cinquième, empli de compassion.

- J’aurais dû faire attention.

Elle finit par se lever, jetant un dernier coup d’œil à son verre pratiquement vide, et plongea ensuite son regard dans celui d’Hisashi.


- Je ne tenais pas à te mettre dans un état pareil. Me pardonneras-tu ?

Elle ponctua cette dernière phrase d’un sourire franc, avant de ramener ses cheveux vers l’arrière pendant que son vis-à-vis répondait d’une tirade qui avait tout d’une confession pour qui ne connaissait pas déjà la situation. Situation ô combien complexe, en témoignaient un passé et un destin qui liait les trois jeunes gens dans le meilleur comme dans le pire – le pire étant visiblement plus à craindre ces temps-ci. Il faudrait rester constamment sur ses gardes, épier, se méfier du moindre renseignement, et tout particulièrement éviter de sortir non accompagné au vu du danger qui s’étendait au-dehors. Maï avait assez confiance en elle pour se donner un semblant de ligne de conduite qui saurait la tirer du pétrin en théorie, mais elle se savait loin, bien loin du niveau de celle qu’elle avait autrefois côtoyé en acte. Suivant ces incertitudes, il était donc bien plus prudent de rester à l’écart et de laisser faire les professionnels. En l’occurrence, la seule personne réellement capable de protéger le cortège entier : son meneur.

La jeune femme se tira finalement des quelques instants qu’elle avait accaparés pour sa petite réflexion. Il était temps.

Les lames s’entre-choquèrent en une fraction de seconde.

Personne ne les avaient vus bouger. Eux-mêmes avaient réagi au quart de tour, et s’étaient retrouvés en position de garde avant même que les autres présents ne puissent comprendre ce qui s’était produit.

Maï avait frappé, et son attaque s’était heurtée à un mur de vent.

Effectivement, il l’attendait de pied ferme.

Les coups suivants furent échangés dans la rapidité et la précision qui caractérisaient autant les deux êtres que leur style de combat. Les curieux du rez-de-chaussée qui avaient tenté de s’approcher de l’escalier pour mieux voir avaient rapidement reculé de quelques pas, alors que les membres de l’élite du cortège faisaient de même à l’étage. Bientôt, le monde n’exista plus autour d’eux.

Il ne fallut pas longtemps à la japonaise pour s’échauffer, et bien qu’elle se doutât que son vis-à-vis ne donnerait pas tout dans ce combat de peur que cela ne finisse en bain de sang, elle était décidée à en profiter jusqu’au bout. Ses muscles tiraient, c’était bon signe. Au bout de quelques minutes, sa posture changea, ses coups devenant plus affinés encore. Les choses sérieuses allaient commencer. Hisashi était aussi rapide et prévoyant qu’elle l’avait espéré ; aucun des deux n’avait encore atteint l’autre, et au fond d’eux, ils n’espéraient pas le faire. Leur manière de se combattre avait la souplesse de l’expérience et tout un chacun pouvait très bien voir qu’il ne s’agissait pas d’un affrontement sérieux, si ce n’était dans la forme.

Petit à petit, des encouragements se firent entendre des deux côtés de l’étage. Maï ne se focalisa pas dessus et mit à profit les quelques ouvertures qu’elle pensait avoir pour tenter de percer la défense adverse, sans grand succès, puis repoussait à son tour une attaque avant de bondir sur le côté, entretenant ainsi un ballet qui ne semblait pas avoir de dominant. Il était évident, pour quelqu’un d’avisé, que les deux combattants s’amusaient tout en finesse. Un simple néophyte, en revanche, aurait très certainement cru en un réel combat à mort.

Le challenge, soudainement, devint plus intense. Hisashi se faisait plus intrinsèque, plus affirmé dans ses coups, et mettait la vitesse et la dextérité de la jeune femme à rude épreuve. Elle parvenait à suivre, mais son corps lui fit rapidement payer les frais d’un entraînement qu’elle n’avait pas, contrairement à son adversaire, mené jusqu’à sa plus haute limite – en partie car on ne l’avait pas laissée faire. Elle continua pourtant de parer, esquiver, rendre et brandir sa lame au cœur d’une danse qui semblait ne pas avoir de fin.

Le sang battait contre ses tempes. La sueur commençait à perler le long de son front. Elle esquiva un ultime coup de katana, et prépara ses jambes pour une torsade alors qu’Hisashi reprenait l’assaut.

Trop vite. Il avait déjà bougé.
Trop tard. Elle s’était envolée.

Le chuintement des lames qui se confrontent résonna une fois de plus dans la pièce, alors que les deux combattants continuaient à faussement s’entre-tuer.

Puis, à la fin d’un instant qui semblait devenir une vie, la tornade cessa. Le temps de reprendre son souffle et d’observer les dégâts. Fin du premier round.

Maï n’était que légèrement blessée à l’épaule. Elle pesta mentalement en songeant à son yukata déchiré, mais se reconcentra rapidement sur le contrôle de sa respiration. Elle aurait bien le temps d’en faire fabriquer d’autres plus tard, d’autant plus qu’il lui restait bien assez de vêtements pour tenir les prochains jours sans avoir à tout laver.
Hisashi, lui, n’avait rien. Ou du moins, rien qui se laissât voir.

La pause improvisée et communément accordée par un regard dura moins de deux minutes. Déjà, les lames recommençaient à chanter.

Dehors, la neige continuait de tomber, imperturbable.


Dernière édition par Yuuga Maï le Sam 13 Fév - 20:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Ven 12 Fév - 4:56

Accusant son erreur, Maï s'était retrouvée comme figée l'espace d'un instant. Elle semblait absente durant une fraction de secondes, juste après qu'elle ait fait cette erreur. Le démon s'était excusé mais c'était elle qui, à présent, se sentait coupable. Elle s'excusa, lui demandant s'il l'a pardonnerait : c'était bien sûr le cas. Tout de suite après il s'était mit bien au fond de son fauteuil avec son air de défis. Pour des gens trop faibles, ce visage à cet instant aurait paru très arrogant. Hisashi ne laissant paraître aucun manque de confiance. Son corps était entraîné chaque jour dans la sueur d'un entraînement rigoureux et par des échanges d'épées avec certains membres de l'élite. En somme, depuis son départ il s'était entraîné chaque jour sans compter les véritables combats qui pouvaient avoir lieu. Certains n'avaient été que pure folie comme ce soldat plus tôt, mais d'autres avaient été un rien plus divertissants de par le nombre d'ennemis.

Dans le cas présent, l'ennemi n'en était pas un et son nombre si peu élevé qu'on pouvait à peine s'en inquiéter. Il connaissait sa danse et savait qu'elle n'avait jamais été très à l'aise lorsqu'elle loupait l'entraînement trop longtemps. Ce fut une des épreuves de son père, à l'époque. Il avait ordonné aux deux jeunes enfants de ne plus s'entraîner durant un mois complet, puis, après celui-ci, il leur fit subir un entraînement intensif au possible. Le Commandant Suprême avait cru mourir ce jour tandis que dans ses souvenirs Maï vomissait son petit déjeuner. Les jours qui suivirent furent difficiles alors pour le McAry mais la routine revint vite tandis que, de son côté, Maï semblait plus lente à ce niveau. Après quelques temps, elle avait repris le train en marche en reprenant son niveau.

Alors, ce jour-là, il regardait Maï avec toute la confiance du monde. Elle pouvait peut-être le surprendre en utilisant de nouveaux moments, de ceux que l'on apprend en partant à l'étranger, mais il doutait sincèrement que le combat soit équitable. Il envisageait la chose simplement : il la laisserait mener la danse lors d'un petit échauffement simple où il éviterait chaque coup avec une précision chirurgicale au point que même ses vêtements ne seraient pas abîmés, tout en essayant de lui montrer les failles de sa défense en déchirant doucement les siens. Il fallait le dire, il l'avait toujours trouvé jolie et il n'était pas non plus contre le fait de voir un ou deux morceaux de sa peau ; en espérant ne pas la faire saigner. Et puis, dans un second temps, il déroulerait son jeu. Si le premier lui plaisait, il risquait peut-être de laisser la demoiselle se chauffer réellement pour un troisième round où il serait sans doute sans pitié. C'était à voir, elle n'avait plus qu'à bondir ... Et elle le fit.

Brandissant son katana, il se leva en un éclair pour faire entrechoquer sa lame contre celle de la demoiselle, se souvenant malgré la soif de sang qu'il ne s'agissait que d'un entraînement. Il savait que les trois membres autour de lui les avaient vu bouger, sans doute à peine pour Mihawk. La vitesse de la demoiselle n'avait pas vraiment diminuée mais sa force, elle, semblait un rien moins présente. La tenue de sa garde était ferme mais manquait de la pression qu'il avait autrefois ressentit dans toute la lame. Il trouvait dommage qu'elle n'ait pu s'entraîner autant qu'elle l'aurait sans doute voulu. Il n'eut pas le temps d'avoir plus de regrets que l'entraînement débuta réellement. Elle essaya une attaque d'une rapidité fulgurante mais qui fut immédiatement déviée. Il lui en faudrait plus pour l'atteindre. L'enchaînement qui s'en suivit dépassait les mots. Les membres de l'élite qui ne connaissaient pas la demoiselle purent finalement apprécier sa grâce tandis que le Démon semblait s'essayer à la danse sans succès. Son style, à lui, était tout aussi gracieux mais dans un autre genre. Lors de combat sérieux sa vitesse semblait inhumaine et il semblait patiner à travers ses ennemis pour les découper dans une mort honorable. Et lorsque le combat était un peu plus complexe, il réfléchissait avec une extrême rapidité à la meilleure stratégie, se frayant alors un chemin qui dessinait son plan. Mais malgré tout ça, il n'approchait guère la grâce de la demoiselle, oh non. Il savait qu'à présent les hommes étaient hypnotisés par celle qui dansait devant eux. L'un d'eux voulut même la défendre mais, comme prévu, reçu une dague devant ses pieds qui le stoppa net. Son regard vint directement atteindre Grey qui lui fit signe de reculer, ce qu'il fit immédiatement.

Après quelques échanges Maï semblait finalement retrouver ses bases, sa rapidité allait en s’accélérant et ses coups étaient déjà plus assurés. La foule commençait d'ailleurs à acclamer les gens ce qui continuait de rappeler au Démon que ce n'était ici qu'un jeu. Fichu Gitsune. Il la maudirait jusqu'à la fin des temps pour avoir ainsi fait du combat une chose si sanglante aux yeux de Hisashi. Il ignorait totalement comment elle avait fait mais qu'importe. Mäi tentait d'entrer dans les ouvertures qu'il laissait à peine apercevoir afin de tester ses réflexes. Le temps ne l'avait pas tant rouillé que ça, elle gardait un corps et un esprit vifs. Il avait toutefois déchirer un rien son yukata dans une de ses dernières répliques, soulagé de ... ah non, la suivante avait fait un rien couler le sang. Il s'en voulait un peu ce qui était complètement inhabituel pour lui mais elle était spéciale à ses yeux.

La sueur commençait doucement à se voir sur le front de son adversaire tandis que Hisashi semblait aussi en forme qu'avant de commencer. Il était habitué à la chaleur du repaire depuis des années et cet échauffement ne le ferait pas transpirer. Il vit la demoiselle fait un pas un rien en recul et compris qu'elle voulait attaquer mais il bougea plus vite, elle eut tout juste le temps de contrer. Le Commandant Suprême compris que c'était la fin du premier round, et c'est un sourire aux lèvres qu'il s'écartait lentement. Un peu plus loin, Gildartz parlait aux autres membres de la haute élite.


- Elle est toujours impressionnante. Je ne me lasse pas de sa danse. Quant au Commandant, je ne saurais que dire. J'espère le voir moins en forme demain ...

Les autres membres comprirent qu'il avait l'intention de tenter sa chance, sans doute plus par plaisir de défier son supérieur que dans l'espoir de prendre une place dont il ne voulait probablement pas. Et ce fut l'heure pour lui de voir le second round. Les attaques avaient repris peu après son intervention sous le regard attention des dix plus hauts rangs. Les uns observaient Maï en espérant pouvoir lui prendre sa place alors qu'elle semblait un rien affaiblie tandis que les autres apprenaient simplement du Commandant et de son adversaire.

En ce second round, les attaques de Hisashi se firent plus rapides et puissantes. Il avait déjà testé les deux aspects de son adversaire et voulait voir si après cet échauffement elle allait mieux. Il la vit faiblir sous un coup un peu trop violent ce qui fit passer le katana du Démon proche de son visage, elle avait eu chaud. Mais ce coup d'adrénaline semblait l'avoir reboostée. Elle para le prochain coup plus facilement comme si elle avait eut compris que les choses étaient devenues un rien plus sérieuses. Ce round, Hisashi ne laisserait plus d'ouvertures à moins que ce ne soit des pièges mortels ; bien qu'ils n'iraient pas jusque là. Si la demoiselle en voulait une, c'était à elle de la créer.

Le démon se mit soudainement à sourire comme jamais et fit un pas rapide de côté, bien trop rapide d'ailleurs. Les yeux du ninja suivirent mais les autres furent dépassés. Il tenta un coup mortel qu'il n'arrêterait qu'à un centimètre du corps de la jeune femme. À sa grande surprise, elle parait le coup. La puissance du coup censé s'arrêter avant de toucher quoique ce soit fit reculer la danseuse de plusieurs pas en la déséquilibrant grandement. Elle avait subit là une attaque à pleine puissance de son ami d'enfance qui, lui-même, n'avait pas prévu d'être paré à cet instant précis. Il fut joyeusement surpris et tandis qu'elle se remettait en équilibre sur ses deux pieds, il riait aux éclats.


- Voilà un réflexe, ma chère, bien inattendu. Je te félicite, je doute que même Gildartz ait pu esquiver une telle chose. Tu pourrais bien en surprendre un des trois avec de l'entraînement. Navré d'ailleurs pour tes vêtements, je vois qu'ils encaissent beaucoup mais que veux-tu, tu restes une belle femme à qui je ne peux résister. Mais continuons, je te prie. J'ai hâte d'atteindre le troisième round ...

Cette fois il rengaina son épée en attendant un verre d'eau du barman qui s'empressait d'en préparer d'eux, comprenant le désir de l'épéiste. Ils allaient pouvoir boire un coup pendant que les spectateurs comprennent la rapidité dont avait fait preuve la demoiselle et, alors, ils s'amuseraient dans un dernier round. Cette fois le Commandant allait s'avérer sans pitié et comptait bien finir aussi vite que possible pour montrer aux hommes et femmes autour de lui qu'il ne serait pas à défier demain.

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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Sam 13 Fév - 20:31

Ce combat avait décidément des allures de course contre la mort.

Ce n’était plus un simple affrontement, mais un véritable ballet qui se déroulait, imperturbable, sous les yeux ébahis des membres de l’élite. L’assemblée toute entière retenait son souffle.

Et Maï dansait.

Elle se fichait bien de savoir combien de temps cela devait durer, ni même combien de personnes son adversaire et elle dégoûteraient de la simple idée de pouvoir monter dans le classement. Même si elle n’était pas contre un peu de challenge, elle ne sentait pas ces appels au combat comme une nouvelle de bon augure. Trop de sang allait encore être versé. Quelques années auparavant, elle aurait sans doute déclaré que si l’un d’entre eux devait mourir par stupidité alors qu’il en fût ainsi, et qu’on ne la dérange pas avec la vie d’autrui pendant qu’elle buvait son whisky. Mais elle avait à présent trop vu et trop vécu pour prendre ce genre de considérations à la légère. De plus, la demoiselle n’était pas quelqu’un d’insensible. Ou du moins, elle possédait assez d’empathie pour se soucier de la bonne marche du cortège après un tel événement.

Elle en parlerait plus tard.

Le chuintement du fer poli l’avait suivie tout au long de sa vie. Cela avait commencé dès ses premières années, lorsqu’elle s’était formée auprès de l’homme qui tentait désormais de l’atteindre, et elle se doutait bien qu’elle ne pourrait un jour se résoudre à ranger sa lame définitivement. Au vu de son passé en tant qu’épéiste et du possible seul avenir qui s’offrait à elle, à la fois grâce et à cause de sa formation, ce type de combat lui apparaissait comme une véritable consécration.

Elle n’était plus Maï lorsqu’elle déployait ses armes. Elle n’était plus cette petite fille fragile d’autrefois, abîmée autant physiquement que psychologiquement par les épreuves de la vie. Son destin était peut-être tout tracé, et en refusant catégoriquement de changer de voie quoi qu’il puisse advenir elle se fermait sans doute un grand nombre de portes, mais elle ne voulait pas d’autre image d’elle-même que celle qu’elle avait taillée de ses propres mains. L’image d’une guerrière.
Tout en elle criait qu’elle ne pouvait rien être d’autre. Qu’on lui ait imposé l’entraînement des années durant n’avait posé que la première pierre d’un temple qui n’avait de cesse de se construire. Que ce fut ses vêtements, sa posture, sa démarche ou même la moindre des lignes de son corps, tout était fait pour la préparer au combat. Sans doute à cause de cela, elle n’avait jamais réellement pris le temps de se considérer comme une femme.

Elle se savait posséder un certain nombre d’atouts. Elle avait exploré le corps que la nature lui avait accordé et qu’elle avait contribué à muscler auprès d’hommes de multiples contrées et nationalités, plus ou moins consciente de ce qu’elle faisait, l’alcool ayant toujours été un pêché dont elle ne pouvait – et ne voulait – se défaire. Elle comprenait chaque regard un peu trop appuyé, chaque tentative de faire d’elle une nouvelle conquête, celle d’un soir ou d’une vie. Mais le concept même d’être autre chose qu’un corps dévoué à la bataille et aux plaisirs de la vie lui échappait. C’était probablement l’un des chapitres les plus longs et complexes de sa vie. L’Identité. La quête d’un moi reflétant réellement qui elle était – ou, mieux encore, qui elle voulait être. La barrière entre mensonge et réalité était si floue, le mélange des sentiments si complexes, et sa volonté d’authenticité si forte qu’elle peinait à se regarder dans le miroir plus d’une minute et à définir les limites de sa propre personnalité. Une chose était sûre, elle n’était pas une personne faible.

Elle ne se le serait jamais permis.

Laissant de côté ces réflexions la plupart du temps, elle se mouvait dans l’action par besoin d’éloigner la réalité de son incertitude. Hisashi était un bon moteur. Surtout lorsqu’ils s’affrontaient.

Leur danse était désormais si rapide que les présents autour d’eux devaient avoir du mal à suivre. Leurs lames s’entre-choquaient tantôt à droite, tantôt à gauche, et s’en suivaient une pirouette, un balayage, une série de pas plus ou moins prononcés…
Le temps s’arrêta de nouveau, et même les battements de cœur de plus en plus frénétiques dans la poitrine de la mercenaire ne suffirent plus à la cramponner au réel. Plus que de se battre, elle se donnait. Plus rien n’avait d’importance, hormis cet échange de regard constant, ce fracassement de lames qui tentaient par tous les moyens de percer la défense de l’autre. Le monde entier aurait pu s’écrouler, elle aurait tout de même continué de se battre. Tout en son adversaire n’était que coups puissants, esquives, parades et habileté. Elle frappait avec toute la souplesse que son poignet lui offrait, il répondait par un pas de garde bien placé et une attaque fulgurante. Il tentait de percer sa défense, elle rétorquait en glissant sa lame contre la sienne de manière à bien lui faire comprendre que la partie n’était pas encore gagnée.

Mais elle faiblissait.

Ses muscles commençaient à sérieusement chauffer. Son souffle se faisait déjà plus saccadé, et ses tempes battaient si fort qu’elle devait se concentrer bien au-delà de ses capacités habituelles pour ne pas les laisser prendre le dessus. Elle ralentit légèrement le jeu afin de se laisser un peu de temps pour recaler sa respiration. Il ne lui laissa pas le temps d’en profiter.

Le coup avait fusé comme éclair. Juste à sa droite, au niveau de l’aine. S’il la touchait, c’était la fin. La blessure serait sans doute trop profonde et toucherait une zone bien trop vitale pour lui permettre de se relever.

Peur.
Panique.

Le nom du monde était Incertitude. A quoi jouait-il ?

Il ne la toucha pas.

Sans doute grâce à une progression qu’elle n’avait pas elle-même soupçonné, ou simplement par un heureux caprice de la fortune qui lui avait accordé un ultime sursaut d’énergie et de lucidité, Maï avait riposté à temps.

L’atmosphère se détendit d’un seul coup lorsque la jeune femme comprit suite à son discours qu’il ne comptait pas réellement la toucher. Et lorsqu’elle réalisa qu’elle l’avait compris avant même que ses mains ne se lèvent pour parer ce coup à pleine puissance, elle se maudit intérieurement d’avoir perdu son sang-froid l’espace d’un instant. Elle se surprit même à rougir au compliment du Commandant Suprême. Evidemment. Il ne lui aurait jamais fait de mal.


- Hm, j’aurais dû m’en douter.

Elle accusa un sourire, reprenant son souffle.

- Entre nous, c’était un très joli coup. D’une précision et d’une puissance rare. Je crois même ne jamais t’avoir vu aussi investi dans un de nos entraînements…

Elle attendit la réponse de son vis-à-vis alors que le barman leur montait, sans doute exalté par la vue d’un aussi beau combat, un grand verre d’eau à chacun. Maï le lui prit des mains sans omettre de le remercier et se rappela l’espace d’un instant qu’elle lui devait sa boisson de tout à l’heure. Elle but le tout en quelques gorgées, d’une traite, et posa ensuite le verre sur une des tables à proximité tout en profitant des propriétés rafraîchissantes et revigorantes de l’eau pour recaler sa respiration. Le souffle était sans doute ce qui existait de plus important chez un combattant, et la capacité d’un homme à gérer sa respiration a, en général, bien plus d’importance dans la vie quotidienne que beaucoup ne pourraient le croire.

Elle aurait besoin de toutes les cartes qu’elle avait encore en main pour le dernier round, qui promettait d’être particulièrement complexe.

Les lames se rencontrèrent à nouveau en une fraction de seconde. La danse reprit, dessinant les dernières lignes d’un acte final qui promettait son lot de sensations.
Hisashi était sans aucun doute fatigué mais son adversaire, elle, était presque épuisée. Elle se savait poussée dans ses derniers retranchements par les attaques de son ennemi d’un soir, et avait conscience du temps qu’elle pouvait tenir avant de déclarer forfait. Sa technique était irréprochable. Sa souplesse et sa rapidité n’avaient d’égal que sa grâce naturelle, mais son endurance et sa force étaient mis à trop rude épreuve pour que son corps puisse suivre trop longtemps. D’autant plus que son vis-à-vis avait visiblement décidé de mettre les bouchées doubles. Sa précision était plus redoutable que jamais, et la demoiselle était depuis un moment forcée à faire abstraction des entailles qui cernaient désormais son yukata de toutes parts pour ne pas risquer de se déconcentrer. Le bruit des lames était redoutable autant pour le corps que pour l’esprit, car chaque frottement d’un katana contre l’autre signifiait à la fois quelques centièmes de seconde de répit et une incertitude grandissante quant à la suite du combat.

Enfin, après ce qui lui sembla une éternité, sa conscience reprit totalement le dessus sur la frénésie qui l’emportait dans ce genre de combat, et son corps cessa de se mouvoir pour elle. Elle était à bout de souffle. Hisashi, quant à lui, semblait bien amoché, sorti de cette impassibilité qui caractérise les grands combattants. Elle avait réussi à percer sa défense quelques fois, mais le nombre de déchirures présent sur ses vêtements était loin d’égaler le sien.

Sans un bruit, et avant qu’il n’ait le temps de repartir à l'assaut, elle leva le bras gauche qui tenait son arme, et déclara d’une voix sûre, un sourire de plus accroché aux lèvres :


- C’était un bel affrontement, mais je ne me sens pas de continuer plus loin. Je te concède la victoire pour cette fois.

Son regard alla directement se plonger dans les prunelles du commandant, lui faisant comprendre qu’elle était prête à renouveler l’expérience autant de fois que nécessaire.

Du moins, après au moins une bonne nuit de repos.
Il était pratiquement deux heures du matin.
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Hisashi McAry
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MessageSujet: Re: Premier étage, rassemblement des démons. Sam 20 Fév - 3:45

Deux lames s’entrechoquaient, deux personnes les maniaient, et une danse les unissait. Ce combat prenait des tournures si belles qu'on pouvait vite en oublier sa dangerosité car c'était bel et bien le cas : si l'un d'eux ne maîtrisait pas sa lame, les dégâts pouvaient être irréparables. Il suffisait d'un instant, un battement de cil, une montée d'adrénaline, une fraction de seconde où l'un des deux combattants trébucherait, glisserait ou cèderait à sa soif-de-sang, un seul moment pour que tout devienne rouge autour d'eux. De ces lames acérées, rien ne semblait pouvoir sortir de bon ... et pourtant. Dans les mains de ces maîtres d'armes entraînés depuis leur enfance, elles semblaient plus belles et inoffensives que jamais. Bien qu'elles aient déjà fait couler le sang de Maï à petites gouttes et déchirés quelques vêtements sur chacun d'entre eux, elles continuaient de paraître pures et sans tranchant. Et les gens de l'assemblée regardaient d'une expression fascinée le spectacle grandiose qui se déroulait devant eux. Parmi eux, trois étaient très, très particulièrement attentifs : les trois premiers membres de l'élite.
Gildartz était celui qui comprenait le plus ce combat pour avoir déjà croisé le fer - lors d'entraînements - avec le Commandant Suprême. Il comprenait la complexité des mouvements des deux combattants mais aussi la simplicité dont l'un d'eux les effectuait ; il ne pouvait parler pour Maï étant donné la sueur qui coulait à présent de son front. Cet entraînement pour son supérieur n'était qu'une balade. Il l'avait vu combattre réellement une seule et unique fois qu'on le chef d'un autre groupe de mercenaire dont le niveau devait être égal à celui de Erza, ou peut-être celui de Gildartz lui-même. Malgré cette différence de niveau entre les deux chefs, Hisashi avait pris ce combat très au sérieux en sachant pertinemment que les autres clans de mercenaires en entendraient parler. Le combat avait duré quatre minutes et vingt sept secondes. La première minute fut un échauffement pour le McAry mais son adversaire pris une minute supplémentaire laissée gracieusement par son ennemi. La troisième minute fut le temps pour l'ennemi du Démon de dévoiler son jeu et, finalement, les vingt sept secondes furent le temps nécessaire au Commandant Suprême du Cortège des Cents Démons d'en finir dans une magnifique démonstration de puissance. Certains spectateurs vomirent, d'autres restèrent choqués, le visage marqué d'une expression qui voulait tout dire, et les autres prirent la fuite en espérant ne pas être les prochains. Gildartz, lui, s'était incliné en comprenant qu'il avait fait le bon choix en choisissant de ne jamais le défier pour la place de Commandant. Non, à vrai dire ... il n'avait jamais eu ce choix, c'était une évidence à présent.
Elsa Scarlette, de son côté, observait avec attention les mouvements de la femme en face d'elle. Elle n'avait jamais eu d'illusions quant à ses chances face à son supérieur et comprenait parfaitement qu'il lui était supérieur en tout points : de par sa force, son intelligence, sa rapidité, ses réflexes, et tant d'autres choses qui en faisait le parfait leader. En fait, elle n'aurait pas pu l'imaginer sous le commandement de quelqu'un, il était bien trop imprévisible et dangereux pour ça. Mais son adversaire, elle, avait longtemps disparu de l'horizon. Elle avait laissé la quatrième place du cortège dans une situation étrange, une place vacante qui ne pouvait être atteinte. Et à présent, elle espérait voir si cette femme pourrait un jour menacer sa place. Elle devait admettre qu'elle possédait une grâce sans pareille. Elle avait sans doute moins de puissance que Erza Scarlette dont les coups étaient violents et puissants, mais elle possédait peut-être de meilleurs réflexes. En terme de rapidité, elles étaient les mêmes à première vue. À l'instant et en cas de combat, Maï en aurait moins - comme beaucoup d'autres choses - mais en l'imaginant reprendre son entraînement, elle pouvait vite deviner que leur niveau pourrait presque s'égaler. Dans un duel où chacune donnerait son maximum, Erza Scarlette ne pourrait peut-être s'en sortir grâce à ses intuitions et un peu de chance. Oh, elle aurait été ravie de pouvoir l'affronter demain. Malheureusement, ça ne serait pas suffisant pour la voir à son maximum, tant pi.
De l'autre côté, bien qu'observant toute la salle, Grey scrutait attentivement le combat. Ses yeux étaient particulièrement habitués à la vitesse, l'obscurité et à décortiquer les actions d'autrui au ralentit. Certains - dont le commandant - le considéraient comme un génie. Il avait un don d'observation hors du commun et une grande capacité d'analyse. Il pouvait deviner les points faibles de ses adversaires en très peu de temps ce qui lui permettait de toujours pouvoir frapper au bon endroit. Dans son supérieur, il n'en avait vu aucun jusque là. Tout semblait prémédité chez le démon. Des ouvertures qu'il laissait à Maï aux petites entailles qu'il la laissait dessiner sur ses vêtements. Ce n'était véritablement qu'un entraînement pour lui, tout compte fait. Il la laissait prendre des ouvertures pour qu'elle puisse les prendre, il la guidait dans son combat sans même qu'elle puisse sans rendre compte sans doute. C'était un formateur né qui avait eu le meilleur pour modèle : son propre père. À certains instants, l'espion en chef voyait même Hisashi esquisser de très faibles sourires, comme satisfait par le fait qu'elle ait remarqué des ouvertures pourtant invisibles pour la très grande majorité des gens. Mais parfois, son sang-froid semblait s'évaporer un instant. Non, c'était plus son sérieux qui revenait. Le commandant semblait alors sans pitié l'espace d'un instant et esquivait la lame de son adversaire pour asséner un coup qui aurait été mortel quelques centimètres plus loin. Il était détendu en défense et concentré en attaque. Au fil du combat, Grey ne vit qu'une seule faille dans le commandant : son dos. Il avait extrêmement envie d'envoyer une dague dirigé vers le dos de son supérieur juste pour vérifier, vérifier qu'il avait raison et qu'il pouvait l'atteindre. Sa soif de sang semblait trop grande le temps d'une seconde et le commandant fit en sorte de se retourner pour esquiver. Là, il offrit un sourire diabolique et provoquant à l'espion qui comprit en un instant que même là, il ne pouvait l'atteindre.

Le commandant de son côté se trouvait légèrement trop imprudent. Même s'il avait laissé des ouvertures, il avait pris trop de plaisir et ses vêtements s'en trouvaient déchirés, ce qui l'ennuyait beaucoup. Il aimait cette tunique et n'avait pas vraiment envie de la faire recoudre ; il devrait sans doute en acheter une nouvelle, identique. Enfin il avait beau penser ça, il était en train de faire un carnage avec celle de sa partenaire d'entraînement. La pauvre femme se retrouverait bientôt avec la poitrine exposée si le combat continuait. Hisashi avait essayé de dessiner quelque chose mais les mouvements du yukata étaient trop imprévisibles. En effet, il n'avait jamais été aussi investit dans leur entraînement. Il le lui avait d'ailleurs confirmé quelques instants plus tôt. Pourquoi ? Hum, c'était sans doute la joie de la retrouver. Il voulait fêter son retour et voilà qu'il se donnait corps et âme dans cet entraînement, au point d'ailleurs qu'il en vienne à transpirer légèrement puis un peu plus encore. Il n'était clairement et visiblement pas au point de son adversaire mais il sentait déjà la sueur couler légèrement de ses aisselles, chose qu'il détestait particulièrement.

Finalement, dans un dénouement qui semblait ne plus pouvoir arriver, la demoiselle rangea sa lame au fourreau avant que le Commandant ne puisse à nouveau enchaîner. Elle lui concédait la victoire. Lui concéder ? Le mot était sans doute un peu fort étant donné l'état de ses vêtements mais il connaissait la jeune femme, elle avait sa fierté.


- Eh bien, Maï-chan. Ce fut un bel entraînement. Tu me vois navré pour ton yukata.

Il lui fit un sourire légèrement provoquant qui lui laisserait sans doute comprendre qu'il l'avait fait exprès, la jeune femme étant sans doute conscience de sa beauté.

- Messieurs-dames, membres de mon cortège, vous avez pu voir un beau combat. J'espère que vous en retirerez de bons enseignements et qu'ils vous seront utiles pour demain. Il est à présent temps d'aller dormir pour la plupart d'entre ceux qui voudraient être en forme pour demain. Maï-chan, n'hésites pas à venir me voir en haut.

Il lui fit un clin d’œil tout en rangeant sa propre lame. Il se retourna pour dire quelques mots au trio de mercenaires derrière lui en tapotant l'épaule de Gildartz qui signifiait comme « reposes toi bien et bonne chance pour demain », puis il se dirigea vers l'étage supérieur où une bonne nuit de repos l'attendrait dans peu de temps selon la volonté de Maï.

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Premier étage, rassemblement des démons.

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